Un bassin en majolique d’Urbino, atelier d’Orazio Fontana, vendu 87.500 euros

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Grand bassin en majolique. © WestImage - Art Digital Studio.
Grand bassin en majolique. © WestImage - Art Digital Studio.

Il est de bonne guerre que les maisons de ventes ne tarissent pas d’éloge sur les hautes qualités des biens figurant dans leur catalogue afin d’attirer de potentiels enchérisseurs. Question rareté, avec ce grand bassin en majolique ayant été produit vers 1565-1570 dans l’atelier d’un des plus fameux céramistes d’Urbino (région des Marches), Orazio Fontana, Sotheby’s ne semblait cependant pas faire de réclame excessive. Et pour cause, l’on n’en connaît à l’heure actuelle que quatorze exemplaires, dont certains aux mains d’institutions aussi prestigieuses que la Wallace Collection à Londres ou la Galerie Nationale de Parme. À Saint-Pétersbourg, le musée de l’Ermitage en possède notamment un qui, selon toute vraisemblance, aurait fait partie d’un service cérémoniel que le duc Guidobaldo II d’Urbino (mort en 1574) offrit au roi Philippe II d’Espagne. Quelques années plus tôt, ce membre de l’illustre famille della Rovere et grand amateur d’art, s’était d’ailleurs déjà fait remarquer en obtenant du Titien la réalisation de ce qui allait être l’une ses plus célèbres toiles, la Vénus d’Urbino (conservée aujourd’hui à la Galerie des Offices à Florence).

Tout comme celui de l’Ermitage, le bassin trilobé déniché par Sotheby’s présentait une scène centrale sur le thème du mythe grec du triomphe de Galatée (Raphaël s’en était notamment fait l’interprète en 1513 par le biais d’une fresque pour la Villa Farnesina à Rome). La belle Néréide, dont le nom signifie « à la peau blanche comme du lait », y est vue debout sur une coquille, au milieu d’une foule de tritons, dauphins et autres chevaux marins montés par des hommes. Quatre putti surveillent la scène, tandis que quelques habitations se dessinent à l’arrière-plan. Au final, en dépit d’un pied ajouté par la suite et de quelques traces de restauration, ce lot a signé le cinquième meilleur résultat de toute la vacation, bien loin des 15.000 à 25.000 euros que les experts de Sotheby’s lui promettaient au départ…

Un plat rond en majolique de Deruta, premier tiers du XVIe siècle

Par Jean Vouet

© Sotheby’s / Art digital studio

Vendu 15.000 euros.

À bien des égards, cette autre céramique de la Renaissance italienne n’avait clairement pas l’allure fastueuse du grand bassin produit par l’atelier d’Orazio Fontana. Il n’empêche, son élégant décor ocre lustré et bleu de deux cervidés couchés dans un paysage a fait mouche auprès d’un enchérisseur, lequel a tout de même été contraint de mettre près de deux fois l’estimation haute proposée par Sotheby’s (6.000 – 8.000 euros) afin de se l’offrir.

Une boîte en piqué d’écaille incrustée d’or et de nacre gravée

Par Jean Vouet

© Sotheby’s / Art digital studio

Vendue 181.250 euros.

Contre toute attente, le plus beau résultat de la vente parisienne de Sotheby’s a été signé par cette petite boîte napolitaine de 16,5 cm de long dont la fourchette d’estimation courait entre 40.000 et 60.000 euros. Datant de la première moitié du XVIIIe siècle, l’on y distinguait un riche décor de vélums, mascarons, personnages et autres animaux exotiques.

Une table attribuée à Giovanni Battista Gatti

Par Jean Vouet

© Sotheby’s / Art digital studio.

Vendue 125.000 euros.

Toute en bois d’ébène des Indes et décorée d’incrustations d’ivoire, cette table était renseignée par Sotheby’s comme potentiellement de la main de Giovanni Battista Gatti, un ébéniste du XIXe siècle passionné par les techniques de la Renaissance italienne. Selon toute vraisemblance, elle aurait également autrefois figuré dans la collection des ducs d’Hamilton, qui fut dispersée après la Seconde Guerre mondiale. Suffisant pour voir son prix s’envoler bien au-delà des 10.000 à 15.000 euros initialement attendus.

 
 
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