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Guillermo Guiz chronique le Mondial: Cristiano, l’indétestable

L’humoriste chronique la Coupe du monde pour « Le Soir ». Ah ce Cristiano Ronaldo ! Tant d’effort pour le détester. A croire qu’il fait exprès d’être si parfait.

Chronique - Temps de lecture: 3 min

Et de quatre. Sale temps pour les « haters ». Cristiano Ronaldo est compliqué à détester. J’essaie. De toutes mes forces. Et depuis longtemps. Parce que depuis gamin, je suis pro-Barça et par extension pro-Messi, pro-Iniesta, pro-humain. Mais c’est une torture d’être anti-Cristiano.

« C’est ce genre de mec, Cristiano »

Jamais tu ne trouves la paix. Ronaldo, c’est le mec qui couche avec la fille dont tu as toujours rêvé. Et tu pleures. Puis qui se présente aux élections. Et qui devient Premier ministre. Puis Secrétaire général de l’ONU. Là, tu te dis que c’est bon, il va se calmer, personne ne peut avoir autant de succès tout le temps, partout, à un moment ça faiblit, ça décroît. Mais non. Il devient Prix Nobel de la Paix. Et pour fêter la remise du prix, il couche avec ta mère. C’est ce genre de mec, Cristiano. Tu penses à sa manière de jouer, à son absence totale de pitié devant un but et tu penses à ta maman. Et tu pleures. Parce qu’il ne lâchera rien, non, il ne lâche jamais rien. Alors tu te rabats sur l’extra-sportif, tu te dis qu’il a fraudé le fisc espagnol et que c’est une ordure. Mais là tu réalises que le seul joueur moderne qui n’a pas fraudé le fisc, c’est Rudi Smidts. Et ce n’est même pas un joueur moderne. C’est dur. Tu te décourages. Mais au fond de toi, tu préfères vraiment regarder Messi jouer, tu es triste de voir décliner Messi. Alors tu t’accroches à la dernière branche du saule, la branche finale, le plan ultime anti-Cristiano, tu te dis « ok, il a peut-être tout maintenant, il est beau, il est musclé, il est bronzé, il va peut-être gagner la Coupe du monde tout seul, choper un sixième Ballon d’Or, puis un septième, et marquer et marquer et épouser ma mère, et encore marquer puis encore marquer, eh bien, un jour, tout Cristiano qu’il soit, il faudra bien qu’il meure, comme tout le monde ! »

La perfection aggaçante

Oui. Sauf que Cristiano, il s’entretient tellement qu’il va mourir à 162 ans, cent ans après toi et cinq ans après l’arrêt de sa carrière. Il va mourir bien après toi, oh oui, parce qu’à 33 ans, il est en meilleure santé que toi quand tu en avais onze. Et tu pleures. Et tu as beau dire dans un tweet électrique que « c’est un robot, faut pas lui faire un contrôle anti-dopage, faut lui faire un contrôle anti-rouille », que «  l’intelligence artificielle nous a déjà volé nos caissières et nos banquiers, maintenant elle nous vole nos centre-avants », tu as beau dire à tes amis « c’est pas possible, ce type, c’est pas possible, et je préfère Messi, je préfère tellement Messi, Messi c’est un grand buteur ET un grand passeur », Cristiano, il continuera à marquer. Et un jour, peut-être, tu finiras par être content pour lui. Et tu seras apaisé.

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