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En Belgique, l’avenir est à l’orage

Selon le chercheur en climatologie Sébastien Doutreloup, il est probable que les orages deviennent plus nombreux sous l’effet du réchauffement climatique.

Analyse - Journaliste au service Société Temps de lecture: 3 min

La fin du printemps et le début de l’été 2018 sont à l’orage. Pourtant, indique Sébastien Doutreloup, chercheur en climatologie à l’université de Liège, il n’y a pas d’augmentation du nombre d’orages dans notre pays. « Si l’on regarde les chiffres des trente dernières années, ces phénomènes sont même une diminution. Les statistiques des cinquante dernières années montrent quant à eux une stabilité ».

Les phases orageuses semblent être liées à la variation de « l’oscillation nord-atlantique », la différence entre la pression atmosphérique mesurée au Portugal et en Islande. Cette fluctuation détermine l’origine des masses d’air qui circulent sur notre pays. Quand les vents viennent du sud, sans dynamique atmosphérique, l’atmosphère se charge d’humidité ; avec la chaleur, elle monte en cumulonimbus et peut provoquer des orages. Si les masses d’air sont d’origine océanique, il y a davantage de dépressions, les orages se forment dans le front froid et passent plus vite sur nos régions.

Ces derniers jours marqués par de faibles variations de pression atmosphérique, donc peu de vent, les orages qui se sont autoalimentés en pompant l’humidité de l’air se sont déplacés lentement et ont lâché de grandes quantités d’eau au même endroit.

Plus fréquents ?

Il est probable que les orages devraient devenir plus nombreux sous l’effet du réchauffement du climat, poursuit Doutreloup. Une chaleur plus importante charge l’air en humidité, créant ainsi des conditions plus propices à la création d’orages. L’instabilité dans l’atmosphère pourrait être alimentée par de plus nombreuses situations de « marais barométrique » telle que celle que nous connaissons depuis plus de deux décades.

Le réchauffement important de la région arctique réduit la différence de température entre le pôle Nord et l’Equateur. Ce rapprochement aurait pour effet d’intensifier l’oscillation des courants de haute altitude (jet-stream) et de les affaiblir. Cela favoriserait des situations de stagnation sur nos régions. Des situations de sécheresse comme celle de l’an dernier, ou des situations de marais barométrique comme nous en connaissons aujourd’hui. Dans ce cas, la stagnation cause de l’instabilité. Qui dit instabilité combinée à de la chaleur et de l’humidité, dit orage… Une série de constats et de projections qui doivent être encore affinés et validés. Mais cette année pourrait en être un bel exemple.

Traqués par un réseau de semi-amateurs disposant d’antennes rudimentaire dans leur maison, les impacts de foudres sont des phénomènes électromagnétiques détectables dans les basses ondes (0 à 350 kHz). Grâce à une triangulation, les impacts sont repérés avec une précision d’une centaine de mètres. Et visibles en temps réels sur internet (www.lightningmaps.org).

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