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La meilleure arme anti-radar: respecter la règle

Un Wallon sur trois a un détecteur de radars.

Édito - Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Qui l’eût cru ? Le Wallon entretient avec le radar une relation complexe et torturée. Il paraît vaguement conscient de son utilité dans un contexte et un paysage où le respect de la norme est – disons – fluctuant. Mais au moment où son pied droit caresse l’accélérateur, il n’est pas loin de considérer cette ferraille comme un engin diabolique créé pour l’empêcher de jouir d’un droit aussi sacré que l’est le deuxième amendement aux Etats-Unis : appuyer en toute liberté sur le champignon. Même chose pour les limitations de vitesse. Sur les autoroutes – là où les narines frémissent devant l’appel des grands espaces – elles sont tellement brimantes ! Plus d’une personne sur deux juge que la limite du 120 km/h devrait être relevée. Ici, passe l’ange mythique de la « maîtrise » que beaucoup de conducteurs sont persuadés d’avoir de leur véhicule, en tout moment à chaque endroit. C’est bien connu, nous sommes tous des as du volant à qui rien ne peut arriver Jusqu’au moment où ça arrive…

En réalité, la vitesse sur autoroute est déjà relevée. Selon les contrôles, elle est de 126,5 km/h sur les autoroutes en Wallonie (contre 121,4 en Flandre). Ce ne sont pas des ressentis ou des opinions, ce sont des faits. Des faits également : la Belgique et particulièrement la Wallonie, ne parviendront pas à respecter leur objectif de réduction du nombre de morts sur les routes en 2020. Malgré une diminution, nous n’en prenons pas la… route.

Comment y arriver ? Un : en ne modifiant pas les règles dans le sens d’une aggravation du risque. Or, celui-ci augmente avec la vitesse ; c’est un fait. Deux : en crédibilisant les règles grâce à un contrôle effectif, partout. Actuellement, ce contrôle est encore bien trop faible, particulièrement en Wallonie. Le sentiment d’impunité est trop élevé et les différents systèmes d’avertisseurs de radar y contribuent. Petite remarque en passant : l’avertisseur/détecteur/brouilleur de radar le plus fiable, c’est le respect de la vitesse maximale. Et à propos de ce sentiment d’impunité, la lenteur mise par les politiques à étoffer le parc des radars et à installer les très efficaces radars-tronçons sur le réseau wallon laisse franchement accroire que le Wallon, (le francophone ?) a le dédain de la loi chevillé au corps.

Trois : en changeant la culture à l’égard de la vitesse et des autres comportements déviants sur la route. Dépasser la vitesse autorisée, comme boire un verre de trop avant de prendre le volant, sont des attitudes encore trop fréquemment tolérées dans l’opinion publique en Belgique et en Wallonie. Ici, il faudra convoquer davantage que des radars, des policiers et des amendes. Par exemple (liste non limitative) : l’image et la conception même de la voiture et de la mobilité, notamment dans la pub, la fascination pour la vitesse, notre rythme de vie, l’exemple donné par les politiques, les décideurs économiques ou culturels… Ce n’est pas une mince affaire : mais comme souvent, chacun doit assumer ses responsabilités pour le bien de tous.

Allez, tentez le coup : respecter le code de la route, c’est gratuit, c’est sans douleur, c’est bon pour la santé, c’est honorer les autres, et c’est même fun.

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11 Commentaires

  • Posté par Miguel Roch, mardi 17 avril 2018, 17:04

    Comment ça, la vitesse est relevée à 126,5 km/h? ça veut dire quoi ça? Une correction technique de 6% est appliquée, donc si la limite est 120, vous êtes verbalisable à partir de 128 km/h, en Wallonie comme en Flandre. En plus, la police ajoute une marge de tolérance (à la demande des parquets). L'article veut peut-être dire qu'en Flandre, la marge de tolérance est plus faible qu'en Wallonie.

  • Posté par JL Barreau, mardi 17 avril 2018, 14:22

    "(...) laisse franchement accroire que le Wallon, (le francophone ?) a le dédain de la loi chevillé au corps". Que dire alors du Flamand, du Hollandais ou du Luxo qui viennent péter les compteurs en Wallonie, histoire de se distraire un peu de leur sens germanique scrupuleux du code chez eux? J'ai roulé ce week-end à moto et je me suis fait brûler 10 fois la priorité par des lambins respectueux sans aucun doute de la vitesse minimale. Je n'ai pas trouvé ça fun. N'importe quoi, cette argumentaire... Le jour où on démontrera que la taxe radar sert à sécuriser les infrastructures routières ou à investir dans l'apprentissage d'une meilleure conduite, on en reparlera. Jusque là, et même si je suis contre la délinquance routière, mais qui n'a rien à voir avec un dépassement raisonnable des limites, ce raisonnement reste spécieux, emmerdant jusqu'à l'os et biaisé.

  • Posté par Coets Jean-jacques, mardi 17 avril 2018, 16:05

    Le problème est que les gens dont vous parlez ont un fort sentiment d'impunité car pour eux, la Wallonie est un territoire où la loi s'exprime peu, où les gens la respectent encore moins et où les forces de l'ordre sont globalement absentes. Je suis aussi motard et je roule de moins en moins en Flandre car les limitations de vitesse sont strictes et on les applique. Dernièrement, 55€ pour 2km en vitesse corrigée. Par contre, ce midi, en venant de Waterloo vers Hoielaart sur le ring j'ai été dépassé par deux motards, dont un avec passager, qui slalomaient entre les voitures à une vitesse certainement proscrite (max 90 sur ce tronçon). Ce sont clairement des dangers publics, des délinquants et il faut savoir sévir dans ces cas-là !

  • Posté par Monsieur Alain, mardi 17 avril 2018, 12:30

    Bof et encore Bof ! Les limitations de vitesse ne sont pas uniformisées ni dans l'espace, ni dans le temps. Il n'y a pas de stratégie lisible pour l'automobiliste de sorte que : à moins de prendre une route que vous connaissez bien ou dont vous connaissez bien la limitation (autoroute par exemple), c'est devenu un vrai parcours du combattant pour savoir simplement à quelle vitesse vous pouvez rouler ! Nous passons plus de temps à ne pas rater les plaques de limitation et à contrôler votre vitesse qu'à regarder la route. Encore heureux qu'il y a l'électronique pour nous aider ! Ajoutez à cela quelques fantaisies comme : 1° les plaques signalant un chantier qui n'existe pas (plus) - 2° Les caprices des autorités locales qui augmentent ou diminuent la vitesse sur tel ou tel tronçon de route à des endroits où on a le plus grand mal à discerner la motivation - 3° Quand ce n'est pas la création délibérée de conditions de circulation accidentogènes. Je n'apprécie pas non plus cette manière de voir l'automobiliste comme le "mauvais". L'automobiliste c'est nous toutes et tous et si nous percevons la réalité comme décrite dans l'étude c'est qu'il y a un problème global dont la solution ne se trouve pas dans la diabolisation du comportement de l'automobiliste comme suggéré à longueur d'interview par certains "spécialistes" (au moins une fois par semaine sur RTL et pareil sur RTBF). Cet article est terriblement réducteur !!!

  • Posté par Docteur Delleuze Jean-marie , mardi 17 avril 2018, 12:27

    C'est précisément un problème d'intelligence que ne possède la majorité des gens !!!!

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