Les hôpitaux de la Ville de Bruxelles sont en bonne santé économique

Le laboratoire du réseau CHU Bruxelles et Erasme est le troisième plus important d’Europe.
Le laboratoire du réseau CHU Bruxelles et Erasme est le troisième plus important d’Europe. - D.R.

Au 6e étage d’une aile du CHU Saint-Pierre de la Ville de Bruxelles, une vingtaine de laborantins s’activent. Ces employés reçoivent chaque jour des milliers de prélèvements à analyser des patients de Saint-Pierre bien sûr mais également de Bordet, de Brugmann, de l’hôpital des enfants Reine Fabiola (Huderf) et d’Erasme. Depuis un an, l’hôpital universitaire de l’ULB s’est associé au réseau Iris de la Ville de Bruxelles pour créer ce laboratoire géant. Chaque année, ce sont 18 millions d’échantillons qui sont analysés, faisant du LHUB (laboratoire hospitalier universitaire bruxellois) le troisième laboratoire européen. Une donnée peu connue mais qui illustre bien le poids économique du secteur hospitalier pour la Région bruxelloise.

Afin d’objectiver ce fait, le CHUB, la structure de la Ville de Bruxelles regroupant les hôpitaux de l’Huderf, Brugmann, Saint-Pierre et Bordet, a commandé auprès de Beci, la chambre du commerce et de l’industrie bruxelloise, une étude sur le poids économique de ces quatre établissements qui comptent 1.788 lits, soit 21 % du secteur hospitalier régional. « Nous sommes partis d’études françaises pour tenter d’objectiver le poids économique des hôpitaux bruxellois aussi bien de manière directe qu’indirecte, explique Emmanuelle Born, chef de projet à Brugmann. Nous voulions être le plus précis possible. »

Plus d’un milliard

Pour cela, les équipes de Beci ont utilisé des coefficients multiplicateurs de revenus et d’emplois spécifiques pour le secteur hospitalier dans la Région bruxelloise. Grâce aux données de 2016, Beci a pu chiffrer l’impact direct en termes de revenus et d’emplois mais également les impacts induits ou effet d’entraînement, à savoir les estimations des flux monétaires auprès des sous-traitants, des fournisseurs… Le CHU Bruxelles représente un impact direct de près de 817 millions d’euros par an, toutes régions confondues. Pour Bruxelles, cela équivaut à 417,8 millions d’euros. A cela s’ajoute les flux monétaires des ASBL ou sociétés implantées sur les sites comme les écoles, les restaurants, l’ONE pour un montant de 18 millions à l’échelle du pays. « Pour obtenir l’impact induit en Région bruxelloise, il faut utiliser un coefficient de 0.7, détaille Lise Nakhlé, de chez Beci. On arrive ainsi à des retombées supplémentaires de 592 millions pour la Région. » Soit plus d’un milliard d’euros en tout.

En 10 ans, le secteur, avec la réforme engagée par la Ville de Bruxelles afin de regrouper les quatre hôpitaux présents sur son territoire, a investi plus de 200 millions d’euros. Ce montant est allé principalement dans la gestion de l’infrastructure hospitalière. En tout, les sites occupent 26 hectares et près de 700.000 m² construits.

Un important pourvoyeur d’emplois

Le CHU Bruxelles est évidemment un créateur d’emplois et là aussi, une piqûre de rappel à destination des potentiels investisseurs en matière de santé n’est pas inutile. Toutes régions confondues, 8.879 personnes travaillent directement pour les quatre hôpitaux, soit 6.272 équivalents temps plein auxquels s’ajoutent un millier d’indépendants. Quelque 55 % du personnel vivent en Région bruxelloise. A Jette par exemple, il représente 1,62 % de la population active. « Evidemment, nous avons plus des deux tiers de nos employés qui ont suivi des études supérieures mais aussi 34 % qui n’ont qu’un diplôme du secondaire, précise Emmanuelle Born. Un hôpital regorge de métiers auxquels nous ne pensons pas forcément. »

Sur ce point, Beci est très insistant. « Il nous semble assez évident que nous devons pousser ce secteur et travailler avec lui de manière plus rapprochée à l’avenir notamment dans le domaine de la mise à l’emploi et la formation, ajoute Olivier Willocx, administrateur délégué de Beci. Nous devons anticiper les demandes du secteur puisqu’il s’agit d’emplois principalement bruxellois. Il ne faut pas oublier que si nous extrapolons notre étude, le secteur hospitalier, tous réseaux confondus, représente 5 milliards d’euros et plus de 37.000 emplois. »

Pour la Ville de Bruxelles, cette étude va permettre de mieux se positionner. « Cela devrait nous permettre d’attirer des spin-off dans le domaine de la santé, conclut le bourgmestre et président du CHU Bruxelles, Philippe Close (PS). Bruxelles a cette particularité et nous devons la développer. »

 
 
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