Une statue monumentale de Pomone, par Jean-Baptiste Dupont: 996.500 dollars

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© D.R.
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Le 15 juin 1909, chez Drouot à Paris, l’on assista à la dispersion de la collection de Victorien Sardou, un dramaturge de l’Académie française sans aucun lien de parenté avec l’interprète des Lacs du Connemara . Parmi les nombreuses œuvres d’art que cet auteur à succès (sa Tosca fut, par exemple, à l’origine de celle de Puccini) avait rassemblées dans son château du Verduron à Marly-le-Roi, le catalogue évoquait notamment un « groupe en pierre sculptée, plus grand que nature, représentant une jeune femme drapée, tenant un miroir et accompagnée d’un amour lui tendant un masque ».

Or, ce que tout le monde semblait avoir alors oublié, c’est que cette statue de deux mètres de haut n’était autre que l’œuvre de Jean-Baptiste Dupont, « sculpteurs des bâtiments du Roi » et professeur à l’Académie de Saint-Luc, disparu en 1754. Elle avait été commissionnée vers 1753 par Marc-Pierre de Voyer de Paulmy, comte d’Argenson afin de décorer le potager de son château de Neuilly. Ministre et secrétaire d’Etat à la Guerre sous Louis XV, ce dernier était également un lettré fréquentant certaines des figures les plus marquantes des Lumières.

Pour preuve, c’est à lui que Diderot dédicaça en 1751 le premier volume de sa célèbre Encyclopédie . Mais précisons toutefois que cette marque de respect envers le « directeur de la librairie », c’est-à-dire le chef de la censure, avait vraisemblablement été négociée lors de sa sortie de prison deux ans auparavant… Toujours est-il que le comte d’Argenson n’eut guère le temps de profiter de sa statue, une incarnation de la nymphe romaine Pomone, dont les amours difficiles avec le dieu Vertumne furent contés par Ovide dans ses Métamorphoses . En 1757, pour s’être opposé un peu trop frontalement à la Pompadour, il fut en effet envoyé en exil dans un autre de ses domaines, du côté de Tours…

Quant à sa Pomone , après être passée entre les mains de Sardou, elle devint la propriété du célèbre marchand britannique Joseph Duveen. En 1960, Walter Heil réussit à l’échanger contre six autres œuvres d’art et à la faire entrer dans les collections des Fine Arts Museums de San Francisco. Pratiquement soixante ans plus tard, Christie’s vient d’en obtenir près d’un million de dollars à New York lors de son « Exceptional Sale » , alors quel l’on en attendait « seulement » au départ entre 100.000 et 150.000 dollars ! Et une page supplémentaire de se tourner pour cette statue au destin résolument des plus singuliers…

Tous les prix mentionnés s’entendent frais inclus.

Une aiguière en argent, par Adam van Vianen, vendue 5,4 millions de dollars.

Par Jean Vouet

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Si la vacation new-yorkaise de Christie’s a atteint quelque 10,6 millions de dollars de chiffre d’affaires, c’est surtout grâce à cette exceptionnelle aiguière néerlandaise en argent qu’Adam van Vianen a réalisée en 1619. Conservée durant plus d’un siècle par les descendants d’un Belge, le comte Léonce van Bueren, on devrait normalement la retrouver à partir du mois de juin au Rijksmuseum d’Amsterdam, à l’occasion d’une exposition intitulée « Auricular – Dutch design in the age of Rembrandt ».

L’Aston Martin personnelle de Daniel Craig, vendue 468.500 dollars.

Par Jean Vouet

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Enfin, l’autre grande star du jour, c’était très clairement cette Aston Martin Vanquish que l’acteur britannique Daniel Craig avait reçue en 2014 à l’occasion du centenaire de la marque. Doté du numéro de série 007 et estimé entre 400.000 et 600.000 dollars, le bolide était mis en vente au profit d’Opportunity Network, une association œuvrant à l’éducation de jeunes issus de minorités.

Un buste de jeune homme en terracotta, par Giovanni Della Robbia, vendu 112.500 dollars.

Par Jean Vouet

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Signé par Giovanni Della Robbia, rejeton de l’une des plus célèbres familles de céramistes de la haute Renaissance florentine, ce portrait d’un jeune homme en buste entouré d’une guirlande végétale était estimé entre 100.000 et 150.000 dollars. D’après Christie’s, il s’agissait vraisemblablement d’une commande privée destinée soit à décorer la maison d’un aristocrate, soit celle d’un (très) riche marchand.

 
 
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