Quand Bâle redevient la capitale de l’art contemporain

L’incontournable David Zwirner présentera 
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Untitled
» (Sculptural Study, Seven-part Triangular Construction), 1982/2011 de l’artiste Fred Sandback dans la section Unlimited.
L’incontournable David Zwirner présentera « Untitled » (Sculptural Study, Seven-part Triangular Construction), 1982/2011 de l’artiste Fred Sandback dans la section Unlimited. - Courtesy of the artist and the gallery.

Impossible d’imaginer, pour qui n’a jamais fait le déplacement annuel dans la cité suisse, l’impression que procure la visite d’une foire aussi prestigieuse. L’offre y est en effet pléthorique (les organisateurs annoncent la présence d’œuvres de plus de 4.000 artistes !), mais ce qui frappe avant tout, c’est sa diversité. On trouve à Bâle aussi bien des œuvres d’art moderne (les Picasso, Miro, etc. n’y sont pas rares), mais également des œuvres d’artistes vivants, à tous les stades de leur carrière, des plus connus jusqu’aux plus émergents. La foire est en effet une vitrine sur la création contemporaine déjà valorisée par le marché.

Belgique

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Apricot an Pink
» peint en 2001 par Bridget Riley sera visible sur le stand de Hazlitt Holland Hibbert. © Courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert
« Apricot an Pink » peint en 2001 par Bridget Riley sera visible sur le stand de Hazlitt Holland Hibbert. © Courtesy of Hazlitt Holland-Hibbert

Historiquement, la Belgique a beaucoup compté dans le développement du salon, dont la naissance remonte au début des années 1970. Les collectionneurs belges ont été des clients assidus à un moment où l’art actuel n’était pas autant à la mode. Grâce à leurs achats, ils ont contribué à amener la foire à son statut encore indiscuté de leader dans sa catégorie. Les galeries belges sont toujours représentées et constituent, par rapport à la taille de notre pays, une délégation non négligeable.

Certes, depuis quelques années, globalisation du marché oblige, certaines ont dû céder leur stand à des galeries venant de pays nouveaux venus sur le marché de l’art contemporain. Néanmoins, plusieurs galeries bruxelloises seront bien présentes cette année, qu’il s’agisse de Dépendance, Xavier Hufkens, Greta Meert ou encore Jan Mot. Une seule galerie anversoise complète la sélection : Zeno X. S’ajoutent à celles-ci les galeries qui possèdent une « succursale » bruxelloise : Bernier/Eliades, Gladstone, Nathalie Obadia, Almine Rech et Templon.

Gigantisme

ArtBasel demeure l’évènement incontournable du marché de l’art global. © DR.
ArtBasel demeure l’évènement incontournable du marché de l’art global. © DR.

Impossible de visiter sérieusement la foire en une journée. En effet, prêter attention à 291 stands relève de la gageure. Le visiteur fera dès lors un premier choix : art moderne, art contemporain classique ou art contemporain. Si la deuxième spécialité se déploie sur les deux étages de la « Messe Basel », le rez-de-chaussée est plutôt dévolu à la première, tandis que la troisième se trouve au premier étage.

Les collectionneurs, déjà présents deux jours avant l’ouverture au public, se pressent donc d’abord vers ce qui les intéresse, histoire de ne pas rater l’œuvre avec laquelle ils ont rendez-vous ! Une fois celle-ci vendue, elle sera remplacée par une autre dès le lendemain. Galeristes et marchands sont là pour vendre et le caractère commercial prime évidemment. Par conséquent, l’on ne perd pas une cimaise qui pourrait permettre de vendre autre chose. Le visiteur du premier jour ne voit dès lors pas nécessairement les mêmes choses que celui du dernier…

Unlimited

Ces œuvres de Tony Cragg seront présentées par la galerie Buchmann. © Courtsy Buchmann Galerie Berlin/Lugano.
Ces œuvres de Tony Cragg seront présentées par la galerie Buchmann. © Courtsy Buchmann Galerie Berlin/Lugano.

Le gigantisme de la foire culmine toutefois dans la section dénommée « Unlimited », soit une halle entière consacrée à des œuvres trop imposantes pour figurer sur un stand de foire. Dans cette section également, le temps manque pour visionner toutes les vidéos proposées dans des cubes construits pour les projeter. Mais le plus impressionnant, ce sont ces installations, souvent immenses, qui monopolisent un espace important. Certaines ne sont que l’agrandissement des pièces habituelles qu’un artiste produit, ce qui ne leur confère pas toujours un intérêt particulier, tandis que d’autres sont de vraies propositions inédites.

Du très grand, Bâle passe sans problème au plus confidentiel puisqu’une section, bien évidemment plus modeste, est consacrée aux éditions d’artistes. Une autre section rassemble les photographies, qui peuvent dater des débuts de l’épopée du medium jusqu’aux dernières séries des grands photographes de notre temps. Bref, Art Basel mérite plus qu’un coup d’œil.

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