De la Grèce antique au royaume du Monténégro

Commençons par le monde grec avec un très beau tétradrachme à l’effigie d’Apollon de la Ligue chalcidienne, provenant d’Olynthe (Macédoine). Nous sommes en 417-412 av. J.-C., dans les colonies grecques de la péninsule chalcidique regroupées en Ligue du même nom. Cette fédération eut une puissance politique très importante jusqu’à l’invasion de Philippe de Macédoine en 349-348. Elle émit un monnayage remarquable au type d’Apollon comme en témoigne ce lot, provenant de la vente 86 d’Elsen en 2005. Cette pièce, qui montre le patron de la Ligue chalcidienne au droit, présente au revers une cithare (ou un trépied ?). Elle est attendue autour de 2.000 euros (lot 5).

D’histoires en épopées

Passons à Rome et à l’un de ses empereurs les plus cruels avec un aureus frappé sous le règne de Néron (54-68). Cette très belle pièce de la fin du règne de l’empereur commémore probablement son mariage avec Poppée en 62, comme le suggère le revers où l’on voit un couple debout, la femme voilée et tenant une corne d’abondance.

Cette représentation d’un moment heureux mérite qu’on revienne sur l’histoire relatée par Tacite. Celui-ci décrit Poppée comme une jeune femme d’une grande beauté, qui semblait respectable, mais mena une vie dépravée. Elle épousa Othon, le futur empereur, ami très proche de Néron, qui vanta à l’empereur les charmes de sa femme. En 58, Néron séduisit Poppée et nomma Othon gouverneur en Lusitanie. En 62, Néron divorça de sa première épouse Claudia Octavia, fille de l’empereur Claude, pour épouser Poppée, elle-même divorcée d’Othon. En 65, Néron porta un coup fatal à Poppée enceinte. La mort de Poppée fut le début d’une période de grande cruauté de l’empereur… Les amateurs devront débourser 1.000 euros pour acquérir cette monnaie qui n’en reste pas moins très rare et très belle !

Suite avec la pièce de couverture, et pour cause, elle porte une estimation de 15.000 euros et est décrite à la fois comme superbe et très rare. Nous sommes toujours à Rome, avec Caracalla Auguste (198-217) et un aureus de 199 où, encore enfant, il est présenté couronné des lauriers de la victoire. Il incarne l’espoir public et symbolise la sécurité pour l’Empire (lot 175).

Du XVIe au XXe siècle

Survolons le temps pour arriver sous Charles Quint avec un superbe ducat provenant de Majorque où on le voit de profil, joliment couronné. Cette pièce très rare est estimée 9.000 euros (lot 863). Citons juste une attrayante monnaie « mexicaine » datant de 1743 où l’on retrouve l’écu couronné, entouré du collier de la Toison d’or (lot 878, estimation 4.000 euros).

Retour en France avec une pièce extrêmement rare (lot 1029), un double louis d’or mirliton, frappé en 1723 à Paris sous Louis XV et attendu 12.500 euros. Dernier arrêt au Monténégro avec l’un des lots les plus onéreux et les plus rares de la vacation, une pièce superbe à fleur de coin de 100 perpera frappée en 1910 sous Nicolas Ier portant une estimation de 17.500 euros (lot 1343).

Pour approfondir, un catalogue de plus de 200 pages est disponible en versions papier et numérique.

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