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Une paire de cabinet en haut-relief vendus 150.000 livres sterling

Sotheby’s proposait le 3 mai dernier à Londres une vente intitulée « Collections » riche de 179 lots.

Temps de lecture: 2 min

Cette imposante paire de cabinets sur pieds en bois d’ébène à décor sculpté en haut-relief, mesurant chacun quelque 140 cm de haut, a vraisemblablement été réalisée en Asie dans les années 1680-1720, soit du côté de la côte de Coromandel en Inde, soit dans les Indes néerlandaises à Batavia, l’actuelle Jakarta (Indonésie). à en croire la maison de ventes aux enchères, il était exceptionnel de les avoir conservés ensemble durant près de trois siècles. En effet, à l’instar du Rijksmuseum d’Amsterdam, plusieurs musées pouvaient se targuer d’en posséder l’un ou l’autre exemplaire isolé dans leurs collections, aucune autre paire de ce genre ne semblait en effet être connue à l’heure actuelle…

Au niveau de la base de chaque cabinet, une petite étiquette imprimée rappelait également qu’ils étaient passés entre les mains des Cholmondeley (prononcez « Chumley »), une puissante famille du Royaume-Uni portant le titre de marquis depuis 1815. D’après la tradition familiale, c’est l’écrivain William Beckford (1760-1844) qui en aurait fait le premier l’acquisition pour sa propriété néo-gothique de Fonthill, dans le Wiltshire. Mais faisant face à de graves problèmes financiers, il fut contraint de revendre son précieux domaine en 1823, ainsi que de disperser son contenu aux enchères. Bien qu’aucune entrée dans le catalogue de cette vente publique ne corresponde à la paire dénichée par Sotheby’s, l’on sait avec certitude qu’un certain Richard Heber y assista, vraisemblablement pour assouvir sa passion des beaux livres. Lors de sa mort en 1833, c’est sa demi-sœur, la romancière Mary Cholmondeley, qui hérita de tous ses biens, évalués pour la somme (colossale à l’époque) de 200.000 livres sterling : rien que sa bibliothèque remplissait huit maisons en Angleterre et en Europe… Et ces cabinets entrèrent alors dans le giron des Cholmondeley pour près de deux siècles.

A priori, il y avait donc là bien assez d’éléments que pour susciter la convoitise de certains enchérisseurs, qu’ils soient publics ou privés, et ce d’autant plus que la fourchette d’estimation (12.000 à 18.000 livres sterling) proposée par Sotheby’s pour ces deux rares témoins de la fusion précoce entre le savoir-faire asiatique et le goût batave était encore relativement abordable. Pour autant, nul ne semblait avoir prévu qu’une véritable bataille d’enchères se déroulerait, ni que ces deux pièces de mobilier finiraient par réaliser la meilleure performance de toute la vente et près du dixième de son chiffre d’affaires global d’1,66 millions de livres sterling.

Tous les prix mentionnés s’entendent frais inclus.

Le 3 mai 2018, une livre sterling valait 1,182 euro.

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