Huy: les centrales nucléaires inquiètent de plus en plus

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Dans le cadre de la campagne nucléaire 2018, la Ville de Huy et la commune de Wanze ont décidé d’organiser une réunion d’information sur le risque du nucléaire. Jeudi dernier, les habitants étaient une petite centaine à s’être rassemblés dans les locaux de l’IPES 2. Une rencontre citoyenne qui a permis aux autorités fédérales et aux experts de répondre à des questions essentielles posées par des citoyens inquiets : comment réagir face à un accident nucléaire ? Comment évacuer la population en cas de situation d’urgence ? Comment faire pour contrôler l’effet de panique ? Quelles sont les solutions mises en place pour reloger les gens ? Comment devons-nous utiliser les comprimés d’iode ?

« Il est tout d’abord impératif de ne pas céder à la panique. Ensuite, il faut pouvoir se mettre immédiatement à l’abri en entrant dans le bâtiment le plus proche. Il est important de fermer les portes, les fenêtres et de couper le système de ventilation tout en restant bien attentif aux recommandations des autorités qui seront accessibles par différents médias et sites web. En ce qui concerne les évacuations, elles s’effectueraient quartier par quartier », explique Benoît Remacker, porte-parole de la cellule de crise, qui a également tenu à communiquer sur l’intérêt de la prise de comprimés d’iode. Ceux-ci permettent de limiter le risque de développer un cancer de la thyroïde. Les pastilles ont pour objectif de saturer la glande en iode stable afin d’éviter l’absorption d’iode radioactif : « Pour que le plan d’urgence fonctionne et pour que chaque personne soit efficace en cas de problème nucléaire, il est nécessaire de mettre en place une éducation de la population. Il est vraiment impératif d’éduquer, d’expliquer. »

Mais malgré les interventions des experts, les riverains semblaient, pour la plupart, relativement sceptiques. Certains d’entre eux ont d’ailleurs exprimé le fait qu’ils se sentaient moins rassurés une fois la réunion d’information terminée.

« Sincèrement, je vis dans la crainte. Quand nous écoutons les autorités, nous avons l’impression qu’elles pensent que les centrales nucléaires sont invincibles. D’une certaine façon, on peut dire qu’elles sont conservées par vanité. Pourtant, on sait tous que la vanité peut parfois faire basculer des situations dans le chaos », argumente un habitant de la commune de Wanze, Julien Nickmans.

« Même si je suis vraiment ravi que les autorités communales convient la population à ce genre de rencontre, je ne suis pas rassuré par ce qui a été dit. Les intervenants ont beaucoup parlé pour rien. Pour ma part, la situation est toujours aussi floue. De plus, le plan d’urgence qu’ils ont évoqué est complètement irréalisable et irréaliste. Les autorités communales sont pratiquement incapables de débloquer une situation mineure alors qu’en sera-t-il avec une situation majeure comme un accident nucléaire ? Comme le dit si bien Nicolas Hulot, nous sommes actuellement sur le Titanic et nous continuons de foncer les yeux fermés », conclut le Wanzois, qui n’hésite pas à affirmer son opinion.

Pour lui, la solution est toute trouvée : il faut fermer les centrales.

Ottignies-LLN sera bientôt une ville non nucléaire

Par Jean-Philippe de Vogelaere

L a commune d’Ottignies-LLN ne peut faire face à un accident nucléaire. La Belgique elle-même ne le peut pas. »

L’aveu est sorti de la bouche du bourgmestre Jean-Luc Roland (Écolo) à l’occasion d’une interpellation citoyenne. La majorité compte même déposer bientôt une motion invitant la Ville à devenir la première cité à dire « Non » au nucléaire.

L’interpellation, c’est celle de Thierry Bourgeois, un habitant de Céroux-Mousty qui a été activiste chez Greenpeace. Son souci ? L’adoption d’un plan d’urgence nucléaire et radiologique pour le territoire belge, le premier mars de cette année, qui ne prend en compte que le niveau Ines-5 (NDLR, Ines est une échelle internationale des événements nucléaires), alors que les accidents de Tchernobyl ou de Fukushima ont été des accidents de niveau 6 ou 7.

« Dans ces deux cas, des villages situés à plus de 50 kilomètres ont été évacués, a explicité Thierry Bourgeois. Pour ce qui concerne Ottignies-LLN, elle est située à 46 km à vol d’oiseau de Tihange. En cas d’accident majeur et si les vents portent dans la mauvaise direction, le nuage radioactif est sur nous en moins de quatre heures. Les émissions de radioactivité pourraient, elles, durer plusieurs jours… Si c’est à Doel que cela se produit, nous serions probablement moins touchés mais, autour de cette centrale, il y a 1,5 million d’habitants dans un rayon de 30 km. »

Et de se poser moult questions sur les procédures à suivre dans de tels cas. Pour le bourgmestre, « on a toujours pensé que le nucléaire était une technologie sûre. Déjà deux cas nous ont prouvé le contraire. Il faut à présent pouvoir dire Non au nucléaire. »

Collignon:«L’inquiétude des citoyens est limitée à une minorité»

Par IRIS ZARBO

Le bourgmestre fait confiance aux professionnels.
Le bourgmestre fait confiance aux professionnels. - D’alimonte.

La réunion d’information organisée jeudi dernier dans un établissement scolaire de la Ville de Huy était une volonté de la part des autorités communales hutoises et wanzoises. Le bourgmestre de Huy, Christophe Collignon, n’a pas hésité à souligner l’importance du débat du jour qui était centré sur le plan d’urgence, dont l’enjeu est considérable tant le risque zéro n’existe pas. Rencontre avec l’homme politique pour qui le sujet du nucléaire se doit d’être transparent.

Le nucléaire est un sujet sensible. Depuis que vous êtes bourgmestre, avez-vous remarqué une évolution de la crainte de la population ?

Sincèrement, je dirais que non. La séance peut en être une preuve. Les participants étaient une petite centaine. Ce n’est vraiment pas un nombre important. De plus, je pense que plus on est proches du site, plus on a tendance à y être habitués. Les gens n’ont pas l’air de ressentir d’inquiétude particulière.

Ne pensez-vous pas que la crainte est réelle ?

Comme je l’ai souligné dans ma précédente réponse, les citoyens étaient une petite centaine et représentaient aussi bien la Ville de Huy que la commune de Wanze. En ce sens, je pense que les personnes présentes n’étaient pas vraiment représentatives de l’ensemble de la population.

Plusieurs personnes ont mis en doute le plan d’urgence. Avez-vous confiance en lui en tant que bourgmestre et en tant que citoyen ?

Ce plan a été mis en place par de grands professionnels. L’information donnée était de qualité et permettait aux personnes présentes de savoir comment réagir en cas d’incident et de comprendre ce qui a été prévu par les autorités. Après, est-ce qu’on peut tout prévoir ? Il est évident que non mais on peut au moins faire son possible pour limiter les problèmes éventuels.

Pour les Hutois encore inquiets, est-ce que vous prévoyez d’autres rencontres ?

Si j’en ai la demande, je le ferai. Mais pour l’instant, ce n’est pas le cas. En revanche, je tiens à souligner que d’autres choses sont également réalisées comme les exercices nucléaires de simulation. Je suis convaincu qu’il est impératif de développer une culture de sécurité et pas seulement pour le nucléaire.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Prolongation du nucléaire|Nucléaire|Accident nucléaire
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