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Le Groupe Verbist attaque le ministre Ducarme après que Veviba récupère son agrément

Dans une lettre publiée lundi la société accuse le ministre « d’attaques personnelles », et de « tumulte hystérique sans précédent ». Le ministre a riposté mardi matin.

Temps de lecture: 3 min

Le Groupe Verbist, actionnaire principal de l’entreprise de découpe de viande Veviba, a publié lundi une longue lettre dans laquelle il attaque durement le ministre fédéral de l’agriculture Denis Ducarme (MR). La société suspectée de fraude accuse le ministre d’avoir lancé « un tumulte hystérique sans précédent » à son encontre. « Les attaques personnelles dont je fais l’objet seront versées au dossier (judiciaire, NDLR) », réplique celui-ci.

L’atelier Veviba situé à Bastogne a récupéré le 31 mai dernier les agréments perdus à la suite du scandale qui avait éclaté début mars. « À la condition que dans le cadre de l’organisation et du management, le Groupe Verbist n’ait aucune autorité », précise Denis Ducarme.

Pour le Groupe Verbist, Veviba n’en aurait pas moins jamais dû perdre ses agréments : l’entreprise affirme ne jamais avoir vendu de la viande qui n’était pas destinée à la consommation humaine, manipulé des données ou recongelé des marchandises expirées, comme on le lui reproche notamment. « Les agréments de toutes les autres sociétés dont le groupe Verbist est actionnaire n’ont jamais été retirés », relève-t-il au surplus.

« La façon dont on a agi à l’encontre de Veviba et la façon dont le ministre de tutelle de l’Afsca (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire, NDLR), le ministre Ducarme, a lancé un tumulte hystérique contre Veviba, le Groupe Verbist, ses autres filiales et leur personnel est sans précédent », tacle-t-il.

Veviba a été contraint de détruire progressivement son stock commercial. « Lorsque le Groupe Verbist a suggéré que le stock dont il a été établi qu’il répondait aux normes pouvait être donné aux démunis, par exemple à la banque alimentaire, le ministre a préféré le faire détruire », déplore-t-il.

Réplique du ministre

« Le scandale fait suite à des perquisitions judiciaires à Bastogne. Il est question de faits de fraude extrêmement graves », répond M. Ducarme. « Sur 200 palettes contrôlées, 138 étaient non conformes. »

« Je suis d’une précaution absolue », convient-il, alors que l’État belge s’est porté partie civile dans le dossier judiciaire en cours.

« Le scandale Veviba n’est pas un mirage et Verbist n’est pas Blanche-Neige », a encore riposté mardi matin Denis Ducarme. «  Lors des perquisitions menées le 28 février dernier chez Veviba, près de 70 % des palettes étaient non conformes, soit 138 palettes sur 200. On y a découvert des dates de congélation postérieures à la date de la perquisition ainsi que des produits sans étiquetage et donc sans traçabilité. Des déchets de catégorie 3 (à savoir des morceaux de viande impropres à la consommation humaine) ont également été retrouvés dans des bacs de viande destinée à la consommation humaine. Voilà les faits », a souligné le ministre.

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3 Commentaires

  • Posté par Fuld Daniel, mardi 12 juin 2018, 19:49

    Ce sera à la justice de déterminer les responsabilités des uns et des autres. Le fait que Verbist récupère ses licences m'interpelle… J'ose espérer que le politique n'a pas agi avec légèreté dans ce dossier. Si c'est le cas, la note pourrait être très lourde pour l'Etat !

  • Posté par marc dujardin, mardi 12 juin 2018, 10:27

    Il faut dire que après la dioxine, les œufs contaminés, la viande impropre à la consommation, il y en a un peu marre du laxisme flamand !

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