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L’agriculture urbaine, une valeur ajoutée?

On parle de plus en plus de jardins partagés, de culture hydroponique… C’est une thématique qui a le vent en poupe et frappe à la porte du secteur. Gadget ou réelle opportunité pour faire face à des pénuries alimentaires, à des villes en perpétuelle métamorphose ?

Temps de lecture: 4 min

En 2013, il y avait à Bruxelles, au niveau des potagers urbains, 88 ha de potagers, 260 sites potagers. Quelque 2,7 ha brut de potagers ont été créés entre 2014-2017. Si l’on considère l’agriculture urbaine professionnelle, on recense 252 ha « officiellement » utilisés comme terre agricole, mais ce chiffre ne tient pas compte des activités dans les caves (ex. : culture de champignons…), sur les toitures…

« Au début de mon mandat, lorsque l’on parlait d’agriculture urbaine à Bruxelles, cela faisait sourire. Avec la Stratégie Good Food que la Région bruxelloise a mise en place en 2015, une vision claire a été définie. En 2035, l’agriculture professionnelle en zone urbaine et périurbaine produira 30 % des fruits et légumes non transformés consommés par les Bruxellois. Un objectif de 5 % est envisagé en 2020 », a rappelé, lors du dernier salon Realty, Céline Fremault, ministre bruxelloise de l’Environnement, de l’Energie et du Logement.

Quelques grandes métropoles (Montréal et la ferme Lufa installée sur des toits, New York et la « Brooklyns Grange Farm », Chicago, Paris…) ont organisé la production alimentaire en milieu urbain. La Région bruxelloise tente de mettre les bouchées doubles pour suivre ce mouvement. La « Ferme Abattoir », le premier site de production de Bigh, s’est installée sur le toit du Foodmet, la nouvelle halle alimentaire du site Abattoir à Anderlecht sur une surface de 4.000 m2 (2.000m2 de serres horticoles et pisciculture, 2.000 m2 de potagers productifs).

« Bigh est une démonstration forte de l’économie circulaire, économiquement rentable, dont la production alimentaire saine, transparente, de qualité et locale est en symbiose avec l’environnement urbain. La ville devient une solution si la recherche d’impact positif est faite à tous les niveaux : énergie, eau, qualité de l’air, biodiversité, ressources en matériaux, etc., tout en créant de l’emploi et de l’insertion. Elle représente aussi un avantage économique pour l’immobilier qui nous intègre », rappelle Steven Beckers, fondateur de Bigh.

Pour intégrer des fermes aquaponiques en ville, la jeune société a levé 4,3 millions d’euros auprès de plusieurs investisseurs privés : LTFD, Fidentia Green Buildings, Talence, ECF, et publics : finance.brussel, Srib. « Bigh s’intègre parfaitement dans la stratégie de Fidentia Green Buildings dont l’activité vise au développement ou redéveloppement d’immeubles affichant des caractéristiques environnementales élevées. Les projets doivent s’intégrer dans les bâtis existants ou à construire, précise Louis de Halleux, managing director de Fidentia. Nous souhaitons nous concentrer sur des projets à grande échelle, ayant une taille d’au moins 3.000 m2. »

Dans la zone du canal, sur l’ancien site de Tour et Taxis, le groupe Extensa s’intéresse lui aussi à l’agriculture urbaine. « Au lieu d’effectuer un investissement massif, nous avons choisi de réaliser un parc évolutif et de donner du temps au temps, commente Kris Verhellen, CEO d’Extensa. Un de nos objectifs est de créer une communauté pour obtenir l’adhésion des parties prenantes, les riverains. »

L’ASBL Parckfarm bénéficie ainsi de subsides publics pour faire face à l’emploi et au soutien des projets citoyens. Des jardins collectifs ont été créés, une expérience d’entretien du parc via l’utilisation de moutons a été entamée ainsi que l’installation de ruches sur les toits situés à proximité d’un parc à fleurs.

Dans les caves de Tour & Taxis, Permafungi fait pousser des pleurotes sur du marc de café. Tout en gardant l’ADN qui lui est propre, la gare maritime se métamorphose elle aussi. Un véritable quartier couvert multifonctions de 4 ha. La structure de base sera subdivisée en dix blocs modulaires de 4.500 m² autour d’une « rambla » centrale de 270 mètres de long. Chaque module offrira deux étages aménageables sur mesure. Le rez-de-chaussée sera principalement commercial

« Nous allons poursuivre notre expérience d’agriculture urbaine. Sur les côtés, il y aura des jardins intérieurs représentant 10 % des surfaces. Ils seront décoratifs, productifs et éducatifs. Notre ambition est notamment de disposer d’un centre de distribution local de fruits et légumes », conclut Kris Verhellen.

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