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Réseau points nœuds: rouler à vélo sans frontières

Un investissement important consenti par les deux Provinces pour la signalisation. Les chemins sont plus vallonnés du côté du Brabant wallon.

Journaliste de la cellule wallonne Temps de lecture: 4 min

La plaque de circulation indique le village d’Eerken. La direction est incertaine. Bien peu de francophones savent sans doute qu’il s’agit là d’Archennes, près de Pécrot. Mais sur la chaussée de Louvain, à Rhode-Saint-Agathe, en Flandre, les cyclistes voient là l’occasion de prendre une charmante route en pavés qui les amène dans la vallée de la Dyle. La rivière fait à cet endroit la jonction entre les provinces de Brabants flamand et wallon, mais l’amateur de balades cyclistes se contente de suivre les indications de sa carte du réseau points nœuds. La route qu’il a choisie lui indique de quitter le nº31 pour suivre le nº39 qui l’amène à la gare de Pécrot.

Rouler sans frontières, même linguistique, est désormais possible. La jonction des deux réseaux vient d’être réalisée par les députées provinciales en charge du Tourisme, Monique Swinnen (CD&V) pour le Brabant flamand et Isabelle Kibassa-Maliba (PS) pour le Brabant wallon.

« Il y a plus de vingt ans que nos chemins se sont séparés, a commenté Monique Swinnen. Le moment est donc historique puisque, avec les points nœuds, les cyclistes peuvent désormais se réunir sur nos chemins. » Et Isabelle Kibassa-Maliba d’ajouter : « On peut désormais reparler du Brabant. Votre force, c’est que le vélo fait partie de la culture en Flandre. Chez nous, on est seulement occupés à faire passer le message de la mobilité douce. »

Le lieu où les députées provinciales se sont réunies est assez symbolique. Il s’agit du « café-vélo » De Plataan. Sa patronne, Barbara Van Veer, est en quelque sorte une ambassadrice du deux-roues puisque son établissement est équipé pour permettre aux cyclistes de pouvoir réparer un pneu crevé ou retendre une chaîne, et de souffler en terrasse : « Je ne loue pas de vélo car je n’ai aucune demande. Les amateurs s’arrêtent ici avec leurs propres engins transportés en voiture. Mais je peux en disposer au besoin. Il suffit de me prévenir. »

C’est que non loin du café vit Michel Mertens qui dispose de 200 vélos destinés à la location. Il en revient à 11 euros par jour.

Grégoire Richard enfourche sa bécane, électrique elle. Cet employé du service mobilité de la Province du Brabant wallon est, à vingt-cinq ans, un adepte du vélo : « J’habite Louvain-la-Neuve et dès qu’il fait beau, je me rends au travail à vélo. Le trajet me prend moins de temps qu’en voiture. On dit d’ailleurs qu’à moins de vingt kilomètres de son lieu de travail en zone urbanisée, le vélo a l’avantage de la vitesse. »

Les pavés de Pécrot ne lui font donc pas peur. Pas plus qu’aux membres de l’équipe de Petra Moons, de l’Office du tourisme du Brabant flamand, qui mène le groupe sur les chemins de traverse. Après avoir découvert le superbe étang de Pécrot et longé la ligne de chemin de fer nº139, qui relie Louvain à Ottignies, les cyclistes se retrouvent ainsi, suite à un léger détour, devant la plaque commémorative de la catastrophe ferroviaire du 27 mars 2001.

Rue Léopold Vanmeerbeeck, même si la côte n’est pas importante, les cyclistes comprennent pourquoi on appelle cette zone les Ardennes brabançonnes. Une courte halte à l’ancienne abbaye de Florival est cependant la bienvenue pour reprendre son souffle avant de rentrer au café-vélo manger un morceau de tarte.

«  La Province du Brabant wallon a investi 500.000 euros, avec un subside wallon de 328.000 euros pour réaliser le marquage qui se termine d’ici la fin de l’année dans l’ouest, indique Pierre Francis, le directeur du service du développement territorial et environnemental. Et c’est un membre du personnel qui va régulièrement sur les chemins voir si les panneaux sont toujours bien en place. Et on dispose enfin d’un million d’euros par an pour aider les communes à initier ou entretenir les voies douces. »

Du côté du Brabant flamand, où le réseau points nœuds existe depuis tellement longtemps qu’on y a oublié les montants investis, ce sont des bénévoles qui font ce travail. Dans la « Groene Gordel », la ceinture verte qui définit l’ouest touristique de cette province, c’est le cas de Gustave Laurent et Lea Hermans : « On refait entre 18 et 36 kilomètres par mois pour s’assurer que tout est en ordre. C’est du pur plaisir. » Du côté du « Hageland », dans l’est, vers Louvain, le réseau sera complètement refait pour le premier juin.

Dans les deux Brabants, une carte des points nœuds a été éditée. Elle est gratuite en Brabant wallon, mais revient à sept euros en Brabant flamand.

 

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