Guy Vandenbranden chez PBA

Guy Vandenbranden, 1958.
Guy Vandenbranden, 1958. - Frank Philippi.

Vandenbranden – PBA : c’est comme s’ils devaient se rencontrer ! Et voilà chose faite puisque la prestigieuse maison de ventes vient d’inaugurer une exposition consacrée à cet artiste « que nous affectionnons particulièrement » explique Olivia Roussev, en charge avec Harold Lombard de l’implantation belge de la société. « Dans le cadre de la promotion de l’art belge, nous sommes également ouverts à des collaborations avec la partie néerlandophone du pays comme Anvers. C’est dans cette optique que nous accueillons actuellement une expo de la jeune galerie anversoise en charge du fonds Vandenbranden, du nom de cet artiste formé à l’Académie libre L’Effort, qui multiplia dès le début de sa carrière les liens avec l’étranger (l’Italie, le groupe Zero, Lucio Fontana, Piero Manzoni et François Morellet) mais qui est de nos jours plus connu en Belgique qu’à l’étranger alors que la plupart des artistes qu’il fréquentait à l’époque (tels Edouardo Franceschini à Milan et les membres du groupe Zero comme Günther Uecker ou Jan van Schoonhoven) jouissent d’une reconnaissance internationale. C’est un peu pour pallier cette méconnaissance que nous organisons ce focus sur cet artiste dont les œuvres trouvent tout naturellement leur place dans notre écrin. » Ce faisant, PBA assure la promotion d’un artiste non négligeable sur la scène belge et internationale puisque l’on observe un certain engouement pour ses œuvres régulièrement présentes aux sommaires des catalogues d’« Art belge et École du Nord » de Pierre Bergé. « Sa cote est en train de monter et ses œuvres intéressent de plus en plus d’amateurs, parmi lesquels des Français de l’Hexagone, relève Olivia Roussev qui mentionne des résultats de l’ordre de 16-17.000 euros (10.323 euros prix marteau en décembre 2016 chez PBA pour une grande Composition de 2002 portant une estimation de 3-5.000 euros). Nous ne nous cantonnons pas aux œuvres des années cinquante – avec les monochromes qui sont les plus connus et les plus prisés – mais présentons un panorama allant jusqu’aux années 2000. Nous ne nous limitons pas non plus aux œuvres en deux dimensions, mais présentons également de très belles sculptures en bois peint. »

Guy Vandenbranden, Composition, latex on Canvas, 1959, 80 × 65 cm, 19.500 euros. © D.R.
Guy Vandenbranden, Composition, latex on Canvas, 1959, 80 × 65 cm, 19.500 euros. © D.R.

Belge & international

Guy Vandenbranden était membre du groupe Art abstrait, avec Jo Delahaut et Jean Rets. Il appartient à la deuxième génération de constructivistes belges qui, dans la lignée de Piet Mondrian et de Victor Vasarely, vient compléter l’abstraction géométrique. Guy Vandenbranden a joué un rôle important dans l’avant-garde belge d’après-guerre et était très bien informé de la scène artistique internationale, mais n’était pas un suiveur. Il a développé un style personnel et est resté fidèle à ses principes constructivistes, malgré une attaque frontale du nouveau réalisme sur l’art abstrait. Au début des années cinquante, il réalise des toiles d’une abstraction poussée avant de se tourner vers le constructivisme. Depuis, son œuvre consiste en l’exploration des possibilités de l’abstraction géométrique. En dépit de ces principes de base rigoureux (délimitation sévère de la matière et de la forme, composition stricte, image pure et simple, rythme clair), il parvient à donner à la composition, à la forme et au coloris des variations multiples. Il ne cesse tout au long de sa carrière de réinterpréter ses formes fétiches, passant de la peinture en spray sur panneaux, tout d’abord monochrome à de grandes toiles aux couleurs soutenues pour arriver à la fin de sa vie à des œuvres de formats plus petits, réalisées à l’acrylique. Et ce sont des œuvres des différentes époques de sa carrière qui sont présentées par Callewaert-Vanlangendonck, auteurs par ailleurs de la dernière monographie consacrée à l’artiste. Un artiste qui a également fait beaucoup de bruit récemment puisque l’Achrome de Piero Manzoni (1958) qui figurait dans sa collection a engrangé quelque 380.000 euros lors de la vente du 21 mars dernier chez Bernaerts.

Guy Vandenbranden, Composition, Oil on Panel, 1965, 80 × 80
cm, 19.000 euros. © D.R.
Guy Vandenbranden, Composition, Oil on Panel, 1965, 80 × 80 cm, 19.000 euros. © D.R.

Exposition : avenue du Général de Gaulle, 47, 1050 Bruxelles, jusqu’au vendredi 11 mai 2018. Ouverture du lundi au vendredi de 9 h 30 à 13 heures et de 14 heures à 17 h 30.

 
 
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