Attaque chimique présumée en Syrie: la Russie juge «très dangereux» le projet de résolution des Etats-Unis

Attaque chimique présumée en Syrie: la Russie juge «très dangereux» le projet de résolution des Etats-Unis

Le projet de résolution américain que Washington semble vouloir faire voter mardi au Conseil de sécurité de l’ONU contient «des éléments inacceptables» qui rendent les choses «pires», a déclaré à la presse l’ambassadeur russe auprès des Nations unies, Vassily Nebenzia. Après une réunion publique du Conseil de sécurité sur les attaques présumées chimiques qui ont ravagé Douma samedi, imputées au régime de Bachar al-Assad, le représentant russe a estimé que Washington semblait vouloir y réagir via «l’option militaire, qui est très très dangereuse».

A l’issue de la séance publique, des consultations à huis clos ont eu lieu, dont il est ressorti que Washington veut soumettre un texte au vote dès mardi. Le texte prévoit de créer un nouveau «mécanisme d’enquête indépendant des Nations unies» (Unimi) sur le recours aux armes chimiques en Syrie. Mais le texte contient aussi des condamnations du régime syrien, ajoutant que les responsables de «tout recours à des armes chimiques devront rendre des comptes».

La Russie pointée du doigt

La Russie, soutien du régime syrien et qui a été publiquement pointée du doigt au Conseil de sécurité, a répété lundi qu’aucune preuve - «pas de témoignage», «pas de corps», «pas de substance chimique dans des prélèvements de sol» - ne venait étayer les affirmations sur un recours à des substances chimiques. Les Casques Blancs et l’ONG médicale Syrian American Medical Society font pourtant état de plus de 40 morts à Douma, ainsi que des centaines de blessés souffrant de «difficultés respiratoires». Des images présentées par les Casques Blancs comme montrant la ville peu après l’attaque laissent voir un enchevêtrement de corps sans vie, dont ceux de femmes et d’enfants, allongés à même le sol, de la mousse blanche s’échappant de leur bouche.

L’ONU n’a plus d’organisme d’enquête dédié aux attaques chimiques en Syrie depuis la disparition fin 2017 du JIM, un groupe ONU-OIAC (Organisation pour l’interdiction des armes chimiques) dont le mandat n’a pas été renouvelé en raison de plusieurs veto russes.

 
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