Scandale Facebook: selon le lanceur d’alerte, Cambridge Analytica a partagé des données avec la Russie

AFP PHOTO / Mandel NGAN. Christopher Wylie prête serment avant son audition devant le Congrès.
AFP PHOTO / Mandel NGAN. Christopher Wylie prête serment avant son audition devant le Congrès.

La société Cambridge Analytica (CA) a eu recours à des chercheurs russes et a partagé des données avec des entreprises liées aux services de renseignement russes, a assuré le lanceur d’alerte Christopher Wylie lors d’une audition devant le Congrès américain mercredi.

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Wylie, qui a contribué à créer la société d’analyse de données britannique CA avant de dénoncer ses dérives et de plonger Facebook dans la tourmente, était entendu à propos des interférences dans l’élection présidentielle américaine de 2016.

Il avait déjà révélé en mars que CA avait récolté les profils de millions d’utilisateurs du réseau social aux États-Unis et utilisait leurs informations pour élaborer des profils politiques et psychologiques, ensuite ciblés avec des messages politiques afin de peser sur leur vote.

M. Wylie qui s’exprimait mercredi devant une commission du Sénat, a affirmé que les renseignements russes avaient eu accès aux données récoltées par CA.

Il a notamment évoqué le chercheur russe Aleksandr Kogan, qui a développé une application de tests psychologiques ayant permis de collecter les données personnelles d’utilisateurs Facebook, ensuite transmises à CA. Selon lui, M. Kogan travaillait en même temps sur des projets financés par des Russes.

Christopher Wylie a aussi indiqué dans un témoignage écrit que Cambridge Analytica « utilisait des chercheurs russes pour rassembler ses données et avait ouvertement partagé des informations sur des ’rumeurs de campagne’» avec des entreprises et des cadres liés aux services de sécurité russes (FSB).

Décourager les électeurs noirs d’aller voter

Le lanceur d’alerte, qui a par ailleurs dénoncé des techniques utilisées par CA lors de campagnes politiques dans d’autres pays, a expliqué que les électeurs noirs avaient été précisément ciblés aux États-Unis en 2016. Selon lui, la stratégie était de décourager cet électorat généralement plus acquis au parti démocrate, d’aller voter.

Le New York Times a rapporté mardi que le FBI et le ministère de la Justice enquêtaient sur Cambridge Analytica pour déterminer si les données collectées par la firme ont permis d’influencer la campagne remportée par Donald Trump.

On ne sait cependant pas clairement, selon le quotidien, si cette enquête est liée à celle du procureur spécial Robert Mueller sur une éventuelle collusion avec la Russie pour faire élire M. Trump.

 
 
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