La vidéo du nouveau clip de Stromae

© Capture d’écran du clip «
Défiler
».
© Capture d’écran du clip « Défiler ».

Comme prévu, le clip de dix minutes illustrant la chanson « Défiler » est tiré du défilé parisien du 6 avril. La chanson, écrite avec son épouse styliste Coralie Barbier, est du pur Stromae, à savoir une mélodie aisément reconnaissable sur un mode électro, avec des paroles critiques sur le milieu de la mode. Là où Paul fait fort, c’est en se servant de ses talents de chanteur et de musicien pour vendre sa ligne de vêtements.

Stromae, depuis son apparition à l’aube des années 2010, a toujours fait les choses à sa façon, c’est-à-dire, autrement. Se faire remarquer par une créativité exacerbée a toujours été un gage de succès pour le Bruxellois. Le rappeur Opmaestro de 2000, tenue baggy et casquette à l’envers, ne fonctionne pas, peine à réussir ? Pas grave, il suffit de tout chambouler en créant l’improbable personnage de Stromae, nœud papillon, chaussettes à rallonge et short long. Et de mettre cul par-dessus tête tout le petit monde du show-biz.

Après avoir vendu plus de trois millions d’albums, Stromae aujourd’hui peut tout se permettre, à commencer par rêver tout haut et réaliser toutes ses envies. Comme de travailler avec son épouse styliste Coralie Barbier. Même si déjà, avant leur rencontre lors de la préparation du look « Racine Carrée », Paul avait en tête de mettre sur le marché des tenues n’ayant rien à voir avec le « bête » t-shirt ou la « bof » casquette que tous les artistes vendent dans les couloirs des concerts. Il n’y a jamais eu de ça chez Stromae. Trop cheap, pas assez classe !

Pour vendre des vêtements – ou maintenant de la vaisselle ! – Paul applique les mêmes recettes que pour ses clips ou ses disques. Lors de la promotion de son premier défilé au Bon Marché parisien, le vendredi 6 avril, il a multiplié les apparitions télévisées, interviews et même petite visite à Orelsan sur la scène de Forest National. Il est partout et le teasing du morceau « Défilé », écrit pour le défilé et inspiré de mots de la mode glissés par Coralie, s’est apparenté à une véritable opération de marketing.

C’est en se faisant rare dans les médias depuis le concert de Kigali d’octobre 2015 que Stromae a réussi à entretenir l’intérêt à son égard. Avec juste la petite touche de mystère qu’il faut sur son grand retour. On entend par retour un nouvel album, toujours pas annoncé. Car, depuis 2016, il n’a pas arrêté de bosser le Paulo : tournages de nombreux clips internationaux, collaborations musicales avec Vitaa, Disiz la Peste, Bigflo & Oli et Orelsan… Pas mal pour un préretraité.

Stromae emprunte à sa façon les pas d’un certain Jacques Brel qui, en 1966, avait aussi décidé de laisser tomber ses tours de chant pour se consacrer à d’autres passions (comédie musicale, films, avion, bateau…).

Mais à force de réussir en innovant, Stromae devient un modèle. Il inspire la nouvelle génération qui a compris qu’il est temps de reprendre le pouvoir en se produisant et en contrôlant soi-même sa communication. Stromae, au sein de sa société Mosaert, est son propre patron. Il est son producteur et son éditeur. Il n’est plus lié à aucune firme de disques.

Tout le monde ne parle plus que d’Angèle qui s’offre des couvertures de magazines alors qu’elle n’a que deux chansons à son actif (mais de nombreuses vidéos perso sur Instagram suivies par plus de 200.000 followers). Tout le monde se l’arrache sur scène et dans les festivals alors que l’album n’est prévu qu’à l’automne 2018. Un disque qu’elle produira elle-même sur son propre label Angèle VL (pour Van Laeken, son nom) Records et que distribuera – comme Stromae précédemment – Universal-France.

Loïc Nottet – cornaqué par l’ancien manager de Stromae, rappelons-le – a réussi à vendre suffisamment de tickets pour remplir deux fois Forest National alors que son premier album n’était pas encore sorti. Tout ça sur base d’une notoriété apportée par la télévision et internet.

Les jeunes artistes ont compris aujourd’hui que tout passe par internet, des vidéos balancées sur YouTube et Instagram. Et ce n’est qu’une fois star du net que l’artiste peut dealer avec une firme importante.

On dit merci qui ? Merci Stromae !

 
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