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La recette gaumaise de sociétés plus vertes

La Chambre de commerce a organisé une rencontre pour comprendre comment trois grosses sociétés gaumaises réduisent leur consommation. Les économies de gaz peuvent s’élever jusqu’à 80%.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 3 min

Réduire sa consommation d’énergie est devenu un fil conducteur pour la plupart des entreprises. Chacune tente d’optimiser les rendements avec le moins d’énergie possible, pour des raisons de coût et de développement durable. Voici quelques jours, histoire de donner des tuyaux concrets à d’autres, la Chambre de commerce et d’industrie (CCILB) a organisé une matinée de rencontres et de visites de trois entreprises du Sud-Luxembourg qui, chacune à leur manière, agissent pour utiliser et (ou) produire au mieux l’énergie. On parle ici d’une vraie stratégie d’entreprises qui ont investi dans ce sens.

Premiers exemples avec Jindal Films à Latour qui occupe d’énormes volumes de bâtiments chauffés, où la température au sol est de 22º mais de 34º sous toiture. L’installation d’un simple ventilateur a permis de brasser l’air pour arriver à une moyenne générale de 22º. « Nous appliquons cette technique depuis fin 2017 dans le hall de découpe des films plastiques. Nous avons par ce simple processus réduit notre consommation de 33 % », commente Patrick Dupont, responsable de l’efficacité énergétique.

Autre exemple : les fours, qui nécessitent des moteurs pour l’entraînement de poulies. « Nous avons resitué les moteurs dans l’alignement du ventilateur pour éliminer les courroies, ce qui entraîne un gain de consommation électrique de 9 % car il n’y a plus de tension de courroies, ce qui provoquait une surconsommation. » Dans d’autres bâtiments, le chauffage ne se fait plus grâce à l’air extérieur, mais par l’utilisation d’aérothermes. La consommation de gaz a fondu de 80 %. Et cette réflexion va jusqu’à l’utilisation des technologies du big data, l’industrie 4.0. Toutes les données réparties dans l’usine ont été rassemblées pour n’avoir qu’une base de données qui permet de mieux modéliser l’ensemble, de vérifier et de corriger la consommation de chaque ligne.

La toute fin de vie du bois

Pour le groupe François, installé non loin de là, la valorisation des ressources locales est le fil conducteur de l’entreprise depuis 40 ans. Le bois y est travaillé sous toutes ses formes en utilisant au maximum sa capacité, dans un esprit d’économie circulaire envisageant l’économique, le social et l’environnemental. Recybois, à Latour, une des trois unités de production du groupe, produit 90.000 m3 de planches sciées, pour fabriquer 2,5 millions de palettes/an, 35.000 m2 de blochets pour les palettes, 150.000 tonnes de pellets et 30.000 MWh d’électricité verte produite en cogénération.

Chez Recybois, tout bois qui peut être valorisé n’est pas broyé. Et ce n’est que lorsqu’il est arrivé en fin de vie, soit sur le site, soit en provenance des parcs à conteneurs, qu’il est transformé en combustible ou retravaillé en blochets. Un bois cogénéré qui permet à l’entreprise d’être totalement autonome tout en revendant sur le réseau 20.000 MWh. La chaleur permet de chauffer tous les bâtiments et de sécher le bois et les sciures. « C’est un modèle économique intégré qui limite le transport et où chaque co-produit devient une matière première d’un autre produit », commente Benoît Helselmans, chargé du process énergétique.

Mais chez François, on a toujours un projet d’avance et l’entreprise vient de s’engager dans un processus win-win avec Luminus pour «  croiser les compétences et amener le groupe vers des zonings du futur qui produisent encore plus d’énergie consommée sur place, selon trois axes : produire des énergies renouvelables, assurer une distribution locale et un stockage par batteries. » 1.584 panneaux photovoltaïques ont d’ores et déjà été installés sur les toits, pour une production de 500 MWh. Un projet de « ferme solaire » (30.0000 MWh) est à l’étude en utilisant les friches industrielles pour valoriser le soleil, tout comme un projet éolien qui alimenterait des bornes électriques vertes. « Mais pour intégrer tout cela, il faut que les politiques et gestionnaires de réseaux suivent ! »

 

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