Colère en Espagne après la condamnation pour «abus sexuel» et non pour «viol» de «la Meute»

©epa. En 2017, lors de la première comparution des accusés, des milliers de personnes avaient défilé Espagne pour montrer leur soutien à la victime.
©epa. En 2017, lors de la première comparution des accusés, des milliers de personnes avaient défilé Espagne pour montrer leur soutien à la victime.

Cinq Espagnols se surnommant « la meute » ont été condamnés jeudi à neuf ans de prison en Espagne pour des « abus sexuels » commis sur une jeune femme qu’ils avaient eux-mêmes filmés, mais le « viol » n’a pas été retenu, suscitant une vague de protestations.

Les cinq Sévillans -âgés de 27 à 29 ans- s’étaient eux-mêmes vantés de leurs actes du 7 juillet 2016, pendant les fêtes très populaires de la San Fermin en Navarre (nord). Sur un groupe de messagerie WhatsApp intitulé « la meute », ils s’étaient notamment envoyé une vidéo des faits, avec le message : «  en train d’en baiser une à cinq ».

Le jugement du tribunal de Navarre (nord) était particulièrement attendu en Espagne, sept semaines après une « grève générale féministe » sans précédent et les énormes manifestations du 8 mars pour les droits des femmes.

Les juges ont, certes, condamné chacun des cinq prévenus à neuf ans de prison pour « abus sexuel » aggravé d’« abus de faiblesse ». Ils devront verser une indemnisation de 50.000 euros à la victime, qu’ils n’ont plus le droit d’approcher ni de contacter pendant 15 ans. Mais les magistrats n’ont pas retenu l’accusation de viol, pour lequel le Code pénal espagnol stipule qu’il doit y avoir « intimidation » ou « violence ».

La peine de prison infligée a été très inférieure aux réquisitions du parquet qui demandait 22 ans et 10 mois à l’encontre de chacun des prévenus.

Des manifestations prévues à Madrid et Barcelone

La décision judiciaire a aussitôt été contestée. Aux portes du tribunal, des manifestants criaient « ce n’est pas un abus sexuel, c’est un viol ». Et de nombreux usagers de Twitter relançaient le slogan « moi je te crois, ma sœur » à l’attention de la victime.

Le chef de l’opposition, le socialiste Pedro Sanchez, s’est interrogé sur Twitter : « Si ce qu’a fait la meute n’est pas de la violence en groupe contre une femme sans défense, qu’entend-on alors par viol ? »

Une manifestation de protestation était annoncée dans la soirée à Madrid. Une autre était prévue à Barcelone, où la maire de gauche, Ada Colau, s’est adressée à la victime par un tweet : « cela m’indigne qu’après un viol collectif, tu doives supporter la violence d’une justice patriarcale ».

 
 
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