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L’avortement est un droit, pas une infraction

En 2018 en Belgique, l’interdiction d’avorter est toujours inscrite dans le code pénal. Ouvrir le débat est une nécessité démocratique. Le refuser serait un terrible aveu de faiblesse.

Édito - Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Il est interdit de se marier sauf si…

Il est interdit d’avoir des enfants sauf si…

Il est interdit de faire l’amour sauf si…

Il est interdit d’avorter sauf si…

Ni le mariage ni la procréation ni les relations sexuelles librement consenties ne constituent une infraction…

L’avortement est inscrit dans notre code pénal au titre des « crimes et délits contre l’ordre des familles et contre la moralité publique ». Sont passibles de poursuites le médecin et la femme qui le pratiquent, sauf s’ils respectent certaines conditions (une situation de détresse, moins de douze semaines après la conception…).

Inaliénable

L’avortement n’est ni un crime ni un délit, c’est un droit. Inaliénable. Celui de chaque femme à disposer de son corps. Celui de chaque fille à renoncer à une grossesse dont elle ne veut plus. Celui qu’aucune religion, aucun conservatisme, aucun jugement, aucune autorité ne peut lui dénier.

Que craint-on ? Que permettre aux femmes de poser ce choix librement, sans culpabilisation morale ou pénale va généraliser l’interruption volontaire de grossesse ? Que l’avortement remplacera rapidement la pilule ? Que les hôpitaux se rempliront d’irresponsables qui jouissent sans réfléchir ? Non ! Jamais ! Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à un avortement… Les mots de Simone Veil, prononcés courageusement à l’Assemblée nationale française en 1974, résonnent aux oreilles de toutes celles qui ont posé ce choix douloureux ; de toutes celles qui ont vécu cette blessure dans leur chair et leur cœur ; de toutes celles qui espèrent ne jamais devoir s’y résoudre ; de toutes les femmes.

Un terrible aveu de faiblesse

Si la Belgique érige l’égalité hommes-femmes en valeur non-négociable, elle doit inscrire le droit à l’avortement dans sa loi. Sept partis, de la majorité et de l’opposition fédérales, ont déposé des propositions de loi en ce sens. Ouvrir le débat est une nécessité démocratique. Le refuser serait un terrible aveu de faiblesse.

Si le gouvernement fédéral veut faire de notre pays un Etat progressiste, comme il a pu l’être en autorisant le mariage et l’adoption pour des partenaires de même sexe ou l’euthanasie, il ne peut se retrancher derrière un accord de gouvernement muet sur le sujet, ni invoquer, en 2018, la non-urgence du débat. Si notre pays veut être un moteur pour les avancées éthiques au sein de l’Union européenne alors que certains de ses membres, comme la Pologne, remettent en cause ces combats, il faut sortir l’avortement du code pénal. En faire un droit doit être une évidence.

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7 Commentaires

  • Posté par stals jean, vendredi 20 avril 2018, 17:55

    Les anti-avortement dans leur toute grande majorité sont des croyant.e.s, qu' elles ou qu'ils soient juifs, islamiques, ou chrétiens, c'est toujours, en réalité, en fonction de leur dieu créateur que pour eux l'avortement (l'IVG) est interdit. Les laïques, les athées et les autres citoyens du monde pour qui ces fables mythologiques sans fondement ne représentent absolument rien, et pour qui ces "lois divines" n'ont jamais été que des impostures inventées au cours du temps par des êtres avide de Pouvoirs, de tous les Pouvoirs..En 2018, les acquis scientifiques, philosophiques, psychologiques accumulés, au cours des millénaires n'ont pour les croyants adeptes et « lobotomisés » de ces trois religions monothéistes la, aucune espèce de valeur. Sinon elles, ils ne croiraient évidemment plus en ces fables bibliques. La seule et unique vérité reste pour eux ce qu’elles et qu'ils ont entendu prêcher sans désemparer lorsqu'il étaient enfants. Les crétins de créationnistes sont les preuves vivantes et absolue que la bêtise humaine est infinie...La aussi Albert Einstein avait vu juste. Mais ce sont ces gens la qui terrorisent encore leurs semblables en pratiquant rien moins que le « viol de conscience » de leur semblables en toute impunité. Les lois "des Hommes" ont été élaborées quand ces gens la avaient encore tous les Pouvoirs. Ces gens la refusent de lâcher les Pouvoirs exorbitants qu'ils avaient... C'est pour ça qu'en Belgique, comme presque partout dans le monde l'avortement n'est toujours pas sorti du code pénal, loin s’en faut, cela vient des curés moyenâgeux qui menaçaient il y a encore quelques années à peine, même de l'enfer biblique, ceux qui votaient autre chose que "catho" lors d élections « démocratiques » (c'est véridique). Depuis qu'elles existent les trois religions monothéistes n'ont jamais au grand jamais rien fait d'autre que foutre la merde sur notre Planète. La religion chrétienne est à peu près dans les cordes, la juive et l'islamique reste une fameuse menace pour la paix sur terre...Mais c'est une autre Histoire qui nous écarte de la sortie de l'avortement du code Pénal belge, quoi que...

  • Posté par Anne Lacourt, vendredi 20 avril 2018, 16:36

    Pourquoi est-ce que ceux qui decident si les femmes peuvent ou ne peuvent pas avorter sont presque toujours des hommes qui n'encourrent aucun risque de grossesse?

  • Posté par Lucas Danièle, vendredi 20 avril 2018, 15:55

    A Guy Godard et à Gratter Poil: Pensiez-vous que Le Soir est un journal pastoral catholique? HONTE à vous d'impugner ainsi ce journal et sa journaliste pour cet article! Vous ne savez pas de quoi vous parlez avec cette condamnation.

  • Posté par Guy Godard, vendredi 20 avril 2018, 16:01

    N'oublions pas que la journaliste parle d'avortement dans n'importe quelle condition. Vous semblez ne pas l'avoir compris ainsi.

  • Posté par Guy Godard, vendredi 20 avril 2018, 12:25

    De telles opinions, cela ne devrait pas paraître en éditorial d'un journal aussi sérieux que "Le Soir", sauf si c'est l'avis de l'équipe rédactionnelle. J'espère que ce n''est pas le cas et que des excuses seront publiées.

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