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Emmanuel Macron: «La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad» (vidéo)

Jusqu’à présent avare d’apparitions dans les médias, Emmanuel Macron mène une offensive médiatique pour marquer le premier anniversaire de son arrivée à la présidence. Sur BFMTV et Mediapart, le président français a commenté sa première opération militaire d’envergure.

Cheffe adjointe au service Monde Temps de lecture: 3 min

C’est en chef de guerre que le président français a poursuivi ce dimanche son offensive médiatique sur BFMTV et Mediapart, près d’un an après son élection. Changement d’ambiance après l’interview d’Emmanuel Macron par Jean-Pierre Pernaut.

Après la reconquête de la France populaire en direct d’une salle de classe, le président, interrogé par les offensifs Edwy Plenel et Jean-Jacques Bourdin, s’est attaqué à séduire les actifs et urbains. Les deux journalistes, qui ont refusé que l’entretien se tienne, comme il est de coutume, à l’Elysée («  un lieu dont les journalistes sont écartés » selon Mediapart qui pointe un «  dispositif anti-démocratique »), ont interrogé le président au Théâtre national de Chaillot à Paris.

La séquence syrienne – qui aura duré une vingtaine de minutes – a logiquement servi d’introduction à l’entretien de plus de deux heures. Emmanuel Macron, qui a rendu hommage « aux soldats, aux armées », a salué une opération « parfaitement conduite », précisant que trois sites de production d’armes chimiques ont été frappés sans faire de victime côté russe ou côté syrien. Et révélant que la décision avait été prise dès dimanche dernier. «  Les capacités de production d’armes chimiques du régime syrien ont été détruites », a affirmé le président français.

Les Russes « complices »

Interrogé sur la légitimité de l’action prise en dehors du cadre de l’ONU, le président français a estimé que les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne sont intervenus « de manière légitime dans le cadre de la communauté internationale ». Il considère que la Russie « qui a sabordé les actions de la communauté internationale » est complice de l’emploi d’armes chimiques en Syrie : « Il y a une résolution de septembre 2013 qui prévoit l’usage de la force si l’interdiction de l’usage d’armes chimiques n’était pas respectée. Les Russes ont bloqué constamment les votes. Les Russes sont complices. Ils n’ont pas eu utilisé le chlore mais construit méthodiquement l’incapacité de la diplomatie internationale ». Le président français a révélé avoir convaincu Donald Trump à ne pas se désengager en Syrie ajoutant l’avoir également «  persuadé qu’il fallait limiter ces frappes aux armes chimiques » : « Alors qu’il y avait un emballement par voie de tweet qui ne vous ont pas échappé ».

« Continuer à parler avec tout le monde »

Questionné sur la possibilité de «  faire la paix » en se livrant à des «  actes de guerre », le président de la République a contesté «  faire la guerre » : « La France n’a pas déclaré la guerre au régime de Bachar al-Assad. […] Tout cela s’inscrit dans une démarche qui est prioritairement la lutte contre Daesh.  » Mettant en avant la nécessité absolue d’une solution « politique » à la crise syrienne, le président français a expliqué qu’il voulait «  convaincre » les Russes et les Turcs de venir à la table des négociations.

La possibilité d’une éventuelle conférence de paix avec toutes les parties prenantes se dessinerait-elle ? Emmanuel Macron espère du moins relancer les négociations dans un cadre plus large que celui du processus d’Astana, où figure la Russie, la Turquie et l’Iran : « La France a un rôle, c’est de continuer à parler avec tout le monde. »

 

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