Crise du Fipronil: l’Afsca soupçonnée de mauvaise communication

Ce mardi, entre 9h et 11h45 du matin, l’Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca) a reçu la visite d’enquêteurs. Cette perquisition a été effectuée par le juge d’instruction Michel Claise, en présence du ministère public. « Le dossier judiciaire concerne des suspicions de diffusion de fausses informations relatives à la contamination des œufs par le Fipronil, au cours de l’année 2017. L’enquête est en cours. Aucun autre commentaire ne sera effectué à l’heure actuelle afin de ne pas porter préjudice à l’enquête. », s’est contenté d’expliquer Denis Goeman, substitut du procureur du Roi, porte-parole du Parquet de Bruxelles.

Mais, selon une information recueillie par Le Soir, la justice bruxelloise soupçonne, « dans ce dossier très délicat », « une mauvaise communication dans le chef de l’Afsca ». Rappelons que, l’été dernier, lors de la crise du Fipronil, l’agence avait fait l’objet de critiques. D’aucuns avaient jugé sa communication déficiente car trop tardive, laconique, voire contradictoire et ce, au détriment de la santé publique et des consommateurs.

La Chambre veut savoir

Interrogé sur le sujet par Le Soir, le cabinet de Denis Ducarme (MR), ministre de tutelle de l’Afsca, ne s’est guère montré loquace sur cette enquête et cette perquisition. « Le Ministre a pris acte de la perquisition. La justice fait son travail, » a commenté le cabinet ministériel. Afin d’en savoir plus, le député fédéral Michel de Lamotte (CDH) compte interpeller le ministre Ducarme à ce sujet dans les quinze jours, lors de la commission « Santé publique » de la Chambre.

Quant à l’Afsca, elle n’apporte pas plus de lumière sur l’enquête dont elle fait l’objet. Elle assure juste avoir « collaboré pleinement avec les enquêteurs. Ceux-ci ont consulté des ordinateurs. Nous leur avons donné tous les documents qu’ils désiraient et avec lesquels ils sont repartis. »

Cette perquisition et cette enquête constituent une nouvelle tuile pour l’image de l’Agence. En mars dernier, celle-ci avait été épinglée pour son manque de proactivité dans l’affaire de fraude à la viande chez Veviba à Bastogne. Cela a motivé le ministre Ducarme à commander un double audit sur l’Afsca, analyse interne qui va bientôt démarrer.

 
 
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