Les 6 moments-clés du festival de Cannes 2018

Les 6 moments-clés du festival de Cannes 2018

Après 12 jours de compétition, le festival de Cannes se clôture ce samedi soir avec la cérémonie du palmarès. C’est une édition sous le signe de la femme ainsi qu’aux résonances très politiques à laquelle nous avons eu droit cette année, la première après le scandale Weinstein. Voici les moments forts du festival.

Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov présent par procuration

Kirill Serebrennikov, figure importante du théâtre russe, n’a pas pu être présent pour monter les marches du 71e Festival de Cannes le mercredi 9 mai, à l’occasion de la projection de son film "Leto", en lice pour la Palme d'or. Le cinéaste a été arrêté en août 2017 en plein tournage de son film sous l’accusation de détournements de fonds publics et est depuis assigné à résidence.

L’équipe du film a donc monté les marches sans lui, mais en brandissant une immense pancarte portant son nom, armés de badges à son effigie. En conférence de presse, le producteur Ilya Stewart a déclaré que l’accusation envers le réalisateur était « sans fondement ». Lors de la projection, le public, debout, les a accueillis avec des applaudissements nourris.

Martin Scorsese reçoit un Carrosse d’or pour l’ensemble de sa carrière

Pour le deuxième jour du festival, ce géant du cinéma américain âgé de 75 ans s’est vu décerner le prix du Carrosse d’or qui récompense un réalisateur pour les qualités novatrices de ses films, pour son audace et son intransigeance dans la mise en scène et la production.

Parmi ses œuvres les plus célèbres, on peut notamment citer « Taxi Driver », « Gangs of New York » ou encore « Shutter Island ». La sortie de son prochain film « The Irishman » est prévue pour l’an prochain.

82 femmes de l’industrie du cinéma montent les marches pour plus d’égalité

Le cinquième jour du festival, des femmes du monde du cinéma se sont imposées en masse sur les fameuses marches de la Croisette. Elles étaient 82 : ce nombre représente les réalisatrices à avoir été en compétition depuis la première édition du festival, en 1946, contre 1 648 hommes. La présidente du jury Cate Blanchett et la réalisatrice Agnès Varda (palme d’honneur en 2015) ont prononcé un discours dans lequel elles réclament plus d’égalité.

« Les femmes ne sont pas une minorité dans le monde et pourtant notre industrie dit le contraire, nous voulons que ça change. Nous sommes actrices, productrices, réalisatrices, scénaristes, directrices de la photographie, agents artistiques, monteuses, distributrices, exportatrices. Nous travaillons toutes dans l’industrie du cinéma. Nous sommes solidaires des femmes dans toutes les industrie. [ … ] Il est temps que toutes les marches de notre industrie nous soient accessibles. Allons-y, on monte. » Agnès Varda

Le festival s’est d’ailleurs engagé le lundi suivant à respecter la parité homme-femme en signant une charte.

Spike Lee traite Donald Trump de « motherfucker »

Le réalisateur Spike Lee a fait son retour ce lundi 14 mai sur la Croisette avec "BlacKKKlansman. Basé sur l’histoire réelle d'un policier afro-américain qui a infiltré le Ku Klux Klan, le film de Spike Lee alterne pendant deux heures entre le polar classique et le film politique, terminant sur la dénonciation des événements de Charlottesville, cette ville de Virginie secouée par des violences de groupuscules d'extrême droite le 12 août 2017.

Lors d’une conférence de presse, le réalisateur a qualifié le président américain de « motherfucker », l’accusant notamment de n’avoir pas agi comme il le fallait après la manifestation à Charlottesville.

Seize actrices noires et métisses dénoncent le racisme dans le cinéma

Après la montée des marches de 82 femmes pour l'« égalité salariale » entre hommes et femmes dans le cinéma samedi à Cannes, 16 actrices françaises noires et métisses ont fait de même le mercredi suivant pour dénoncer la sous-représentation des personnes noires dans le 7e Art en France.

Emmenées par Aïssa Maïga, la comédienne à l'origine d'un livre collectif "Noire n'est pas mon métier", les actrices françaises ont pris la pose en levant le poing en haut des marches. "Heureusement que vous avez les traits fins", "vous parlez africain? ", "trop noire pour (jouer) une métisse", sont des remarques que ces 16 actrices ont déjà entendu et épinglent dans cet ouvrage.

L’acteur belge Victor Polster reçoit le prix d’interprétation pour « Girl »

Parmi les cinq prix de la catégorie « Un certain regard », Victor Polster, âgé de 16 ans, a reçu le prix d’interprétation pour s’être distingué dans le long-métrage « Girl » réalisé par le jeune Lukas Dhont. Le film raconte l'histoire vraie d'une adolescente née garçon qui rêve de devenir ballerine.

Longuement ovationné à l’issue de sa projection, le film a également remporté le prix de la Queer Palm 2018.

 
 
À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous