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Assises de Bruxelles: le quadruple assassin présumé d’Etterbeek en fuite

Le jury, tiré au sort hier, a 4 jours dès lundi pour statuer sur la mise à mort d’une famille.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 4 min

Il reste, dans le monde, des pays qui hébergent avec bienveillance les pires criminels.

Le Bangladesh est de ceux-là. Alam Khorshed, accusé devant la cour d’assises de Bruxelles de l’assassinat d’une mère de famille issue de la communauté sikh et de ses trois enfants égorgés dans leur appartement d’Etterbeek le 28 septembre 2012, y coule des jours paisibles dans la province de Lakmipur, où il a été localisé grâce à des appels téléphoniques.

Les signalements Interpol, les commissions rogatoires adressées par la juge d’instruction Sophie Huguet, les contacts pris par la police judiciaire n’y ont rien fait : les autorités bangladaises n’ont apporté aucune réponse aux demandes émises pour localiser et appréhender le suspect.

Un collègue de travail

Alam Khorshed ne sera donc pas présent à son procès qui ne devrait durer que 4 jours. Il n’y aura pas d’interrogatoire de l’accusé absent. Jasbir Singh, le mari et père des victimes constitué partie civile, ne pourra jamais entendre de la bouche de l’accusé pourquoi ce collègue du restaurant de Woluwe Saint-Pierre où ils travaillaient tous deux, s’en serait pris avec une violence inouïe à sa femme Rajvir, 40 ans, et à ses enfants Manraj, 6 ans, Karmanvir, 5 ans, et Navjot, 3 ans.

Le 28 septembre 2012, Jasbihr Sing, le père des victimes est inquiet. Sa femme, qu’il a fait venir en Belgique en 2006, ne lui a pas téléphoné à 17h comme elle en a l’habitude pour lui donner des nouvelles de sa journée et de ses enfants. Ni le portable, ni la ligne fixe ne répondent. Le cuisinier indien se remet au travail et après une nouvelle tentative de contact infructueuse avec son épouse, il décide de faire un aller-retour jusqu’à l’appartement du 1er étage de la rue Général Capiaumont, à Etterbeek, où la famille réside. Il introduit sa clé dans la porte qui s’ouvre directement alors « qu’elle est habituellement fermée du côté intérieur avec un verrou ».

Il découvre alors l’indicible. Une mare de sang, encore frais en surface, recouvre le sol. Les corps sans vie de son épouse, de Manraj et Karmanvir, gisent à droite de la pièce centrale. Celui de Navjot est étendu dans la chambre. Les victimes ont été égorgées tour à tour.

L’autopsie révélera que le meurtrier s’y est pris à plusieurs fois pour aboutir à ses fins criminelles. Les jurés auront le pénible devoir d’entendre les légistes et de voir certaines photos des corps morts des enfants et de la mère.

Des blessures de défense

Les victimes, même les plus jeunes, présentent des blessures de défense. La police d’Etterbeek, appelée sur place, note que le père porte son vêtement de travail, qu’il ne présente sur lui aucune trace de sang. Le cuisinier, éploré, leur confie : « Je pense à un collègue de travail que nous appelons Al mais j’ignore son identité exacte. Je vous parle de lui car il est déjà venu plusieurs fois à la maison et il connaît ma femme et mes enfants. Il m’en veut car il n’arrive pas à avoir des papiers qui lui permettraient de rester en Belgique ».

« Al » est identifié comme Alam Kordesh. Il travaille à la plonge dans le restaurant où Jasbhir Singh travaille en cuisine. Il le jalouse, il le soupçonne de vouloir favoriser l’engagement à son poste d’un Indien et lui faire perdre son travail et ses chances d’obtenir des papiers. La femme de Jasbhir, inquiète du comportement du plongeur, lui avait déjà demandé de ne plus venir à la maison.

Lorsqu’ils se rendent au domicile d’Alam Kordesh, les policiers découvrent qu’il a quitté sa chambre du 11 rue Colonel Van Gele. Il partage la cuisine avec un compatriote qui indique aux enquêteurs la disparition d’un long couteau. A un autre voisin, Kordesh a téléphoné pour savoir « si les quatre sont morts ».

Le traçage téléphonique du suspect permet d’établir qu’il a pris la fuite immédiatement après le quadruple assassinat. Il a emprunté le scooter d’un voisin qu’il a abandonné devant une banque de la place du Luxembourg avant de prendre un train et de se rendre en France, puis à Milan et de s’envoler pour le Bangladesh où il fut localisé alors qu’il essaya à trois reprises de retirer de l’argent avec sa carte Maestro dont le solde était insuffisant.

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