«Coup de génie», «lente et rigide»: la presse internationale partagée par la performance des Diables au Mondial

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Si la presse internationale s’accorde pour dire que les Diables ont réussi leur entrée au Mondial, elle n’est pas pour autant convaincue par leur performance. « La Belgique est devenue la première favorite de la Coupe du monde à dominer réellement dans un match, face aux échecs de l’Allemagne, du Brésil et de l’Argentine. Cette génération de talent a déjà prouvé qu’elle pouvait aller loin dans plusieurs tournois majeurs récents. Le Panama n’était pas le défi le plus difficile, mais les signes présents laissent penser que cette année pourrait être la leur  », écrit le New York Times, qui qualifie les Diables de « poids lourd  » du Mondial.

De son côté, le Washington Post montre un peu plus de réserve. « Cela a pris un peu de temps mais la Belgique s’est finalement montrée comme une favorite de la Coupe du monde comme nous pensions tous ».

Le Soir écrivait déjà ce lundi soir que « la prestation d’ensemble s’est révélée nettement en dessous de la moyenne habituelle ». Les prestations de certains joueurs ont déçu. « Seul, en réalité, Courtois s’est montré à la hauteur de son talent et de sa vigilance (un arrêt décisif à 1-0 en face-à-face avec Murillo) durant l’ensemble de la rencontre. Ce qui n’est jamais bon signe à l’évaluation d’une équipe, même lorsqu’elle a planté trois buts à l’adversaire avec un taux de possession de 60 % ».

La presse espagnole salue la performance

La presse espagnole a elle aussi salué la performance des Diables. «  Même si ce match ne peut pas servir de référence, la Belgique a montré assez de puissance et d’énergie pour rester longtemps dans la compétition », écrit le quotidien El Pais.

Le « gros » s’est imposé

Le Monde semble tout aussi partagé : s’il remarque que les Diables « ne sont pas tombés dans le piège du premier match  », il note néanmoins qu’ils « n’ont pas non plus impressionné  ». Mais la victoire des matchs reste une victoire : « à l’arrivée, le ‘gros’ s’est imposé : une logique presque exceptionnelle dans ce Mondial  ».

L’Equipe écrit : « À défaut de se montrer convaincante, la Belgique a réussi son entrée en lice à la Coupe du monde  » mais salue « le coup de génie de Mertens  ».

Les Belges n’ont pas brillé

Echo similaire du côté de la presse allemande. Le Bild estime que les Belges n’ont pas brillé mais ont fait honneur à leur rôle de favori du groupe G. De Welt note que les Diables ont eu bien plus difficile que prévu.

La presse anglaise n’a pas été tendre

Mais qu’en ont pensé les Anglais, les adversaires les plus sérieux des Diables dans le groupe G, qui compte, outre le Panama, également la Tunisie ? « Le Panama a résisté pendant un temps, s’est même battu, mais a fini par succomber », écrit le Guardian, qui note que la victoire de la Belgique était prévisible. « Malgré son enthousiasme, le Panama n’avait pas grand-chose à offrir et ne posera probablement aucun problème à Gareth Southgate (le sélectionneur britannique, ndlr)  ».

Ce qu’il faut retenir pour le Guardian ? « La volée magnifique  » de Mertens. « Si le match nul de l’Islande avait donné de l’espoir au Panama, Bolillo (sélection du Panam, ndlr) avait rapidement mis en évidence les différences. En résumé : la Belgique est meilleure que l’Argentine et l’Islande est meilleure que le Panama. L’espoir est cependant éternel. (…) Au final, l’écart était trop important et l’espoir a été rattrapé par la réalité ».

Si le tabloïd The Sun note la « volée sublime  » de Mertens, il estime néanmoins que les Belges n’étaient à pas à leur meilleur niveau, surtout dans la première mi-temps.

L’autre tabloid célèbre, le Daily Mail, salue «  trois buts splendides  », mais regrette « un long chemin jonché d’arrêts, de fautes agaçantes et de huit cartons jaunes ».

The Independent, lui, tacle aussi bien la stratégie de Roberto Martinez que la performance des Diables : « Hazard dont l’esprit était ailleurs  », « De Bruyne loin d’être aussi efficace qu’à ManCity  », « Carrasco qui n’a pas l’air d’être à sa place  ». « Le football était lent et conservateur, loin en dessous de ce que cette équipe belge devrait être capable de produire avec les joueurs de qualité à sa disposition. Martinez a été chassé d’Everton pour avoir joué un football monotone qui n’a pas donné de résultats, le danger est que l’histoire se répète ici  ».

Et le journal ne s’arrête pas là : « Les tests les plus sévères sont encore à venir pour la Belgique. (…) Son récent match contre le Portugal et sa défaite 2-0 face à l’Espagne en 2016 démontrent que cette équipe doit encore nettement s’améliorer quand il s’agit d’un adversaire du même acabit  ».

L’analyse du Telegraph n’est guère plus positive puisqu’il estime que la performance des Diables était « rigide et sans esprit  ».

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