Festival de Cannes: «Cold War», assurément une place dans le palmarès

Festival de Cannes: «Cold War», assurément une place dans le palmarès

Pitch

Pendant la guerre froide, entre la Pologne stalinienne et le Paris bohème des années 1950, un musicien épris de liberté et une jeune chanteuse passionnée vivent un amour impossible dans une époque impossible.

Ce qu’on attend

Pawel Palikowski a un parcours intéressant. Né à la fin des années 50, il quitte la Pologne communiste à l’âge de 14 ans avec sa mère ballerine pour Londres. Il grandit, étudie et travaille en Grande-Bretagne. Il suit des études de littérature et de philosophie à Londres et à Oxford. Il commence sa carrière de réalisateur en tournant des documentaires pour la BBC à la fin des années 1980. Il réalise notamment « My summer of love », avec Emily Blunt. Il y a quelques années, il s’installe à Paris puis, début 2010, il retourne vers sa Pologne natale pour vivre près de la maison de son enfance. Son style change et son cinéma s’attache viscéralement à la Pologne comme le prouve le superbe « Ida », Oscar du meilleur film étranger en 2015. On se réjouit de sa présence en compétition pour la première fois. Pawel a dédié son film à ses parents en hommage à leur histoire d’amour complexe et passionnel. Actuellement, il vit à Varsovie et enseigne la réalisation et l’écriture des scénarios à l’école Wajda.

Ce qu’on en pense

Pawel Palikowski a l’étoffe d’un grand. S’il adopte les mêmes principes visuels – la valorisation esthétique du noir et blanc, un format carré - que dans « Ida », il renforce les contrastes et approfondit sa quête cinématographique avec rigueur pour livrer un film tout en mouvement qui épouse autant la turbulence des sentiments que l’époque. Mélo classique d’apparence passant des chœurs chants aux cœurs palpitants, ce film travaillé au cadre déborde de la simple histoire d’amour contrarié pour raconter une époque impossible dans une Pologne stalinienne. Histoire elliptique allant de Varsovie à Moscou, de Paris à Zagreb… Evasion, emprisonnement, fuite. La musique, des chants folkloriques polonais au jazz américain, agit comme curseur sur les ambitions des personnages malgré leur envie de s’aimer. Joanna Kulig et Tomasz Kot forment un couple passionné et passionnant, elle très terrienne dans une énergie de révoltée, lui discret dans un mal-être créatif. On suit leurs va-et-vient « Je t’aime, je te fuis » sans se lasser.

La réplique

« Il m’a confondue avec ma mère. Mon couteau lui a montré la différence »

Petit plus

Une place dans le palmarès assurément. Le prix d’interprétation pour l’actrice Joanna Kulig.

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