L’avocat du meurtrier de Louise s’exprime: «Je suis abasourdi que ce suicide ait pu aboutir»

©D.R.
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Me François Dessy, l’avocat de Patrick Vanderlinden, vient de réagir suite au décès de son client, détenu à Lantin pour l’homicide d’une étudiante française. Le corps sans vie du quinquagénaire a été retrouvé ce matin, alors que son codétenu avait été libéré peu avant, le laissant seul dans sa cellule. Le parquet a rapidement émis la thèse du suicide, qui n’a pas été infirmée suite au passage du médecin légiste.

« Je l’ai encore vu il y a quelques jours et rien de cela ne transparaissait  », confie Me Dessy. Son client avait cependant déjà émis une envie d’en finir avec la vie, mais quelques jours après son arrestation. « C’est quelqu’un qui s’exprimait peu, qui restait fort introverti, mais qui a émis des remords à plusieurs reprises  », ajoute l’avocat.

C’est le dimanche 8 octobre dernier, en fin d’après-midi, que Patrick Vanderlinden, Liégeois de 54 ans, avait poignardé sa voisine de 22 ans, étudiante à l’ULg en médecine vétérinaire. Condamné en 2003 puis en 2006 pour des faits de mœurs en milieu intrafamilial, le quinquagénaire, en aveux sur l’homicide, avait évoqué une « pulsion ». A la suite des faits de mœurs, il avait fait l’objet d’un suivi psychologique qui s’était terminé par un avis favorable. Mais cinq mois avant les faits, alors que le suivi psy était fini, Patrick Vanderlinden avait été victime d’un AVC qui aurait modifié son comportement et l’aurait mené vers la rechute.

Le risque de représailles

De source bien informée, il nous revient que Patrick Vanderlinden ne quittait jamais sa cellule. Au début, c’était par souci de sécurité, le risque de représailles étant grand vu la médiatisation de ce dossier. Mais il avait fini par se replier de plus en plus sur lui-même, préférant finalement ne pas quitter « ses » quatre murs, quitte à se priver des sorties au préau. Il ne refusait cependant pas les visites, et il aurait d’ailleurs été prévu que sa fille vienne le voir tout prochainement.

« Je suis abasourdi que ce suicide ait pu aboutir, car cela pose la question de la sécurisation des prisons dans un régime moderne comme le nôtre  », relève Me Dessy. « On nous parle de son codétenu qui était parti, mais ce n’était pas à ce dernier à veiller à ce que Patrick Vanderlinden ne porte pas atteinte à sa vie ! ». Les prisons ont entamé, ce samedi, leur 5ème jour de grève avec un taux de présence, à 6h du matin au sein du personnel pénitentiaire en Wallonie, de 65,23 % des gardiens.

La mort du quinquagénaire va priver les proches de Louise Lavergne d’un procès d’assises : « un procès peut mettre des mots sur les larmes, dire la douleur, exprimer les doutes et les questions, renchérit l’avocat. Un procès s’attache à l’élucidation du pourquoi et du comment… Mes pensées vont vers la famille endeuillée de la partie civile, qui s’en voit privée. Elles vont aussi aux proches de mon client, dont sa fille, et aux gardiens de prison, confrontés à de lourdes responsabilités et tiraillés entre leurs difficultés financières et la gestion pénitentiaire ».

 
 
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