L’attaque inouïe de Tusk contre Trump: «Avec des amis pareils, qui a encore besoin d’ennemis?»

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C’est la critique la plus franche, voire la plus violente, qui ait jamais été prononcée par un dirigeant européen à l’encontre d’un président américain.

Concluant sa déclaration traditionnelle d’arrivée au sommet informel des 28 à Sofia consacré officiellement aux Balkans occidentaux, Donald Tusk, le président du Conseil européen, qui est censé parler pour les 28 chefs d’État ou de gouvernement qui le composent, a déclaré ceci : « Outre les défis traditionnels tels que la montée en puissance de la Chine, l’attitude agressive de la Russie, nous assistons aujourd’hui à un phénomène nouveau : l’assertivité capricieuse de l’administration américaine. En regardant les dernières décisions du président Trump, on pourrait même penser : avec des amis pareils, qui a besoin d’ennemis ? Mais pour parler franchement, l’Europe devrait être reconnaissante au président Trump. Car grâce à lui nous avons perdu toutes les illusions. Il nous a fait prendre conscience que lorsque vous avez besoin d’une main tendue, c’est au bout de votre propre bras que vous la trouverez. »

« Notre Donald »

Ce n’est pas la première fois que Donald Tusk, ex-Premier ministre polonais égratigne durement le président américain. Et pourtant, Tusk est probablement l’un des dirigeants européens ontologiquement les plus pro-américains qui soient. Le président du Conseil européen en avait même choqué plus d’un lorsque, dès les premiers jours après son entrée en fonction en décembre 2014, c’est à Barack Obama qu’il avait réservé sa première visite…

Mais en janvier 2017, c’est quelques jours à peine après la prestation de serment de Trump, que Donald Tusk – « notre Donald », comme l’appellent parfois les dirigeants européens – avait énuméré « les déclarations inquiétantes de la nouvelle administration américaine » au rang des dangers géopolitiques qui guettent l’Europe, aux côtés des « guerres, de la terreur et de l’anarchie au Moyen-Orient et en Afrique où l’islamisme radical joue un grand rôle ».Les États-Unis alignés avec le terrorisme islamique : personne n’avait encore osé cela…

Trump « capricieux »

Cette fois-ci, c’est quasiment en reprenant les termes utilisés quotidiennement par les éditorialistes américains les plus virulents, que Donald Tusk évoque l’aspect « capricieux » et profondément inamical envers l’Europe de l’actuel locataire de la Maison Blanche. Poursuivant sur sa lancée, Donald Tusk a tout de même conclu ce mardi après-midi à Sofia que « l’Europe doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour protéger, en dépit de l’humeur du jour, la relation transatlantique. Mais en même temps, nous devons nous préparer aux scénarios où nous devrons agir par nous-mêmes. Nous disposons de suffisamment de potentiel pour être à la hauteur du défi. Mais ce dont nous avons besoin, c’est de plus d’unité et de détermination. Il n’y a aucune raison objective pour penser que l’Europe devrait avoir quelque complexe envers qui que ce soit. (…) Nous avons le droit et l’obligation de garder la tête haute, tant face à nos ennemis que nos amis. C’est cela, en somme, le sujet de notre sommet. »

Alors que cette rencontre des 28 sera consacrée demain aux Balkans occidentaux, c’est la question de l’avenir de l’accord nucléaire avec l’Iran, dénoncé par les États-Unis, et celle des sanctions commerciales sur l’acier et l’aluminium décrétées par Donald Trump envers ses alliés dont l’Europe, qui est devenu le sujet primordial de ce sommet. Les dirigeants en discuteront lors de leur dîner ce soir.

 
 
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