Détention d’enfants migrants: les premières photos du centre pour familles

Des familles en situation irrégulière pourront être enfermées dès juillet, en vue de leur éloignement, annonce Theo Francken dans les colonnes de Sudpresse et Het Laatste Nieuws ce mardi. L’arrêté royal qui cadrera la détention a été envoyé au Conseil d’Etat après validation par le gouvernement.

Le projet, prévu à l’origine pour la fin 2017, n’a cessé d’être reporté en raison du retard des travaux. Les conditions météorologiques de l’hiver n’ont particulièrement pas aidé, rendant le sol détrempé complètement impraticable pour les machines. Problème désormais réglé : les unités pour familles sont finalement sorties de terre, comme en attestent les photos et vidéos obtenues par Le Soir.

L’avocat Alexis Deswaef, spécialiste des droits de l’homme et du droit des étrangers, a pu filmer et photographier les lieux le 5 mai dernier, à l’occasion d’une visite de parlementaires au centre fermé 127 bis auquel seront rattachées les familles. On y découvre les quatre unités en préfabriqués, qui attendent encore leur revêtement, ainsi que le terrain qui devrait être transformé en aire de jeux et qui borde littéralement les pistes de l’aéroport de Zaventem.

Les photos du centre pour familles

A côté des pistes

Le centre est situé le long des pistes 25L et 07R, qui servent à 85 % à l’atterrissage des avions, explique le service de médiation fédéral pour l’aéroport de Bruxelles-National. Mais les 15 % restants exposent les lieux à des niveaux sonores particulièrement élevés comme on peut le remarquer sur la vidéo.« Lorsque nous sommes arrivés, un avion encore beaucoup plus gros décollait, j’étais stupéfait du bruit », relève l’avocat.

La question des nuisances sonores reste un enjeu sensible qui pourrait exposer la Belgique à de nouvelles condamnations. Si les unités ont été conçues en tenant compte des besoins d’isolation sonore, les enfants seront exposés à l’extérieur aux bruits des pistes. Or dans un arrêt de 2016, la Cour européenne des droits de l’homme avait condamné la France pour avoir maintenu un bébé de 11 mois en centre fermé au motif qui celui-ci, construit le long des pistes de l’aéroport de Toulouse, exposait l’enfant à des « bruits d’une intensité excessive ».

La détention d’enfants en centre fermé n’est pas formellement interdite mais la pratique avait été suspendue il y a environ dix ans après une série de condamnations de la Belgique au niveau européen qui pointaient des conditions inadaptées. Le projet du gouvernement s’évertue donc à se conformer aux standards édictés peu à peu par la jurisprudence européenne : un maximum d’autonomie est accordé aux familles qui disposeront chacune d’une unité propre et seront strictement séparées des autres détenus. Un espace cuisine sera disponible ainsi qu’un terrain de jeu, une salle de classe. Quatre familles, pour un total maximal de 34 personnes, pourront dans un premier temps être accueillies.

Retour en arrière

Dans un communiqué, le Ciré, la principale association de défense des étrangers, a regretté un « retour en arrière inacceptable, dramatique révoltant ». Tout en s’indignant de la « lâcheté » d’une ouverture estivale : « Les écoles seront fermées et ne pourront pas se mobiliser efficacement contre la détention de leurs élèves, bon nombre de Belges seront sur la route des vacances, les rédactions des médias tourneront au ralenti… »

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Environ un millier de personnes sont en quarantaine dans l’ouest de l’Allemagne vendredi, maintenant que le nombre de cas confirmés est passé à 53. La mesure s’applique au district de Heinsberg, très près de la frontière avec la Belgique.

    Le coronavirus bouleverse la planète

  2. La consultation et la participation des citoyens aux projets sont nécessaires pour atteindre la neutralité carbone en 2050 selon les experts.

    La Bruxelles de 2050 germe aujourd’hui

  3. ELPais

    Hillary Clinton: «Les services secrets russes travaillent encore pour Trump»

La chronique
  • Allô, Alost?

    Allô, Alost ?

    Ouais, à l’eau…

    Et merci au Dieu de l’Ancien Testament d’avoir arrosé les comiques du coin ce dimanche de carnaval, on aurait dit les premières heures du Déluge. L’Ancien Testament est la Bible des Juifs. Ce qui souligne le pouvoir exorbitant de ces gens-là. La seule question que se posait Noé dimanche dernier était : qui de tous ces animaux laisser entrer dans l’Arche ? Aux dernières nouvelles, il a décidé de couler avec son rafiot.

    Dieu a fait l’homme à son image, paraît-il. Pourquoi l’homme d’Alost doit-il alors se cacher derrière des masques affreux ?

    Le nœud de cette affaire, c’est la définition de l’humour. Une quête impossible. Ce qui fait rire votre voisin et vous laisse de glace ou vous agace, est-ce de l’humour ? Bien sûr que oui car pour qui vous prenez-vous ? Pourquoi auriez-vous meilleur goût que votre voisin ?

    ...

    Lire la suite

  • Les dangereuses conséquences politiques du coronavirus

    Le coronavirus est d’abord et avant tout un défi sanitaire mondial, évidemment. Avec un questionnement scientifique et la mise en place nécessaire de mesures à la fois fortes et proportionnées pour endiguer l’épidémie. Mais la maladie, qui est installée désormais au centre de l’attention de toute la planète, est, et de plus en plus, un révélateur démocratique. Quand on voit, de Rome à Paris en passant par Pékin, comment le virus s’invite sur la scène politique et les dégâts qu’il y fait, on s’inquiète autant, si pas plus, à ce propos que...

    Lire la suite