Guy Rapaille, président du Comité R: «La Belgique doit craindre l’ingérence russe»

d-20120214-W68Z9A

Alors que l’espionnage est globalement en croissance en Belgique, que les services de renseignement turcs, marocains, rwandais (et récemment espagnols dans le dossier Puigdemont) sont de plus en plus actifs sur notre territoire, le président du Comité permanent de contrôle des services de renseignement, Guy Rapaille, met en garde contre les ingérences étrangères dans notre pays. En particulier, la Belgique peut craindre l’ingérence d’un pays comme la Russie sur les formations politiques et éventuellement sur l’un des scrutins à venir. « Je peux penser effectivement que les Russes pourraient être actifs d’une manière ou d’une autre, dit-il au Soir et à Knack. Ce n’est pas à exclure. On voit que cela s’est passé ainsi à l’étranger. Je vais le dire de manière claire : la Russie a parfois des contacts avec des partis d’extrême droite. Est-ce qu’en Belgique la même chose se produit ? Je ne vais pas répondre à la question. Il y a eu en France des relations un peu troubles avec le Front National, on pourrait imaginer qu’en Belgique aussi. Mais évidemment les partis d’extrême droite n’ont pas chez nous l’importance qu’ils ont dans d’autres pays. »

Face à ces risques d’ingérence, Guy Rapaille dresse le portrait de services de renseignement belges dont les effectifs ne sont pas assez étoffés (tant le personnel du SGRS que la Sûreté pourraient être augmentés de… 50 %) et d’une Sûreté qui, contrainte par le développement du terrorisme, n’a pas eu les moyens de protéger le potentiel scientifique et économique du pays. « Il y a aujourd’hui une prise de conscience des services belges », se réjouit Guy Rapaille, mais elle est malheureusement « due à des actions entreprises par certaines sociétés ou certaines personnes, souvent originaires de (Russie et de Chine).  Ce n’est pas une constatation uniquement belge, elle est européenne. Les services français ont attiré l’attention des autorités françaises sur les problèmes posés par des entreprises chinoises qui prennent des participations, voire davantage, dans des entreprises françaises. La même analyse est faite du côté allemand. Que vont faire nos services belges ? »

Alors qu’il prend sa retraite, Guy Rapaille souligne la crise persistante au sein du renseignement militaire SGRS, et la menace que représentent des agents de renseignement étrangers opérant sous couverture de diplomate ou de journaliste.

 
 
À la Une du Soir.be
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous