Le Bota Solar, un bâtiment emblématique

La nouvelle structure sera déposée par le dessus, ce qui permettra au locataire de rester présent durant les travaux.
La nouvelle structure sera déposée par le dessus, ce qui permettra au locataire de rester présent durant les travaux. - D.R.

Cet immeuble trois façades en béton architectonique, peu visible bien que situé stratégiquement au cœur de Bruxelles, à l’angle de la rue Neuve et du boulevard Adolphe Max, ne passera bientôt plus inaperçu. Immo Stephano, son propriétaire et maître d’ouvrage, a décidé de lui redonner une forte identité architecturale. Féru du développement durable, il a souhaité investir dans un bâtiment qui sorte du lot et qui s’inscrit dans les objectifs fixés par la Cop 21.

Début 2016, un concours restreint entre plusieurs bureaux d’architectes belges et internationaux est lancé. C’est le projet de Sunsoak design et de Ney & Partners qui est retenu. « Nous avons choisi de nous associer pour devenir ensemble maîtres d’œuvre », explique Jean-Didier Steenackers, architecte, fondateur de Sunsoak design. Une structure solaire impressionnante composée de deux portiques métalliques blancs portera 800 m2 de verres solaires translucides sur des haubans donnant à la voile de verre une courbure légère. La technologie photovoltaïque fabriquée sur mesure pour le projet est une originalité.

Passionné de technologies durables, spécialiste en technologies solaires et éoliennes, Jean-Didier Steenackers souligne : « Ce qui est intéressant et que personne ne sait, c’est que cette technologie est vraiment belge. Des industriels belges en façade solaire sont fournisseurs de grands projets comme à Paris, le tribunal de grande instance réalisé par Renzo Piano, une tour de 160 m de haut. Ces technologies de verres photovoltaïques architecturaux sont un des points forts de notre industrie où ils sont fabriqués à dimensions et mis en place par une équipe de designers et d’installateurs hyperspécialisés qui viennent sur site. En Belgique, nous avons des entreprises verrières solaires extrêmement performantes. »

« Avec cette façade principale qui fait face à la place Rogier mais est située au nord, nous sommes les seuls architectes en lice à avoir proposé de voir la structure du dessous. Celle-ci est possible vu que ce voile photovoltaïque est suspendu et soutenu par des haubans, des profilés métalliques souples. C’est cela qui donne de la légèreté à l’ensemble », explique-t-il. La nouvelle structure sera déposée par le dessus. Elle viendra s’appuyer sur les colonnes du bâtiment de façon verticale. Les travaux de génie civil seront réalisés en permettant au locataire, en l’occurrence Bruxelles-Formation, de rester présent. « Nous espérons que les travaux puissent commencer cet automne », ajoute Jean-Didier Steenackers. Sous la structure solaire sera intégré un parc urbain en altitude au dernier étage de toiture. Un dialogue sera par ailleurs établi entre la structure sur le toit et un large auvent surplombant 2.200 m2 de retail situé au rez-de-chaussée.

Le photovoltaïque convient à la ville

Ce type de structure photovoltaïque architecturale située sur le toit d’un bâtiment a-il de l’avenir dans une ville comme Bruxelles ? Le jeune architecte le pense. « Au départ, le propriétaire voulait installer du photovoltaïque et de l’éolien sur son toit. Pour installer les panneaux solaires, nous avons proposé une forme courbe pour pouvoir bénéficier au maximum des rayons du soleil. La centrale solaire architecturale couvrira quelque 30 % des besoins en électricité du bâtiment. » Pour lui, le solaire est une technologie très adaptée à l’urbain, particulièrement pour obtenir de grandes puissances. Ce n’est pas encore totalement le cas pour l’éolien. Reste à dessiner une telle structure comme un authentique objet d’urbanisme, et à soigner chaque détail pour en optimiser le fonctionnement et l’intégration dans la ville.

 
 
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