Art Brussels fête ses cinquante ans

« Slave 1 & 2 » de Mitja Tusek, à voir sur le stand de la Galerie Albert Baronian. © D.R.
« Slave 1 & 2 » de Mitja Tusek, à voir sur le stand de la Galerie Albert Baronian. © D.R.

A une époque où les foires d’art contemporain éclosent aux quatre coins de la planète, lorsqu’il ne s’agit pas de biennales (en principe non commerciales), le salon de Bruxelles fait office d’ancêtre. En effet, il est né en 1968 et est, à ce titre, l’une des premières manifestations mondiales de son genre, précédée seulement par un salon à Lausanne en 1963 et par la foire de Cologne un an avant sa création. Aucune des foires qui comptent actuellement n’existait à l’époque et ce n’est que quelques années plus tard que Artbasel et la Fiac furent créées. Cette antériorité ne confère malheureusement pas à la foire belge un ascendant sur ses rivales d’aujourd’hui qui se veulent plus internationales et qui proposent des œuvres d’artistes plus consacrés par le marché.

Trois sections

Preuve que les temps sont difficiles, le comité organisateur a sélectionné un tiers de participants belges (32 % exactement, contre 17 % en 2017), sans pour autant faire de Art Brussels une foire nationale, puisque deux tiers des participations restent étrangères. Mais il faut bien constater que les années fastes avec la venue de galeries prestigieuses de Londres ou de New York sont passées et l’on ne compte plus que 15 galeries non européennes…

Le plan du salon se découpe en trois sections. « Prime » regroupe les galeries présentant les artistes les plus établis. « Discovery » permet de découvrir de plus jeunes artistes, parfois inconnus et donc plus abordables financièrement. « Rediscovery » est consacré aux artistes vivants ou décédés oubliés ou sous-estimés. En parallèle, le projet « Solo » comprend 21 galeries qui présenteront un artiste unique sur un stand différent de leur stand principal.

« Kate Webster » de Jos De Gruyter & Harald Theys, à voir sur le stand de la Galerie dépendance. © D.R.
« Kate Webster » de Jos De Gruyter & Harald Theys, à voir sur le stand de la Galerie dépendance. © D.R.

Belgique

Art Brussels est donc le meilleur endroit pour avoir une très bonne image de ce que l’on peut découvrir en Belgique tout au long de l’année. Certes, un stand n’est pas le résumé d’un programme annuel, mais il permet de se faire une idée des artistes défendus par une galerie.

Il est ainsi certain que l’on pourra voir à Tour et Taxis plus d’artistes belges que dans n’importe quelle autre manifestation de cette tenue. L’on se rendra compte également que certaines galeries ont un programme plus tourné vers l’international et les artistes déjà bien présents sur la scène artistique, tandis que d’autres s’intéressent à des artistes plus émergents. Le clivage est assez évident, ne fût-ce que par l’emplacement physique du stand sur le plan du salon.

« Tincture of Traffic » de Ellen Berkenblit, à voir sur le stand de la Galerie Rodolphe Janssen. © D.R.
« Tincture of Traffic » de Ellen Berkenblit, à voir sur le stand de la Galerie Rodolphe Janssen. © D.R.

« Tincture of Traffic » de Ellen Berkenblit, à voir sur le stand de la Galerie Rodolphe Janssen. ©HV Photography

Offre

Comme l’on trouve à Art Brussels des milliers d’œuvres d’art et presque autant d’artistes, il est illusoire d’espérer faire une visite exhaustive du lieu ! Pour éviter le piège de ne voir que ce que l’on reconnaît, une tentation à laquelle il est facile de céder, le mieux est de se poser plusieurs questions pour orienter sa visite. Préfère-t-on la jeune création et les œuvres plus accessibles, alors il faut commencer par les galeries étiquetées « Discovery », ce qui sera le cas des collectionneurs en herbe, encore que, selon son budget, il n’est pas inintéressant d’aller faire un tour sur le stand des galeries plus établies qui montrent des artistes dont le travail est peut-être plus consistant.

Plutôt qu’acquérir une œuvre importante d’un tout jeune artiste, il faut se poser la question s’il n’est pas plus judicieux de s’intéresser à une œuvre plus modeste d’un artiste ayant déjà poursuivi un certain parcours. Le contact avec les galeristes sera sans doute déterminant. Ceux-ci sont bien entendu surtout là pour vendre, mais ils ont aussi une « mission » de diffusion du travail de leurs poulains. Et puis, la foire peut être le lieu d’un premier contact qui peut se poursuivre plus calmement dans la galerie dans les semaines qui suivent, pour autant qu’il s’agisse d’une galerie belge bien sûr…

Rens. : www.artbrussels.com

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