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Olivier de Wasseige, patron de l’UWE: «Stop aux grèves politiques qui sont antipolitiques!»

Il est depuis quelques mois le « patron des patrons » wallons. En effet, Olivier de Wasseige a pris la succession de Vincent Reuter à la tête de l’Union wallonne des entreprises (UWE). Il est ce samedi l’invité de Jacques Cremers dans le Grand Oral RTBF-Le Soir sur la Première.

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Le bilan économique de la région wallonne est positif pour 2016 et 2017. C’est ce qu’avance le directeur de l’Union wallonne des entreprises. La Wallonie serait même sur de bons rails économiques selon les résultats de plusieurs enquêtes conjoncturelles : « Les entrepreneurs ont le moral, et une bonne partie des indicateurs sont extrêmement positifs. On constate qu’on est dans une situation de croissance ».

Une croissance wallonne qui est d’ailleurs passée devant celle de la Flandre : « De fait, on peut faire un cocorico. De façon définitive pour l’année 2016 puisqu’on a reçu le chiffre officiel de 1,9 %, qui est supérieur à la Flandre. Et cela semble se confirmer pour 2017. Mais par contre, on reste en dessous de la moyenne européenne ».

Seule véritable ombre au tableau : le taux de chômage en région wallonne, qui reste entre 9,4 et 9,9 %. Un indicateur négatif, mais qu’Olivier de Wasseige veut remettre en perspective : « Soyons positifs, car il est un peu plus bas qu’avant, il est repassé en dessous de la barre des 10 %. Ça n’était plus arrivé depuis 2012. Mais c’est vrai que ça représente plus de 200 000 demandeurs d’emploi… »

Le développement de l’entreprenariat en progression

On remarque que l’année dernière en Wallonie, il y a eu 24.000 créations de sociétés starters en Wallonie. Beaucoup se trouvent dans le Hainaut. Mais il faut savoir que sur ces 24.000 « sociétés », il y a 7.000 créations d’entreprises avec au moins un employé, mais le reste représente des indépendants. « Des indépendants qui pour la plupart ont démarré leur activité tout seul. Et c’est déjà ça, car cela veut dire qu’ils vont peut-être créer d’autres emplois. Alors on sait qu’en Belgique, on n’a pas un taux d’entreprenariat satisfaisant par rapport à la comparaison mondiale, mais il est meilleur qu’avant. Il faut favoriser le développement de ces jeunes pousses ».

2 patrons sur 3 ont des difficultés de recrutement

Le bilan apparaît donc comme positif pour la Wallonie. Et pourtant, des défis restent de mise. Ainsi, deux patrons sur trois ont des difficultés de recrutement pour des emplois vacants. Un chiffre d’autant plus interpellant quand on connaît le taux de chômage : pourquoi tant de chômeurs et d’emplois vacants en même temps ? L’explication, pour Olivier de Wasseige, vient du fait qu’il y a un écart entre les compétences dont ont besoin les entreprises et les travailleurs qui sont disponibles sur le marché de l’emploi.

« L’effort, il doit venir du côté des formations. Ce qu’on attend de la part du gouvernement wallon, c’est de demander au Forem de mettre en œuvre le contrat de gestion. Dans celui-ci, il y a un point très important sur la formation de demandeurs d’emploi sur les métiers en pénurie. Or seulement 3 % des demandeurs d’emploi ont été formés par le Forem en 2017 aux métiers en pénurie. Ce n’est absolument pas normal, même si c’est évident que le Forem n’est pas le seul en cause ».

La réforme des APE

Cette réforme des APE, les aides à la promotion de l’emploi, est controversée. Mais elle est, selon Olivier de Wasseige, essentielle : « Elle porte sur un budget d’un milliard d’euros. Et il faut se rendre compte que le budget wallon est de 13 milliards, donc un milliard c’est énorme. Il nous paraît important qu’on puisse revenir à une finalité des APE. Le but était de mettre au travail des personnes qui n’y étaient pas dans le secteur public. (…) Alors il y a un risque qu’on remette un certain nombre de personnes sur le marché de l’emploi, mais il faut prévoir les mesures d’accompagnement qui vont permettre de les former à des métiers qui sont demandés aujourd’hui par les entreprises ».

« Les grèves politiques sont antipolitiques »

Des nouvelles grèves sont prévues dans le secteur public pour la fin du mois d’avril. L’occasion pour Olivier de Wasseige de s’adresser aux syndicats : « Ce que nous disons aux syndicats, c’est qu’on a besoin d’une paix sociale en Wallonie. Que ce soit pour nos entreprises et pour les investisseurs étrangers qui regardent la Belgique avant de décider d’un investissement, comme Zalando. Ce qui pose problème aujourd’hui, ce sont les grèves politiques, que j’appellerais plutôt des grèves antipolitiques. Elles sont dirigées contre des décisions des gouvernements, et qui pénalisent l’entreprise et ternissent l’image que l’on donne aux investisseurs étrangers. Nous reconnaissons le droit de grève, mais nous exigeons que le droit au travail soit également respecté ».

L’invité du Grand Oral, ce samedi 14 avril 2018, est Olivier de Wasseige, Administrateur délégué et directeur général de l’Union wallonne des entreprises. Il est interviewé par Jacques CREMERS, chef de rédaction de La Première, Michel GASSEE, Journaliste Rtbf et Dominique BERNS, Journaliste au journal Le Soir.

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