Fusillade à Liège: le niveau d’alerte ne sera pas modifié

Comme lors des précédents dramatiques à cette dernière agression, la question se pose de savoir si la Belgique doit relever son niveau d’alerte de menace terroriste. Actuellement, le niveau d’alerte est fixé à 2, ce qui équivaut à une menace « peu vraisemblable. » Mardi soir, des sources proches du gouvernement faisaient état d’un maintien de ce niveau.

C’est l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace (Ocam) qui détermine le niveau, en vertu d’une loi de 2006. Cet organisme fédéral se base sur les informations transmises notamment par la Sûreté de l’Etat, le Service général du renseignement et de la sécurité (SGRS), les polices locales et fédérale, les douanes et l’Office des étrangers. Placé sous l’autorité des ministres de la Justice et de l’Intérieur, cet organe est composé d’experts détachés des services dont il utilise les informations et d’analystes propres. Il est chargé d’évaluer périodiquement et ponctuellement le degré de menace terroriste en Belgique.

De 3 à 2, suite au délitement de l’Etat islamique

Le niveau 1 équivaut à un risque faible d’attaque terroriste envers la personne, le groupement ou l’événement qui fait l’objet de l’analyse. Le niveau 3 signifie une menace « possible et vraisemblable », tandis que le niveau 4 représente une menace « sérieuse et imminente. » Après les attaques meurtrières perpétrées à Paris les 7, 8 et 9 janvier 2015, le niveau de menace en Belgique est resté à 2 et n’a été revu à la hausse que pour certains lieux stratégiques. Ceux liés à la communauté juive faisaient déjà l’objet d’une vigilance renforcée depuis la fusillade au Musée Juif à Bruxelles. Quelques jours plus tard, le 15 janvier, l’Ocam relevait à 3 sur 4 le niveau de la menace pour l’ensemble du territoire. Ce jour-là, la police fédérale avait démantelé une cellule terroriste à Verviers, opération meurtrière pour deux suspects. Le niveau 3 a perduré jusqu’au 9 mars, principalement en raison du contexte international, d’après les indications du SPF Intérieur. Il a ensuite été redescendu à 2, mais maintenu à 3 pour de nombreuses implantations. Au lendemain des attentats perpétrés à Paris le vendredi 13 novembre, l’Ocam a décidé de relever le niveau de la menace de 2 à 3.

Ce niveau avait été longtemps maintenu. Ce n’est que le 22 janvier dernier, que le niveau était redescendu à 2. Le directeur de l’Ocam avait notamment justifié cette décision par le délitement de l’Etat islamique en zone irako-syrienne, et le fait qu'«  il n’y a plus eu depuis trois mois, sur le sol européen, d’attentat revendiqué » par cette organisation.

Il a toutefois souligné que des militaires resteraient positionnés dans ou devant des lieux jugés sensibles.

Le niveau 2 reste donc, au moins temporairement, de rigueur. Les autorités estiment à ce stade qu’il s’agit davantage d’un acte isolé et non coordonné, ce qui justifie le maintien du niveau. « Ce qui nous inquiète c’est de voir, comme en France, certains éléments isolés, souvent désaxés, passer à l’acte. C’est une menace difficile à contenir », estime une source politique proche du dossier.

 
 
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