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Néonicotinoïdes: la Belgique s’octroiera plusieurs années de dérogation

Malgré l’interdiction européenne, la Belgique autorisera l’utilisation des néonicotinoïdes pour le secteur betteravier et de la chicorée, annonce Denis Ducarme, le ministre fédéral de l’Agriculture. Selon lui, il n’existe pas d’alternative valable. Annuelles, les dérogations ne dureront pendant pas plus de cinq ans, promet-il.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Il n’y aura formellement pas de transition pour l’interdiction des trois insecticides néonicotinoïdes en Europe. Ceux-ci seront interdits – réduits à l’usage en serre confinée – à partir du début de l’année prochaine. La position défendue par la Belgique n’a donc pas été suivie. Mais notre pays va aménager sa propre transition pour le secteur betterave-chicorée, indique Denis Ducarme (MR), ministre fédéral de l’Agriculture.

Nous évoquions cette hypothèse dans nos éditions de ce jeudi 26 avril. La législation européenne sur les pesticides permet en effet à un Etat membre de déroger pendant 120 jours à une interdiction de produit phytosanitaire au cas où il n’existerait pas d’autre moyen de combattre un parasite. En principe, cette interdiction – qui ne nécessite pas le feu vert de la Commission, mais doit lui être notifiée – « ne peut pas être répétée », dit l’article 53 du règlement européen. Un principe qui n’est pas respecté par certains Etats. La Commission a, en principe, la possibilité de demander à l’Etat membre de « retirer » sa dérogation, indique un « document de travail » de l’exécutif. En pratique, dit un proche du dossier, elle ne le fait jamais.

« Je ne lâche pas le morceau, plaide Denis Ducarme qui dit avoir eu une position « volontaire mais raisonnable », « notre pays est le seul en Europe à être atteint à l’échelle de l’ensemble de son territoire par la jaunisse de la betterave véhiculée par les pucerons. Ni les Pays-Bas, ni la Rhénanie, ni l’Angleterre, ni la France ne sont atteints dans une telle proportion ».

Or, poursuit le ministre fédéral, les alternatives actuelles aux néonicotinoïdes – des pulvérisations d’insecticides – ne sont pas respectueuses de l’environnement et des insectes. Elles sont même dangereuses pour les utilisateurs.

Pour Ducarme, interdire les trois néonicotinoïdes sonnerait la mort à petit feu du secteur betteravier qui couvre 10 % de la surface cultivée belge. « La fin des néonicotinoïdes signifierait une perte de rendement de 40 %, me disent les experts que j’ai consultés et déboucherait probablement sur le démantèlement de la filière. La Belgique serait acculée à s’approvisionner en sucre dans des pays sans doute moins respectueux de l’environnement ».

Ducarme souligne qu’il reste favorable à une interdiction totale à terme. « Je reste dans la même logique : je me revendique environnementaliste. Je n’entends pas demander cette dérogation chaque année, ad vitam aeternam. La période transitoire sera relativement courte afin de trouver des alternatives respectueuses de l’environnement ». En clair, il y a deux pistes, dit le ministre : trois ans ou cinq ans. « En tout cas, ce ne sera certainement pas au-delà de cinq ans ».

N’a-t-on pas tardé à chercher des alternatives, alors que les néonicotinoïdes sont décriés depuis des années ? « Un certain nombre d’industriels n’ont pas compris qu’on vivait un changement d’ère par rapport à l’alimentation et du respect de l’environnement. Je ne pense pas que l’ensemble des acteurs de la chaîne aient complètement intégré la nécessité d’utiliser des produits plus propres et ayant moins d’impact ». Oui, la recherche a tardé, reconnaît Ducarme. « On aurait dû avoir une réaction plus tôt par rapport ». Qui devait le faire ? Outre les industriels, la Commission européenne « a sa responsabilité. Elle devait être plus offensive ». Ducarme va en tout cas écrire aux régions afin de connaître leurs intentions par rapport à la recherche sur les alternatives aux néonicotinoïdes…

Ecolo sur l’interdiction des néonicotinoïdes: «Une belle victoire pour la nature et l’environnement»

Les écologistes demandent aux différents ministres de l’Agriculture d’aider les agriculteurs concernés à réaliser la transition écologique.

Temps de lecture: 2 min

L’interdiction dans l’Union européenne de trois pesticides néonicotinoïdes jugés dangereux pour les abeilles constitue « une belle victoire pour la nature et l’environnement », a estimé vendredi la députée fédérale Muriel Gerkens (Ecolo).

Une majorité qualifiée d’États membres de l’UE a apporté ce matin son soutien à une proposition visant à bannir dès 2019 toutes les utilisations extérieures de trois pesticides néonicotinoïdes.

Le ministre belge de l’Agriculture, Denis Ducarme (MR), était toutefois partisan d’une interdiction moyennant une période de transition pour les filières betterave et chicorée. Comme cette position n’a pas été suivie par le comité d’experts, la Belgique s’est abstenue lors du vote.

Denis Ducarme a déjà annoncé son intention de demander une dérogation à la Commission européenne pour pouvoir continuer à utiliser ces pesticides dans ces deux secteurs. D’après lui, il n’existe pour l’instant pas d’alternatives respectueuses de l’environnement dans ces filières.

AGRICULTURE-APICULTURE-ENVIRONNEMENT-GOUVERNEMENT-CHIMIE-UE-FRAN

Des solutions alternatives en Allemagne ou en Autriche

Cette opinion n’est pas partagée par les écologistes. « Se passer des néocotinoïdes est possible. Des alternatives existent et doivent être promues auprès des agriculteurs. En témoigne le développement de la culture biologique de betteraves en Suisse, en Allemagne et en Autriche », souligne le coprésident d’Ecolo, Patrick Dupriez. Ce dernier cite entre autres la gestion intégrée des ravageurs, les variétés de cultures résistantes, les prédateurs naturels ou encore les rotations des cultures pour remplacer l’usage de néonicotinoïdes.

Les écologistes demandent aux différents ministres de l’Agriculture de s’engager résolument « dans l’accompagnement des agriculteurs concernés pour les aider à réaliser la transition écologique de leurs pratiques agricoles vers un modèle réconcilié avec la biodiversité et la santé humaine ».

La fédération des producteurs de pesticides regrette la décision d’interdire les néonicotinoïdes

Selon la fédération, l’agriculture européenne « pâtira de cette décision ».

Temps de lecture: 1 min

Vendredi, la Commission européenne a validé l’interdiction de trois néonicotinoïdes, des pesticides responsable en partie de la disparition des abeilles. Une décision qui n’a pas plu aux fabricants. Les associations européennes et belges de produits phytopharmaceutoques ECPA et Phytofar dénoncent une « décision prématurée et inopportune », un arrêt de la Cour de justice sur une interdiction des néonicotinoïdes de 2013 étant attendu pour le 17 mai.

« Il est regrettable qu’il ait été décidé de restreindre davantage l’utilisation de substances d’une telle importance pour l’agriculture en Europe » a déploré fédération dans un communiqué. « L’agriculture européenne pâtira de cette décision. Peut-être pas aujourd’hui, peut-être pas demain. Mais à long terme, les décideurs verront clairement l’effet de la suppression d’un instrument essentiel pour les agriculteurs et la production alimentaire européenne. »

Néonicotinoïdes: la Belgique s’octroiera plusieurs années de dérogation

Malgré l’interdiction européenne, la Belgique autorisera l’utilisation des néonicotinoïdes pour le secteur betteravier et de la chicorée, annonce Denis Ducarme, le ministre fédéral de l’Agriculture. Selon lui, il n’existe pas d’alternative valable. Annuelles, les dérogations ne dureront pendant pas plus de cinq ans, promet-il.

Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

Il n’y aura formellement pas de transition pour l’interdiction des trois insecticides néonicotinoïdes en Europe. Ceux-ci seront interdits – réduits à l’usage en serre confinée – à partir du début de l’année prochaine. La position défendue par la Belgique n’a donc pas été suivie. Mais notre pays va aménager sa propre transition pour le secteur betterave-chicorée, indique Denis Ducarme (MR), ministre fédéral de l’Agriculture.

Nous évoquions cette hypothèse dans nos éditions de ce jeudi 26 avril. La législation européenne sur les pesticides permet en effet à un Etat membre de déroger pendant 120 jours à une interdiction de produit phytosanitaire au cas où il n’existerait pas d’autre moyen de combattre un parasite. En principe, cette interdiction – qui ne nécessite pas le feu vert de la Commission, mais doit lui être notifiée – « ne peut pas être répétée », dit l’article 53 du règlement européen. Un principe qui n’est pas respecté par certains Etats. La Commission a, en principe, la possibilité de demander à l’Etat membre de « retirer » sa dérogation, indique un « document de travail » de l’exécutif. En pratique, dit un proche du dossier, elle ne le fait jamais.

« Je ne lâche pas le morceau, plaide Denis Ducarme qui dit avoir eu une position « volontaire mais raisonnable », « notre pays est le seul en Europe à être atteint à l’échelle de l’ensemble de son territoire par la jaunisse de la betterave véhiculée par les pucerons. Ni les Pays-Bas, ni la Rhénanie, ni l’Angleterre, ni la France ne sont atteints dans une telle proportion ».

Or, poursuit le ministre fédéral, les alternatives actuelles aux néonicotinoïdes – des pulvérisations d’insecticides – ne sont pas respectueuses de l’environnement et des insectes. Elles sont même dangereuses pour les utilisateurs.

Pour Ducarme, interdire les trois néonicotinoïdes sonnerait la mort à petit feu du secteur betteravier qui couvre 10 % de la surface cultivée belge. « La fin des néonicotinoïdes signifierait une perte de rendement de 40 %, me disent les experts que j’ai consultés et déboucherait probablement sur le démantèlement de la filière. La Belgique serait acculée à s’approvisionner en sucre dans des pays sans doute moins respectueux de l’environnement ».

Ducarme souligne qu’il reste favorable à une interdiction totale à terme. « Je reste dans la même logique : je me revendique environnementaliste. Je n’entends pas demander cette dérogation chaque année, ad vitam aeternam. La période transitoire sera relativement courte afin de trouver des alternatives respectueuses de l’environnement ». En clair, il y a deux pistes, dit le ministre : trois ans ou cinq ans. « En tout cas, ce ne sera certainement pas au-delà de cinq ans ».

N’a-t-on pas tardé à chercher des alternatives, alors que les néonicotinoïdes sont décriés depuis des années ? « Un certain nombre d’industriels n’ont pas compris qu’on vivait un changement d’ère par rapport à l’alimentation et du respect de l’environnement. Je ne pense pas que l’ensemble des acteurs de la chaîne aient complètement intégré la nécessité d’utiliser des produits plus propres et ayant moins d’impact ». Oui, la recherche a tardé, reconnaît Ducarme. « On aurait dû avoir une réaction plus tôt par rapport ». Qui devait le faire ? Outre les industriels, la Commission européenne « a sa responsabilité. Elle devait être plus offensive ». Ducarme va en tout cas écrire aux régions afin de connaître leurs intentions par rapport à la recherche sur les alternatives aux néonicotinoïdes…

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29 Commentaires

  • Posté par Léonard Jean-luc, lundi 30 avril 2018, 22:17

    Les abeilles butinent-elles dans les champs de betteraves et de chicorées?

  • Posté par delpierre bernard, samedi 28 avril 2018, 15:20

    La rapide réaction de Ducarme est d'autant plus incompréhensible qu'en plus de donner raison aux empoisonneurs et à ceux qui détruisent la terre, elle fait abstraction, s'agissant principalement de la culture betteravière, d'une nouvelle donne imposée par l'Europe..En effet, cela lui aurait-il échappé, mais les quotas betteraviers qui protégeaient les producteurs de manière excessive sont supprimés ( donc le quota A, donnant droit à un prix très élevé, le quota B à un prix inférieur de +- 30%et enfin la quota C devant être exporté au prix mondial.).Dès lors, les betteraviers auraient intérêt à ne produire que des quantités moins élevées pour le seul marché européen et non se soumettre aux aléas des prix mondiaux toujours inférieurs; pourquoi dans ces conditions ,ne pas s'inscrire dans une démarche plus écologique avec des rendements cetres moins élevés mais aussi sans le coût des pesticides condamnés par l'Europe.S'ils continuent à produire autant, ce serait la preuve que leurs marges sont à ce point élevées (avec les pesticides condamnés) que le lobbyisme sucrier ne saurait souffrir la moindre contrariété....Et effectivement , le ministre s'est très vite déculotté....

  • Posté par Mernier Andre, samedi 28 avril 2018, 12:11

    Lamentable. Une fois de plus.

  • Posté par Université De Mons , samedi 28 avril 2018, 10:45

    Beaucoup de scandales "alimentaires" ces derniers mois ! Oeufs , viande , pesticides et autres crasses ,... Ca suffit .

  • Posté par Pablos Gino, samedi 28 avril 2018, 9:48

    La Fontaine commençait comme ceci "que vous soyez riches ou puissants" et j'ajouterai "citoyens ordinaires et travailleurs" les lois différent.Quand il s'agit de nous taxer,plumer,l'europe est souveraine,ses lois sont des lois de dieu on ne les discute pas,on les appliques avec rigueur.Lorqu'ils s'agit de gros sous sous,du monde de la finance,il y aura toujours une loi pour en contourner une autre,pour y échapper et l'europe est muette.Deux mots me viennent à bouche,je ne les citerai pas,la censure guette.

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