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Solre-sur-Sambre: à la frontière de l’Avesnois français

Abbaye d’Aulne, le château fortifié de Solre-sur-Sambre, le parc régional de l’Avesnois, les Carrières de l’Imaginaire, une carrière de marbre abandonnée.

Carte interactive - Temps de lecture: 7 min

La Sambre prend sa source dans le département français de l’Aisne et entre dans le Hainaut à Erquelinnes. Environ 87 kilomètres plus loin, elle se jette dans la Meuse à Namur. Vers 1830, elle fut canalisée et équipée d’écluses pour accueillir des péniches de 300 tonnes. La région frontière où vous pédalez s’appelle la Thudinie, d’après Thuin. Cette région agricole pratique des cultures « riches » comme la betterave et le blé. Cette richesse se manifeste dans les grandes fermes que vous verrez en chemin. Dans un lointain passé, la navigation apporta aussi une grande prospérité économique, mais depuis le déclin de l’industrie charbonnière et métallurgique dans la région toute proche de Charleroi, les écluses ont perdu leur activité. Vous franchirez aussi la frontière française pour faire connaissance avec un coin de l’Avesnois, une région touristique promue au titre de parc naturel.

Des ruines fantastiques et une nature silencieuse près d’un méandre

Aulne se situe à 10 kilomètres à vol d’oiseau au sud-ouest de Charleroi, sur un méandre de la Sambre orienté au sud. C’est un endroit délicieux qui hébergea jadis une grande abbaye. Après la destruction de celle-ci pendant la Révolution française, il ne resta que des ruines. Mais des ruines fantastiques, qui semblent encore respirer leur riche et captivant passé. Le long de la Sambre s’étendent toujours les champs fertiles, les prairies et les bois des moines. Un endroit à choyer, car un morceau du passé y revit dans un décor de verdure.

Une longue évolution

Comme tous les paysages en Wallonie, la vallée de la Sambre a connu une longue évolution géologique. La vallée de cette rivière se situe dans le synclinal de Namur, un pli dans une couche de roche dont la partie intérieure est plus jeune que la partie extérieure, l’inverse d’un anticlinal. Normalement, un synclinal épouse la forme d’un V. La vallée se compose essentiellement de schiste du Carbonifère (310 millions d’années), la période géologique au cours de laquelle se forma le charbon. Au plissement hercynien (il y a 230 millions d’années) succéda une longue période pendant laquelle l’érosion, surtout horizoale, fit son œuvre. Durant cette époque, la mer inonda plusieurs fois la région, y déposant une épaisse couche de sédiments sur laquelle se dessina ensuite le réseau hydrographique actuel. La Sambre prend sa source en Picardie (France), près de Le Nouvion-en-Thiérache, dans le département de l’Aisne, à 210 mètres d’altitude. La plus grande ville française qu’elle arrose est Maubeuge (dans l’Avesnois, département du Nord). La rivière passe en Belgique entre Jeumont et Erquelinnes, coule vers le nord-est par Thuin et la périphérie sud de Charleroi et se jette finalement dans la Meuse à Namur après un parcours de 194 kilomètres, à une altitude de 76 mètres. Sur les 194 kilomètres, 105 se situent en territoire wallon.

De la rivière au canal

La plus grande partie de la Sambre a été canalisée entre 1825 et 1839. La rivière est jalonnée d’un grand nombre d’écluses et ses méandres sont souvent bordés d’un chemin de halage. Des canaux relient la Sambre à l’Oise et à Bruxelles (canal Bruxelles-Charleroi, qui se poursuit vers le nord jusqu’à l’Escaut). Très sinueuse, la Sambre parcourt di érents paysages : des terres légèrement ondulées, des prairies marécageuses, des bosquets sur ses rives, mais aussi des coteaux de plus en plus abrupts en certains endroits. Les affuents de la Sambre sont la Hantes, l’Helpe majeure et la mineure, l’Orneau et l’Eau d’Heure. Le dernier prend sa source au sud de Cerfontaine (province de Namur) et doit sa renommée à son barrage.

Sommets du folklore

Les marches militaires et folkloriques de l’Entre-Sambre-et-Meuse, qui ont lieu de mai à septembre, trouvent leur origine au XVIe siècle. De nombreuses processions parcouraient alors les champs pour bénir les animaux et les cultures. Souvent, de précieux reliquaires et autres pièces d’orfèvrerie religieuse étaient portés par les participants. Ces trésors risquaient d’être volés par des bandes errantes de soldats ou de mercenaires. Pour empêcher ces exactions, des milices villageoises se formèrent pour escorter les processions. Même quand il fut mis fin au banditisme, les milices armées continuèrent d’accompagner les processions à la campagne. La tradition s’est maintenue, même si le rôle des escortes militaires n’est plus que symbolique et décoratif. Fait étrange : les participants ne portent pas de costumes du XVIe siècle, mais des uniformes de l’époque de la Grande Armée napoléonienne.

 

LA BALADE

► 1 > 2 = 6 KM

De l’église de Solre-sur-Sambre à la frontière française à hauteur de Bersillies-l’Abbaye

Dos tourné à l’église de Solre-sur- Sambre (1), vous partez à gauche et vous suivez la rue de la Halle, y compris après le croisement suivant. Puis vous tournez à gauche dans la rue du Saule Godaux, en bas de laquelle la Thure coule entre des haies d’arbres. Vous débouchez sur la N40 Mons-Chimay et vous la traversez pour suivre la rue Court, qui devient en montant la rue de Bersillies. La montée n’est pas très longue ; bientôt, vous roulez en haut de la vallée de la Thure. À l’embranche- ment en T, vous franchissez ce ruisseau et tournez à droite dans la rue de la Thure. Sur les 2 kilomètres suivants, la Thure sert de frontière avec la France. Avant d’atteindre les premières maisons de Bersillies-l’Abbaye, vous passez devant quelques carrières de pierre dégageant un nuage de poussière. Vous laissez le centre du village à votre gauche. Peu de temps après, vous franchissez la frontière française (2).

► 2 > 3 = 8 KM

De la frontière française à hauteur de Bersillies-l’Abbaye à travers le Bois de Beaumont vers la Belgique

À gauche, vous remarquez l’ancien bureau de la douane, transformé aujourd’hui en habitation. À l’embranchement en T, vous suivez à gauche la D936. Vous traversez pour la dernière fois la Thure et atteignez le centre de Cousolre (F). Sur la place, l’imposante mairie de 1866 fait face à un remarquable kiosque décoré de fer forgé finement travaillé. Dans le centre, vous suivez le panneau indiquant Beaumont (B), mais dans le virage à angle droit, vous partez à gaucheen direction de Bousignies-sur-Roc (F). Au croisement suivant, vous continuez vers Bossignies-sur-Roc. Vous avez entre-temps entamé une lente montée vers le sommet d’une colline (211 mètres), d’où vous bénéficiez d’une vue panoramique sur Bousignies-sur-Roc. En bas coule la Hantes, un affluent de la Sambre. Près d’une poignée de maisons, vous devez prendre à gauche à une bifurcation en Y (panneau du Circuit des deux rivières). Entre la Thure et la Hantes, vous descendez vers le bois de Beaumont. Vous traversez sans vous en rendre compte la frontière franco-belge (3) et vous vous retrouvez dans la province de Hainaut.

► 3 > 4 = 8 KM

De la frontière à la Sambre à Fontaine-Valmont

Vous franchissez la N40, au trafic dense. Vous descendez cette rue de Wihéries jusqu’au moment où vous traversez la Hantes. Là, elle devient la rue du Vieux Moulin. Une côte brève mais abrupte vous amène à la place de Hantes-Wihéries, baptisée place du Jeu de Balle. Vous gardez toujours la même direction pour arriver dans la rue du Calvaire, qui débouche sur la N561. Vous traversez cette dernière. Sur le territoire de Labuissière, la rue du Calvaire devient la rue des Usines, puis la rue Jean Jaurès. La pente boisée à votre droite cache les Carrières de l’Imaginaire, que l’on peut visiter. Tout près de la Sambre, vous continuez tout droit par la rue du Vieux Château, qui cesse à un embranchement en T où vous partez à gauche par la rue de la Rochelle. Celle-ci vous conduit à l’église de Fontaine-Valmont. Près de celle-ci, vous empruntez la rue de l’Église, qui devient ensuite la rue Albert Ier. Au prochain croisement, vous prenez à gauche et vous franchissez la Sambre. Vous suivez ici le chemin de Pique-au-Trou, mais avant le passage à niveau, vous tournez à droite dans la rue du Sarty, qui suit d’abord la ligne de chemin de fer avant de descendre vers la rive de la Sambre (4).

► 4 > 1 = 9 KM

De la Sambre à Fontaine-Valmont à l’église de Solre-sur-Sambre

Près de l’écluse nº 3, vous partez à droite sur le chemin de halage et vous vous retrouvez seul avec la Sambre. Passé Labuissière, la Sambre coule dans un paysage ouvert ; dans le lointain, vous apercevez déjà les contours de Merbes-le-Château. En vue de Solre, vous passez sous le chemin de fer et vous atteignez l’écluse nº 1. À gauche, vous remarquez un large barrage près des moulins à eau de Blarieux, en état de délabrement, à droite de l’écluse proprement dite. Vous franchissez la rivière par les portes étroites de l’écluse et vous traversez en poussant votre vélo le petit pont au-dessus du barrage du moulin. La courte rue Blarieux débouche dans la rue de la Halle, avec à droite l’église de Solre-sur-Sambre (1).

 

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