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L’auteur de l’appli au cœur du scandale Cambridge Analytica accuse Facebook de laisser-faire

Le concepteur Alexandr Kogan minimise son rôle dans cette affaire.

Temps de lecture: 2 min

Alexandr Kogan, concepteur de l’application qui a permis à la société Cambridge Analytica (CA) de recueillir les données de dizaines de millions d’utilisateurs de Facebook, a dit mardi refuser de porter le chapeau pour le compte du réseau social qui selon lui a laissé faire. Entendu par une commission parlementaire britannique, le psychologue américano-russe, qui enseigne à l’université de Cambridge, a dénoncé sa mise en cause par Facebook, le géant américain étant conscient de ses propres défaillances, selon lui.

«  Je pense qu’ils ont conscience que leur plateforme a été exploitée par des milliers d’autres », a-t-il déclaré aux députés britanniques qui enquêtent sur l’influence des réseaux sociaux dans les campagnes électorales britanniques, et notamment celle du Brexit. « J’ai simplement eu la malchance d’être la personne qui a fini par être associée à la campagne de Trump. Il est facile de montrer du doigt une personne », a-t-il ajouté, minimisant le rôle qu’il a joué dans l’affaire.

Des données « très imprécises »

L’application de tests psychologiques développée par sa société GSR, fondée en 2014, et téléchargée par 270.000 utilisateurs du réseau social, a permis à CA d’accéder à leur insu aux données de leurs amis, soit à près de 90 millions de personnes au total, selon Facebook. Ces informations auraient été utilisées pour élaborer un logiciel permettant de prédire et d’influencer le vote des électeurs afin de peser dans la campagne présidentielle américaine de 2016, remportée par Donald Trump.

Cependant, le chercheur de 32 ans a qualifié de «  ridicule scientifiquement » l’idée que les données qu’il a fournies à CA aient pu être utilisées afin de cibler des utilisateurs de Facebook pour leur envoyer des messages politiques. Il a assuré que ces données étaient «  très imprécises » et «  peu pertinentes ». Kogan a par ailleurs affirmé qu’il pensait agir en toute légalité, assurant qu’il avait respecté les conditions d’utilisation de Facebook, qu’il accuse de feindre l’ignorance sur l’usage fait des données de leurs utilisateurs. « Ils m’ont donné les données sans aucun accord préalable signé », a-t-il affirmé, soulignant qu’ils n’étaient venus lui faire signer un accord qu’un peu plus tard.

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