Des œuvres «relativement» accessibles vendues chez Sotheby’s

En faisant figurer dans le catalogue de sa vente de mi-saison toute une série d’œuvres relativement accessibles, entendez dotées d’estimations commençant sous la barre des 5.000 livres sterling, Sotheby’s avait clairement une petite idée derrière la tête. À savoir celle d’éveiller l’appétit d’éventuels nouveaux enchérisseurs pour les peintures de maîtres anciens et, qui sait, de parvenir à susciter chez eux le virus de la « collectionnite »…

Alexander Adriaenssen

De fait, lors de cette Old Master Paintings Sale ayant généré un chiffre d’affaires de 2,2 millions de livres sterling en l’espace de 200 lots, certains acheteurs (sans savoir s’ils étaient de réels néophytes ou non…) ont pu mettre la main sur l’une ou l’autre œuvre à peu de frais.

Une huile sur toile figurant saint Grégoire et datant du XVIIe siècle (école romaine) a ainsi été emportée contre 375 livres sterling, soit à peine plus du dixième de ce qu’en espérait Sotheby’s au départ (3.000 à 5.000 livres sterling).

Bien que dotée de la même fourchette d’estimation, une nature morte d’Alexander Adriaenssen a, quant à elle, été adjugée 1.875 livres sterling. Né à Anvers en 1587 et ayant accédé à la maîtrise vers 1610-11, cet ami de Rubens réussit à se tailler une belle réputation dans ce genre tout au long de la première moitié du XVIIe  s. (sa plus ancienne œuvre conservée date de 1631). Toutefois, c’est dans la représentation de poissons qu’Adriaenssen fit montre de tout son talent ; pour s’en convaincre, il suffit par exemple de se rendre au Groeningemuseum de Bruges, qui possède une composition lui étant attribuée où s’entremêlent divers spécimens sur une table, entiers ou en tranches, réputés « gras » (morue, saumon) ou « plats ».

« Roos du dimanche »

Toujours au rayon des « bonnes affaires », l’on pointera également les 1.188 livres sterling offertes ce jour-là pour une peinture de Johann Melchior Roos, un artiste allemand né en 1631 à Heidelberg. Montrant un cavalier dans un paysage et datant de 1706, celle-ci avait été valorisée initialement par les experts de Sotheby’s entre 3.000 et 5.000 livres sterling.

D’après la National Gallery de Slovénie, qui conserve notamment une toile de 1692 lui étant attribuée et représentant le repos d’un troupeau, Roos était surnommé « Roos du dimanche » par les habitants de Francfort, où il vécut durant près de soixante ans. La raison ? Ce dernier ne peignait visiblement que le dimanche, lorsque son épouse avait besoin d’argent pour réapprovisionner le ménage… Mais que l’on ne s’y trompe pas, les prix de plusieurs tableaux se sont également envolés lors de cette vacation printanière, à l’image de ces 193.750 livres déboursées pour une huile sur toile de l’école madrilène du XVIIe  siècle. Figurant saint Jean en compagnie de sainte Thérèse d’Avila, avec au milieu d’eux les armes de Castille et de Léon, l’on n’en espérait pas plus que 20.000 à 30.000 livres sterling…

Surprises…

Tout aussi surprenants furent les 37.500 livres sterling mis sur la table pour une huile sur panneau donnée au peintre d’origine anversoise Gillis Coignet, dit Gillis met de Vleck, et à la valeur prisée entre 2.000 et 3.000 livres sterling. N’ayant plus été vue sur le marché depuis un passage chez Sotheby’s en 1991, cette illustration du mythe de la rencontre en Léda et Zeus (sous la forme d’un cygne) avait certes besoin d’un bon passage chez un restaurateur pour gommer certains tourments subis au cours du temps, mais la qualité de son exécution était indéniable.

Reçu maître en 1561 et élu doyen de la guilde de Saint-Luc en 1585, Coignet fit ensuite carrière à Amsterdam et Hambourg, où il entra notamment en relation avec le célèbre Hans Vredeman de Vries.

Pour terminer, signalons encore que le meilleur résultat de la journée a été signé par un portrait en pied d’Anne Russell datant des années 1600-1603, soit au moment de son mariage avec Henry Somerset, 1er  marquis de Worcester. Estimé entre 80.000 et 120.000 livres sterling, cet imposant tableau de l’École anglaise du début du XVIIe siècle a finalement été adjugé 297.000 livres sterling.

Tous les prix mentionnés ci-dessus s’entendent frais inclus.

Le site de Sotheby’s.

 
 
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