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Ambassade US à Jérusalem: la décision de Trump a quelques supporters en Europe

Plusieurs Etats membres de l’Union européenne ont mis à mal la position commune officielle de l’UE. Soit en acceptant d’assister à la cérémonie d’inauguration de l’ambassade US à Jérusalem. Soit en bloquant la semaine dernière un projet de déclaration commune des Vingt-Huit, qui aurait dénoncé la décision américaine.

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 3 min

Reçu à Bruxelles par les ministres européens des Affaires étrangères, en décembre, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou avait fanfaronné : « Je pense que tous les Etats européens, ou la plupart, déménageront leurs ambassades à Jérusalem, reconnaîtront Jérusalem comme la capitale d’Israël ». On en est pas là, loin s’en faut, mais plusieurs Etats membres de l’Union européenne ont mis à mal la position commune officielle de l’UE. Soit en acceptant d’assister à la cérémonie d’inauguration de l’ambassade US à Jérusalem (Tchéquie, Hongrie, Roumanie et Autriche – qui prend en juillet les rênes de la présidence semestrielle tournante de l’UE). Soit, pour les trois premiers, en bloquant la semaine dernière un projet de déclaration commune des Vingt-Huit, qui aurait dénoncé la décision américaine – l’unanimité, comme pour toute décision de politique étrangère européenne, était requise…

Grands amis d’Israël

La Hongrie s’était déjà opposée en décembre à l’adoption d’une réaction européenne « au nom des Vingt-Huit ». Officiellement, pour privilégier une réaction nationale. Le président tchèque et le gouvernement roumain, de leur côté, ne cachent pas leur sympathie pour un futur transfert de leur ambassade à Jérusalem. Et fin décembre, lors d’un vote à l’ONU obtenu à une immense majorité pour condamner la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, six Etats membres de l’UE (le trio précité plus la Pologne, la Croatie et la Lettonie) s’étaient abstenus, rompant déjà le front commun européen.« Ces pays sont de grands amis d’Israël et, plus encore, des Etats-Unis, les “grands sauveurs”  », pointe un diplomate.

Mogherini maintient

Ces lézardes dans l’unité européenne (« pour des raisons de politique intérieure », avait observé en décembre le chef de la diplomatie européenne) contredisent la position officielle de l’UE, pourtant réitérée lors du sommet européen de décembre : « L’UE réaffirme qu’elle est fermement attachée à la solution fondée sur la coexistence de deux États et, dans ce contexte, la position de l’UE sur Jérusalem demeure inchangée ». Cette dernière a été confirmée lors de plusieurs conseils des ministres des Affaires étrangères : l’établissement de missions diplomatiques à Jérusalem ne doit intervenir qu’à l’issue d’une négociation israélo-palestinienne couronnée de succès, avec la ville sainte comme capitale des deux États dans les frontières de 1967. Une position que la cheffe de la diplomatie de l’UE Federica Mogherini a dû se résoudre à répéter ce vendredi en son nom, plutôt qu’au nom des Vingt-Huit.

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11 Commentaires

  • Posté par Deneumostier , mardi 15 mai 2018, 14:53

    La création de "l'état d'Israel" est une des plus grandes erreurs de l'histoire moderne.

  • Posté par Van Cam Jacques, mardi 15 mai 2018, 14:53

    Israël se moque totalement du droit international. Cet état a une nature foncièrement colonialiste et, par conséquent raciste. Le mouvement sioniste trouve justement la légitimité de son colonialisme dans celui que les Européens ont pratiqué et qui les a amené à s'emparer des biens d'autrui. Les Etats-Unis, le Canada et l'Australie ne sont que des exemples du colonialisme européen. Avec le raisonnement du soit-disant droit au retour des juifs (qui n'ont d'ailleurs jamais habité la Palestine, hormis une infime minorité), cela poserait la question de la restitution des terres volées à leur légitime propriétaire par les Européens (Etats-Unis, Canada, Australie : pur produit du colonialisme et de la spoliation, sans parler de génocide, épuration ethnique, etc., bref, tout ce qui fonde l'état d'Israël). Cela revient à admirer la richesse d'un mafieux sans se préoccuper des activités criminelles à la source. Quand à reprocher aux Palestiniens de ne pas vouloir négocier la paix. Par quel contorsion mentale peut-on en arriver à dire le contraire de la vérité. La seule chose que les israéliens veulent négocier, c'est une reddition totale, c'est l'accaparement de ce qui reste de la Palestine sans parler des terres de Syrie, et d'autres états. Les israéliens procèdent avec les Palestiniens comme les européens ont procédé avec les indiens jusqu'à ce qu'ils soient exterminés ou réduit à être fragmentés en bantoustans dans des endroits stériles et placés sous perfusion économique pour le folklore.

  • Posté par Naeije Robert, mardi 15 mai 2018, 13:56

    On l'aime ou pas, mais Trump n'a fait qu'implémenter une décision votée par le congrès américain dans les années 1990, bloquée ensuite dans un but d'apaisement par Clinton, Bush et Obama, - ce qui de toute évidence n'a pas aidé à ramener les Palestiniens à la table de négociations. Les Palestiniens feraient mieux de préférer le dialogue aux manifestations violentes.

  • Posté par Gratter Poil, mardi 15 mai 2018, 13:51

    Et pourquoi faudrait-il attendre la fin des discussions bilatérales entre Israël et la Palestine pour reconnaître à Israël le droit d’établir sa capitale à Jérusalem ?

  • Posté par Bernard Dropsy, mardi 15 mai 2018, 13:27

    Passer en force, sans rien dire à personne, mettre les gens devant le fait accompli, des procédés que la droite aime employer, en se foutant du tort causé, des "dégâts collatéraux" ! Et on fait semblant d'ignorer que c'est bel et bien Israël qui est l'envahisseur et du même coup, criminel

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