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Charles Michel désapprouve à mots couverts la mise à l’honneur de Ken Loach à l’ULB

Le Premier ministre s’est exprimé à l’occasion d’une cérémonie organisée à la Grande Synagogue de Bruxelles pour les 70 ans de l’Etat d’Israël.

Temps de lecture: 3 min

Le Premier ministre, Charles Michel, a désapprouvé mercredi à mots couverts la mise à l’honneur de Ken Loach à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Il s’est exprimé à l’occasion d’une cérémonie organisée à la Grande Synagogue de Bruxelles pour les 70 ans de l’Etat d’Israël.

L’ULB remettra jeudi au cinéaste britannique le titre de docteur honoris causa. Ce choix a été dénoncé par plusieurs organisations et personnalités juives en raison de déclarations de M. Loach à propos de la Shoah et l’antisémitisme jugées ambiguës.

«  Notre fermeté doit être totale. Aucun accommodement avec l’antisémitisme ne peut être toléré. Quelle que soit sa forme. Cela vaut aussi pour ma propre Alma Mater », a déclaré M. Michel qui a étudié le droit à l’ULB.

Au MR, d’autres voix se sont exprimées pour dénoncer la décision de l’université, en particulier celle du sénateur Jacques Brotchi.

« La Belgique sans les Juifs n’est pas la Belgique »

«  La Belgique sans les Juifs n’est pas la Belgique », a affirmé Charles Michel.

Dans son discours, le chef du gouvernement a insisté sur la contribution de la communauté juive au développement de la Belgique, que ce soit dans les arts, les sciences, la recherche, l’innovation ou dans les domaines économiques et sociaux.

Le Premier ministre a également condamné l’antisémitisme à l’heure où celui-ci renaît en Europe. «  Notre solidarité contre l’antisémitisme est inconditionnelle et totale », a-t-il dit.

«  Nous sommes lucides : tous les jours, nos valeurs sont mises à l’épreuve. Des actes antisémites et négationnistes sont encore commis en Belgique. Je ne peux pas l’accepter. Notre pays ne peut pas l’accepter », a-t-il ajouté.

L’Université a maintenu son choix

Malgré la polémique, l’Université a maintenu son choix. Mardi, à l’invitation de l’ULB, le cinéaste a réaffirmé sa condamnation de «  toute forme de déni de l’Holocauste » et s’est dit choqué de devoir faire une telle mise au point. Des spécialistes appartenant à l’Université ont également analysé les propos incriminés de Ken Loach et conclu qu’il n’y avait aucun fondement à ces accusations d’antisémitisme et de négationnisme.

Les deux camps semblent toutefois irréconciliables. Le même jour est parue dans l’Echo une tribune libre demandant à l’ULB de ne pas honorer M. Loach. Elle est signée par quelques personnalités éminentes de l’université dont le lauréat du prix Nobel François Englert et les professeurs Guy Haarscher, Lambros Couloubaritsis, Claude Javeau ou Arsène Burny. Des personnalités étrangères ont également témoigné de leur soutien, dont Serge Klarsfeld, Pierre-André Taguieff, Elie Barnavi et Pascal Bruckner.

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24 Commentaires

  • Posté par Centre de Documentation , jeudi 26 avril 2018, 10:01

    Félicitations à l'ULB qui ne cède pas face aux pressions politiciennes. Si M. Michel commençait par balayer devant sa porte et par éliminer les ministres xénophobes de son gouvernement...Critiquer Israel, même durement, même de manière excessive, n'est pas de l'antisémitisme. Ceux qui attaquent Ken Loach défendent une conception complotiste de l'histoire. Comment imaginer qu'une personne d'un âge certain, dont la filmographie est abondante et explicite en ce qui concerne ses opinions et engagements n'ait jamais fait la moindre déclaration antisémite en plus de 50 ans. Pour ses adversaires, tout ve qu'il a dit et fait ne serait qu'un rideau de fumée pour dissimuler son soutien à cette doctrine de haine? Tout se limite à un projet de mise en scène d'une pièce (écrite par quelqu'un d'autre) qui concerne un personnage controversé Rudolf Kastner et à une appréciation critique sur les campagnes qui présentent Corbyn et son entourage comme des antisémites ou des personnes complaisantes à l'égard de l'antisémitisme. Sur Rudolf Kastner, des propos infiniment plus durs ont été tenus par le courant politique qui dirige Israël aujourd'hui et il a finalement été assassiné par un sioniste d'extrême-droite. Des éléments si ténus pemettent de penser que le seul "crime" de Ken Loach est son opposition irréductible à l'Etat israélien. Quand on voit la violence des attaques en Israël contre Natalie Portman, on se dit que Ken Loach n'est pas en mauvaise compagnie...

  • Posté par Collins Dominique, mercredi 25 avril 2018, 23:26

    Félicitations à l'ULB d'avoir maintenu contre vents et marées la cérémonie.

  • Posté par FREDERIC PAEME, mercredi 25 avril 2018, 22:18

    Et les Israéliens qui critiquent leurs propres gouvernants, comment sont-ils qualifiés ?

  • Posté par Etienne Van den Eeckhoudt, jeudi 26 avril 2018, 0:22

    Ils sont qualifiés de traîtres .

  • Posté par Coets Jean-jacques, mercredi 25 avril 2018, 21:22

    M. Michel n'a pas de problème avec Israël ou plus précisément la politique de cet Etat envers les Palestiniens. Pourtant à l'époque où il était à la co-opération, je me souviens lui en avoir parlé pendant une douzaine d'heures dans ses bureaux. Il m'avait semblé plus réceptif... Il semble aujourd'hui plus réceptif à la dialectique de M. Francken. Et plus prompt à condamner M. Loach pour quelque chose qui reste très vague, que pour condamner un ministre en constant dérapage incontrolé... Je suis très déçu, humainement et politiquement !

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