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Macron, l’an II: confiance et danger

Un an après l’élection présidentielle française, « Le Soir » dresse le portrait d’un homme solitaire qui brise les codes sans pourtant changer radicalement le système.

Édito - Envoyée permanente à Paris Temps de lecture: 3 min

C’était il y a près d’un an. Emmanuel Macron s’emparait du pouvoir en France au terme d’une folle course présidentielle. Qu’a-t-il fait de sa victoire ?

À l’approche du premier anniversaire de son élection, il est trop tôt pour dresser le bilan d’un mandat dont l’agenda a été conçu comme un plan quinquennal. Des signes objectifs montrent néanmoins que le pays va mieux, ce qui fait d’ailleurs enrager François Hollande, qui revendique la paternité de cette embellie. Le chômage atteint son niveau le plus bas depuis dix ans. La croissance titille les 2 %. Le déficit repasse sous la barre des 3 % du PIB. Ces chiffres doivent évidemment beaucoup à la conjoncture.

Mais Emmanuel Macron peut se réjouir de ce que les spécialistes de l’opinion appellent un choc de confiance. « Le déclinisme a décliné  », résume Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. « La France qui tombe » et autres refrains moroses des années 2000 ont reculé.

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À l’automne, l’insoumis Jean-Luc Mélenchon « accordait le point » à Emmanuel Macron au terme d’une mobilisation sociale incapable d’empêcher une nouvelle loi de libéralisation du marché du travail.

Au tournant de l’an II, le président pourrait marquer « 2-0 ». Si la réforme de la SNCF passe (la mobilisation des cheminots faiblit) et si l’évacuation de Notre-Dame-des-Landes ne dégénère pas tragiquement, il aura relevé ses deux défis : prouver sa volonté de transformation et d’autorité.

Mais à quel prix ? Les colères couvent et parfois même grondent. Tout un symbole : la police vient d’évacuer la Sorbonne occupée par des étudiants. Tout parallèle historique serait évidemment fortuit. Cinquante ans après, on ne revit pas du tout Mai 68.

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Mais les convulsions du pays qui ont porté Emmanuel Macron au pouvoir sont toujours là. Et s’il est apparu en Europe comme celui qui pouvait terrasser le Front national, rien n’indique encore que sa méthode pourra faire reculer durablement le populisme et s’exporter.

Au terme d’une longue enquête dont nous publions aujourd’hui le premier volet, le pouvoir nous apparaît comme celui d’un homme seul, entouré d’un noyau resserré de fidèles qui ne goûtent guère à la transparence. Un signe : beaucoup de nos entretiens n’ont pu se dérouler qu’à la condition qu’ils soient off the record. Les liens avec les corps intermédiaires sont bousculés. Ce n’est pas sans danger.

Personne ne niera l’audace d’Emmanuel Macron. Mais qu’adviendrait-il si son pari (entraîner tout le pays dans le sillage des « premiers de cordée ») devait échouer ? « Je sais où je veux emmener la France  », a répété le président jeudi sur TF1. Mais les Français, eux, ne sont pas encore arrivés à destination.

▶ Emmanuel Macron a-t-il réussi à incarner la rupture? C’est l’une des questions autour desquelles, près d’un an après son accession à la présidence de la France, Le Soir, La Repubblica, El Pais et Die Welt, rassemblés au sein de Lena (Leading european newspaper alliance), ont articulé leur enquête. Une enquête à retrouver sur Le Soir+

 

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