Ferrières: échappée vers le Condroz

Dans cet article
Eglise romane. © Pierre Pauquay.
Eglise romane. © Pierre Pauquay.

Ferrières annonce l’Ardenne, signalée par ses monts bleutés à l’horizon. À la fois terre du Condroz et de la Famenne, la région se distingue par une grande richesse paysagère.

LA BALADE

►1 > 2 = 11,1 KM

De Ferrières à Villers-Sainte-Gertrude

La petite place ombragée du village dégage une impression douce et accueillante : ici, aucune grande route ne vient déchirer le centre, fait de maisons en moellons de calcaire. De la place, tournons à droite vers le terrain de football et le Delhaize. Comme s’il ne voulait pas nous brusquer, l’itinéraire s’éloigne calmement du village : la petite route vers Le Trou ménage nos mollets. Plus loin, après un virage, une première petite descente s’annonce : on se rend vite compte que Ferrières est entouré d’une multitude de petits vallons. La route serpente entre les grands conifères du versant nord. Arrivés au Trou, nous enclenchons le petit plateau : dans le hameau de pierre et d’ardoise, c’est l’attaque des contreforts de l’Ardenne. Dans la côte, nous quittons les bocages et les prairies pour nous retrouver dans les bois de conifères. Nous longeons la réserve naturelle de la Picherotte. Elle a gardé intact le reliquat d’une prairie sauvage. Cette ancienne lande à bruyères n’a jamais été reboisée. Ces prairies sauvages à angéliques sont d’un intérêt botanique incomparable. La flore abondante (près de 80 espèces différentes) et variée attire un grand nombre d’insectes et de papillons. Le plus remarquable est certainement la présence de cinq types d’orchidées. Sa bonne gestion évite tout repeuplement de la forêt et permet de garder ce site ouvert, tel qu’il était il y a plus de trois siècles… La petite chapelle Sainte-Barbe. Nous poursuivons tout droit (rue Mon Lecomte) et rejoignons en bas la route principale de Burnontige. Suivons-la à droite : elle va sillonner ce village qui s’étire en longueur. À sa sortie, nous atteignons 400 mètres d’altitude. Sur quelques centaines de mètres, le contraste climatique peut être saisissant. À la fin de l’hiver, le village de Burnontige garde sa parure d’hiver et se perd dans la brume alors que Ferrières peut déjà baigner dans le soleil… Nous poursuivons notre route : le paysage s’enfuit de crête en crête vers Fays. Dans son petit centre, l’itinéraire file à droite, vers Grand-Bru et Villers-Sainte-Gertrude. Dans le bas de la descente, au croisement avec la route vers le Vieux-Fourneau, se présente une magnifique vallée de prés humides. Nous roulons sur la petite route menant à Grand-Bru, autre hameau isolé. Une autre descente vers la droite nous permet de longer le ruisseau du Vieux-Fourneau. Une côte, encore, et nous voilà au centre de Villers-Sainte-Gertrude.

►2 > 3 = 8,6 KM

De Villers-Sainte-Gertude à Palogne

À l’entrée du village, nous empruntons la route à droite juste avant l’ancien château, devenu un centre d’hébergement. En quittant Villers-Sainte-Gertrude, la petite route semble posée sur la colline. Face à nous se détachent Izier et Ozo. La région est l’antichambre de l’Ardenne. Terre du Condroz et du vieux massif, elle se distingue par une grande richesse paysagère que nous pouvons découvrir sur cette route de crête. Plus loin, la descente vers le vallon formé par le ruisseau de Pont-le-Prêtre est un régal. En face, la petite route se hisse sur la ligne de crêtes. Devant nos roues, le clocher de l’église du village d’Izier nous montre, comme un phare, la voie à suivre. À la sortie du bois, les champs et les prairies du village se découvrent. Ici, le bâti est indissociable de son terroir : les vieilles exploitations et les châteaux-fermes imprègnent le paysage. La route aboutit à celle provenant de Bomal. Suivons-la à droite pour aller en direction de Ferrières. Dans le virage, une petite route s’échappe vers Vieuxville. Le sourire aux lèvres, nous nous laissons glisser au rythme de la roue libre vers la vallée de l’Ourthe. La route est en mauvais état : nous négocions les épingles avec prudence. Au pied, nous atteignons la grand-route que nous traversons pour rejoindre, en face, la Ferme de la Bouverie, cachée dans les broussailles. L’itinéraire suit la direction du Domaine de Palogne. Le vallon bucolique de la Lembrée nous mène au site de la Ferme de Palogne. Gorgée de soleil, la colline calcaire, réhabilitée par le projet LIFE de Natagora, est le refuge de tout un biotope. On y trouve plusieurs espèces d’orchidées et de plantes rares, mais aussi des insectes adaptés à un climat plus chaud. Jadis, des moutons roux ardennais y paissaient et participaient à l’économie rurale. Au bout de la route se présente l’ancienne ferme, transformée en lieu de détente, le Domaine de Palogne. Construite vers 1700, la ferme est vite devenue un lieu de passage important puisqu’elle se situait à côté d’un gué. Au début du XXe siècle, un petit restaurant accueillait déjà les randonneurs et les touristes… une tradition qui ne s’est jamais démentie depuis. Nous profitons de l’occasion pour nous désaltérer avant de poursuivre vers Sy.

Randonnée à vélo: Ferrières

►3 > 4 = 17,5 KM

De Palogne à Ferrières

Traversons l’Ourthe via la passerelle, avec ses escaliers raides peu adaptés aux vélos électriques… Sur l’autre rive, voici le Ravel. Plus loin, les rochers plongent dans le lit de l’Ourthe et le murmure de la rivière nous berce. Nous entendons au loin le chant d’un coucou et voyons un couple de buses qui planent au-dessus de nous : la nature est bienveillante à Sy… Richard Heintz (1871 – 1929), célèbre peintre liégeois qui a admirablement croqué les paysages de cette région, vécut dans le hameau. À l’approche de Sy, un pont de chemin de fer nous permet de passer sur l’autre rive. À hauteur de la petite gare, la route caracole vers les hauteurs de Sy et longe la chapelle. La côte se poursuit, est longue et aboutit à Filot. L’itinéraire emprunte pendant quelques mètres la grand-route qui vient de Hamoir. Dans le virage, nous filons vers le château d’Insegotte. Nous prenons une route (rue Ry Monsée) à droite et nous rejoignons la ligne de crêtes formée par la N 86. La balade l’emprunte à droite pour suivre tout de suite la rue Tremister qui descend vers la gauche, vers la drève de Landrecy. Puis retour sur la N 66 que l’on quitte immédiatement en empruntant la direction de Rouge-Minière. Sur la route de campagne, c’est avec une note de mélancolie que le petit vicinal se découvre sur les côtés. Autrefois, un train remontait péniblement cette pente vers Saint-Roch, chargé de fagots destinés aux forges de Cockerill… Voici l’entrée dans Rouge-Minière. Son nom, comme Ferrières et Vieux-Fourneau, rappelle que toute la région vivait au son des enclumes.

L’industrie du fer était florissante : l’extraction du minerai et la fabrication du charbon de bois permettaient à toute une population de vivre décemment. Toute la région était largement exploitée : les ruisseaux apportaient l’énergie hydraulique nécessaire tandis que les forêts apportaient le combustible ; le défrichement était conséquent dans la région. Dans le village, situé en hauteur, nous tournons à droite vers Grimonster. Atteignant le petit vallon du Pouhon, nous découvrons le château, ceinturé d’une magnifique réserve naturelle. Le site concentre toute une série de formations forestières : hêtraie, frênaie, chênaie-charmaie et chênaie sessiliflore. Toute une avifaune s’est établie dans cette réserve de 106 hectares. Les rapaces et les échassiers, dont la très rare cigogne noire, nichent dans ce petit paradis naturel. Fait rare en Belgique, on a recensé cinq espèces différentes de pics dans la forêt de Grimonster. Cette réserve se compose également de biotopes très variés. Aux ruisseaux coulant dans les bois de feuillus succèdent des étangs particulièrement limpides. Peu avant l’entrée du château, à hauteur d’une jolie maison blanche, la route empierrée grimpe de plus belle : la dernière difficulté de cet itinéraire joue la fille de l’air. Un virage à droite et l’itinéraire traverse une superbe drève (allée de hêtres). Aboutissant à la grand-route, nous la quittons tout de suite pour atteindre le Houpet. De là, nous piquons sur Ferrières, baigné, le soir, par une douce lumière.

Autre point d’intérêt

Logne, forteresse de la Marck. Les premières traces d’habitants ont été découvertes sur le site : les Francs ont laissé nombre d’outils et de bijoux aujourd’hui visibles dans le musée du château. Logne, autrefois, était une petite ville dominée par sa forteresse. Wibald, abbé de Stavelot, fut le fondateur du château. Au XIIe siècle, du haut de leurs forteresses de Logne et de Comblain, les hauts avoués de l’abbaye de Stavelot imposèrent un pouvoir tyrannique dans toute la région. En 1427, Jean de Geuzaine, prince-évêque de Stavelot, à court d’argent, légua, pour le malheur du pays, le château à la triste famille de la Marck. Au XVe siècle, la forteresse passa, de siège en siège, entre les mains de la principauté de Liège et de la famille de la Marck. Les combats étaient féroces, le pays vivait au rythme des pillages, des vols et des meurtres. En 1521, Robert de la Marck osa déclarer la guerre à son suzerain, Charles Quint. Excédé, l’Empereur envoya 20 000 hommes avec, à leur tête, le comte Henri de Nassau, afin de laver cet affront. Le siège de la forteresse commença : après dix jours de combats furieux, Logne tombait. Les Espagnols prirent tous les défenseurs aux créneaux et détruisirent la fière forteresse. De nos jours, les vestiges constituent l’un des plus importants exemples architecturaux de châteaux médiévaux en Belgique.

Infos pratiques

Distance : 37,2 km

Durée : 3 h

Départ : depuis le parking de la place du village de Ferrières

Type de route : routes de campagne et forestière

Autre point d’intérêt

Musée du jouet. Vous avez encore l’âme d’un enfant ? La visite du Musée du jouet s’impose. Situé à quelques mètres du départ de cette balade, le musée possède plus de 1 000 jouets de la fin du XIX siècle à 1950. Certaines pièces sont inestimables.

Tél. 086 40 08 23 – www.museedujouet.info

 
 
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