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Roland-Garros: pourquoi David Goffin doit (malgré tout) se méfier de Gaël Monfils

«Je n’ai ni la tête, ni le corps au tennis», avoue Gaël Monfils, torturé. David Goffin, qui l’affronte ce vendredi au 3e tour de Roland-Garros, doit justement s’en méfier...

De notre envoyé spécial - Temps de lecture: 4 min

Central ou Lenglen ? Ce sera à nouveau le Lenglen pour Goffin contre Monfils, ce vendredi vers 16h, pour ce qui est l’une des affiches du 3e tour entre deux joueurs qui aiment claquer la balle. Le premier en finesse et précision, le second en puissance et tout en spectacle. Un seul match gagné sur terre battue avant ce Roland-Garros, le Parisien est arrivé avec la tête basse et la raquette en berne dans son Grand Chelem. Il se dit malade, blessé, sans moral… Pourtant, Gaël ne pense plus qu’à une chose : se refaire une santé contre celui qu’il surnomme le géomètre…

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Avec Richard Gasquet, Jo-Wilfried Tsonga et Gilles Simon, Gaël Monfils était le quatrième des Mousquetaires qui devaient faire rêver la France durant toute la dernière décennie. Cette génération dorée devait repeindre en bleu, blanc, rouge tout le circuit ATP et, à l’époque, on ne doutait pas qu’un de ces garçons, au moins, allait envoyer Yannick Noah et son titre de dernier vainqueur tricolore à Roland-Garros à la trappe.

Mais 35 ans après, Paris attend toujours.

Un goût de trop peu

Attention, il faut rester admiratif de ce tennis français qui a tout de même amené Tsonga au 5e rang mondial, Monfils et Simon à la 6e place ATP et Gasquet à la 7e  ! Mais au vu des espoirs généreusement nourris par nos voisins, il manque la cerise sur le gâteau, le fameux sacre en Grand Chelem. Le Graal du tennis français actuel…

Ce goût de trop peu, on l’a souvent eu en regardant jouer Gaël Monfils. Un superbe athlète (1,93 m – 80 kg) au tennis flamboyant, mais à la tête de flambeur, avec un sens inné du vrai spectacle, de la débauche d’efforts sans calcul. Avec, malheureusement, au bout, le prix à payer pour cette générosité naturelle : le réservoir vide ou le passage obligé par l’infirmerie.

En 14 ans de carrière, sous le nom de Gaël Monfils, ce sont tout de même 27 finales ATP jouées, mais « seulement » 7 titres au palmarès…

À Roland-Garros, il a souvent très bien joué, mais n’est jamais parvenu à surmonter les tout gros obstacles comme Federer (4 fois !), Wawrinka (l’an dernier), Murray ou Djokovic. En 2008, il avait soulevé d’énormes espoirs dans l’Hexagone, avant de céder en quatre sets face à son ami Roger…

Complètement détaché

Comme tout Français qui se respecte, c’est toujours très particulier pour lui d’aborder la quinzaine parisienne. Après avoir tenté la méthode du gars très concentré et « focus » sur l’objectif, les années précédentes, Monfils se la joue complètement détaché, voire presque sans ambition, lors de cette édition.

« C’est déjà très bien, si je gagne un match, ici » a-t-il ainsi prévenu dès l’entame de cette quinzaine. Il faut bien avouer qu’au niveau confiance, il est arrivé avec un seul match remporté sur terre battue alors qu’il a enchaîné Monte-Carlo, Munich, Madrid, Rome et Lyon !

À la Porte d’Auteuil, il a donc déjà doublé la mise avant d’affronter Goffin, ce vendredi. Mais son discours de chien battu n’a pas changé d’un iota. « Je suis malade, un peu touché au genou et je n’ai pas trop la tête au tennis. Je le dis honnêtement et je ne m’en cache pas. Je traverse une petite période, on va dire, en tant qu’être humain, qui va bientôt se finir… Je pense qu’après Roland-Garros, il y aura forcément une remise en question de pas mal de choses, un peu de changement, et surtout un autre gros travail qui va se faire. Malheureusement, si j’ose dire, je tape très bien la balle en ce moment, mais je n’ai pas la tête ! Donc c’est un peu compliqué… Jusqu’à présent, je dois avouer que j’ai eu beaucoup de réussite pour me retrouver au 3e tour. Ce n’est pas facile à croire, mais c’est la vérité. C’est un peu la galère, mais ce n’est que du tennis… Je prends toujours du plaisir car j’ai la chance de faire de ce sport mon métier. Sinon, je ne serais même pas ici ! Les vraies galères sont pour les métiers vraiment durs ! »

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Avec ses yeux grands ouverts quand il parle, Gaël Monfils se bat souvent d’abord contre lui-même, avant de s’attaquer au reste. Mais, attention, c’est souvent au moment où on l’attend le moins que le monstre de talent se réveille…

Toujours très proche du clan français, David Goffin connaît heureusement le drôle de personnage. « C’est clair qu’il n’est pas trop en confiance pour l’instant, mais Roland-Garros, pour Gaël, c’est probablement le tournoi où il est le plus fort de l’année. Il a deux victoires dans les jambes, il aura le public derrière lui : ça va être compliqué, c’est sûr, je vais devoir sortir un grand match. »

La bataille est annoncée, n’en déplaise à Monfils…

 

«Gaël est capable de tout, comme cacher son jeu…»

Le slice de Steve Darcis.

Temps de lecture: 2 min

«   C’est assez drôle, mais moi aussi j’avais dû affronter Gaël Monfils au 3e tour à Roland-Garros. C’était en 2011, sur le court nº1. J’avais perdu 6-3, 6-4, 7-5. J’aurais peut-être pu accrocher un set, mais c’était du grand Monfils, à l’époque, et il avait d’ailleurs été jusqu’en quart de finale. Il joue d’ailleurs souvent très bien dans son Grand Chelem.

En dehors du court, Gaël est vraiment quelqu’un de cool et de gentil, même s’il laisse planer un certain mystère autour de lui… Sur le court, c’est quelqu’un d’imprévisible. Parfois les attentes sont énormes, et ça se passe mal, et au contraire, au moment où on l’attend le moins, il sort le grand jeu ! Mais tennistiquement, il sait tout faire. Tant en attaque qu’en défense. Et quand il n’a pas de pépin physique, c’est vraiment un bel athlète. Ce n’est évidemment pas un hasard s’il a déjà battu les plus grands. J’en avais d’ailleurs fait l’un de mes favoris surprises au moment de vous donner mes pronostics en début de quinzaine… Maintenant, je l’ai un peu suivi et il me donne vraiment l’impression d’être moins heureux sur le court, moins virevoltant, d’être comme renfermé. Mais attention, Gaël est capable de tout. Il peut très bien cacher son jeu pour bondir sur l’occasion, si elle se présente. Je l’ai déjà vu donner un set à son adversaire pour l’endormir… Il fait semblant qu’il est mal, et puis boum, il est là ! Mais bon, si David fait un match plein, du début à la fin, il devrait passer. Mais je ne parlerai jamais de certitude en évoquant Gaël Monfils… »

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1 Commentaire

  • Posté par Michel Bettens, vendredi 1 juin 2018, 8:06

    Motfils, c'est sa façon d'être aujourd'hui, se plaindre encore et encore

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