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Le plein emploi en Wallonie, une utopie à manier prudemment

« Il faut se donner l’objectif d’atteindre le plein emploi à l’horizon 2025 » déclare Pierre-Yves Jeholet (MR), le ministre wallon de l’économie. Comment le comprendre ?

Édito - Temps de lecture: 3 min

Le plein emploi, c’est pour demain ! Car 2025, c’est-à-dire sept années (dont deux électorales), c’est quasiment le jour d’après quand on prétend agir sur le marché du travail.

Pierre-Yves Jeholet s’est-il trop avancé en lançant cette déclaration que d’autres avaient osée avant lui et qui l’emmène jusqu’au terme de la prochaine législature ? Il faut le redouter. Son ambition relève de l’utopie, ce qui n’est pas mal en soi tant le débat politique actuel semble parfois en manquer.

Toutefois, formulée comme elle l’a été, elle semble être une déclaration à prendre comptant pour le citoyen. Or il est permis de douter que le ministre wallon de l’Emploi puisse d’ici là concrétiser son ambition. En effet, il reste en Wallonie un nombre très important de demandeurs d’emploi et des postes en souffrance faute de candidats suffisamment qualifiés. Voilà donc une double équation qu’il importe de régler avant d’espérer voir le tissu économique wallon (et flamand, pour partie) absorber cette main-d’œuvre en déshérence : trouver du travail pour les moins qualifiés tout en trouvant des qualifiés pour les postes non occupés.

Ce double défi se déroule, en outre, dans un contexte de mutations. Technologique, d’abord, avec la numérisation de l’économie. Cette digitalisation galopante va certes créer des opportunités. Elle va aussi détruire des postes. Énergétique, ensuite, avec la lente transition vers une économie moins énergivore, moins « carbone ».

Ces évolutions doivent être accompagnées. On le sait désormais, puisque ce n’est pas la première fois, au cours du demi-siècle écoulé, qu’une mutation intervient. Ainsi la financiarisation et la mondialisation des activités de production ont fortement impacté la vieille économie industrielle européenne. En moins de trois décennies, on a pu assister à une forme de taylorisme à l’échelle planétaire ou presque.

Ces changements n’ont pas été sans conséquences. L’industrie wallonne, qui avait survécu au second conflit mondial, en a fait les frais, peu à peu ravalée au rang de l’obsolescence. Le chômage de masse qui aujourd’hui encore affecte la cohésion sociale, le niveau scolaire et le taux de chômage de la région et, en particulier, de son ancien sillon industriel. Allez parler de plein emploi à Charleroi, à Liège ou dans le Borinage. Au mieux, on vous rira au nez.

Et c’est là aussi un danger. Agiter cette utopie sans préciser qu’elle en est une, c’est courir le risque d’accentuer désenchantement et découragement. Ou alors, il convient d’apporter des signes tangibles que l’on a les moyens de son ambition. Un défi que personne, jusqu’ici, n’est parvenu à relever.

 

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2 Commentaires

  • Posté par Bernard Dropsy, vendredi 18 mai 2018, 14:28

    On sait tous que Jeholet n'a jamais été et ne sera jamais une lumière, c'est le Ducarme du gouvernement Wallon, un fantoche, une marionnette de marionnette !

  • Posté par Monsieur Alain, vendredi 18 mai 2018, 18:16

    Bien d'accord avec vous mais l'immense responsabilité qui est la sienne transcendra peut-être l'homme ? Ou alors il pourrait avoir un cabinet très performant ? Il nous faut coûte que coûte positiver.

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