Un parking indigeste à la Villa Lorraine

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Les clients de la Villa Lorraine ont fait de ce morceau de trottoir un parking privilégié.
Les clients de la Villa Lorraine ont fait de ce morceau de trottoir un parking privilégié. - Roger Milutin.

Qui dit vacances dit souvent travaux. Durant les congés de Pâques, le célèbre restaurant étoilé la Villa Lorraine n’a pas concocté que de l’agneau. Elle s’est aussi offert un nouveau petit parking. Seulement, il passe mal auprès des riverains qui ne comprennent pas comment l’établissement a pu privatiser un morceau de trottoir et du bois de la Cambre, le tout sans autorisation. Mais comme rien n’est simple à Bruxelles, la Ville et la Région se renvoient la balle pour les poursuites.

Tout partait pourtant d’une bonne intention. La Villa Lorraine dispose d’un parking privé dans sa cour devant l’entrée du restaurant, rue du Vivier d’oie, sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Cependant, celui-ci est rapidement plein et les clients sont nombreux à se garer sur le trottoir juste en face, dans le bois de la Cambre. En réalité, il ne s’agit pas d’un trottoir asphalté mais d’un espace en dolomie. Avec le temps, les petits cailloux se sont dispersés, permettant la création de flaques par jour de mauvais. Pas idéal pour les Louboutin. Du coup, la Villa Lorraine a demandé à l’échevin de l’Urbanisme de la Ville de Bruxelles, Geoffroy Coomans (MR), si son équipe pouvait réparer l’espace. Comme chacun peut entretenir le trottoir devant chez lui, la Villa a reçu le feu vert de l’administration des travaux publics.

Seulement, la Villa Lorraine ne s’est pas contentée d’entretenir mais bien de privatiser les lieux. Elle a posé des cônes orange afin de délimiter des emplacements et a fait installer des panneaux. Parmi eux, on retrouvait une interdiction de s’arrêter sauf pour la Villa Lorraine de 12h à 14h30 et de 18h à 24h. Or, ces panneaux n’ont jamais été commandés ni placés par les services de la Ville. Pour assaisonner le tout, la Villa a également placé de la dolomie sur une petite parcelle qui s’enfonce dans le bois pour y mettre ses poubelles. Seulement, elle n’a pas l’autorisation. « C’était des mauvaises herbes, nous avons simplement voulu nettoyer, répond très énervée la responsable de l’établissement. C’est bien mieux qu’avant. Quant aux travaux, on nous a donné l’autorisation. Et les panneaux, c’est une erreur. » Aucun autre commentaire ne sera fait.

Pourtant, au cabinet de l’échevin de l’Urbanisme, si on reconnaît avoir autorisé la Villa à remettre de la dolomie, on n’a jamais donné d’autorisation ni pour la privatisation ni pour le placement de panneaux. D’ailleurs, suite au courrier d’un riverain, le service de la Ville a demandé leur retrait, ce qui a été fait. Mais on s’interroge toujours sur la légalité de la présence des cônes. «  La Villa a étendu son trottoir mais ce qui pose problème, c’est surtout l’extension dans le bois de la Cambre mais cela est du ressort de la Région car le bois est classé », explique le cabinet de Geoffroy Coomans.

Au cabinet du ministre-président, Rudi Vervoort (PS), on n’était au courant de rien mais, enquête menée, il s’avère que le parking est bien illégal tout comme l’extension dans le bois « mais c’est à la Ville de dresser un procès-verbal. » L’addition n’est visiblement pas près d’être réglée.

Qui dressera le P-V?

Par Vanessa Lhuillier

Au cabinet de l’échevin de l’urbanisme, si on reconnaît avoir autorisé la Villa à remettre de la dolomie, on n’a jamais accepté ni la privatisation ni le placement de panneaux. D’ailleurs, suite au courrier d’un riverain, le service de la Ville a demandé leur retrait, ce qui a été fait. Mais on s’interroge toujours sur la légalité de la présence des cônes. «  La Villa a étendu son trottoir, mais ce qui pose problème, c’est surtout l’extension dans le bois de la Cambre, mais c’est du ressort de la Région car le bois est classé », explique le cabinet de Geoffroy Coomans. Chez le ministre-président, Rudi Vervoort (PS), on n’était au courant de rien mais, enquête menée, il s’avère que le parking est bien illégal tout comme l’extension dans le bois, « mais c’est à la Ville de dresser un procès-verbal ».

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Urbanisme|Privatisation|Pâques|Bruxelles (Bruxelles-Capitale)
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