Avec Studeo, le logement étudiant devient cinq étoiles

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Dans une ancienne menuiserie d’Ixelles, Roose et Partners ont dessiné une résidence pour étudiants de 99 unités articulées autour d’un jardin intérieur.
Dans une ancienne menuiserie d’Ixelles, Roose et Partners ont dessiné une résidence pour étudiants de 99 unités articulées autour d’un jardin intérieur. - D.R.

Quand on pénètre dans la résidence pour étudiants Studeo à Ixelles, on a du mal à croire qu’elle a remplacé une ancienne menuiserie qui s’étalait sous un hangar de 2.000 m2.

Le nouvel espace s’ouvre sur une réception des plus accueillantes. Le billard qui trône au milieu de la pièce s’accommode à merveille avec les fauteuils en cuir et le bois de récupération qui décore certains murs. On note un distributeur de boissons et des salles de réunion, elles aussi aménagées avec goût.

Une fois passé ce premier stade, une énorme baie vitrée donne accès au jardin collectif aménagé en intérieur d’îlot. De part et d’autre de celui-ci, où les arbres doivent encore pousser pour former l’écran végétal souhaité, les 99 logements pour étudiants (dont 9 duplex) s’étalent sur deux étages.

On accède à la partie supérieure par des coursives extérieures en béton préfabriqué via des escaliers aux garde-corps galvanisés. Au centre du jardin, un local d’études a été judicieusement planté dans le sol pour procurer aux étudiants l’impression d’une immersion en pleine nature.

Grâce à la structure des bâtiments qui se déploie en serpentin le long des 70 mètres du terrain, l’étirement des lieux a ainsi été effacé, pour le plus grand bonheur des locataires qui bénéficient d’une intimité renforcée.

La réalisation est l’œuvre du bureau d’architectes bruxellois Roose Partners. Dans cette rue paisible située à quelques encablures du campus de l’ULB, il a réussi à agencer un chapelet de chambres tout en respectant la tranquillité des lieux. « L’ancienne menuiserie a été entièrement démolie, à l’exception du bâtiment en “L” de l’entrée qui abritait les bureaux et l’entrepôt de la menuiserie, expose Gilles Duchenne, l’un des trois administrateurs de Roose Partners. Le chantier a duré 14 mois. Le budget des travaux s’élève à 5,8 millions d’euros. »

Le nom Studeo est à la fois celui qui a été donné à la résidence et celui du maître d’ouvrage, à savoir la société familiale dirigée par Diego Smets dont l’activité est de développer et d’opérer des logements pour étudiants.

Une première résidence a été construite il y a quatre ans, toujours dans ce même quartier d’Ixelles. Une troisième est prévue sur le trottoir d’en face. Un permis pour 70 logements a été déposé et serait en bonne voie. « Studeo est un des nombreux acteurs spécialisé dans le logement étudiant sur Bruxelles, explique Gilles Duchenne. Il y a quelques années, la capitale enregistrait un déficit de 7.000 chambres. Aujourd’hui, il est en train d’être petit à petit résorbé. »

Ouverte en septembre 2017, la résidence a très vite rempli ses 99 chambres. « Et nous avons déjà signé avec la moitié de nos locataires pour la rentrée de septembre, sourit Adeline Westerling, la gestionnaire des lieux présente sur place du lundi au vendredi. Nos étudiants, qui sont âgés entre 18 et 25 ans, sont principalement issus du programme Erasmus. Il en vient du monde entier car nous recensons entre 20 et 30 nationalités différentes. Mais nous avons aussi des Belges. Les locations s’étalent sur trois périodes : 5, 10 ou 12 mois, cette dernière catégorie étant la plus courante. »

En termes de prix, la résidence se situe dans la fourchette « haute » du marché. « L’appartement le moins cher démarre à 600 euros par mois pour une location à l’année, explique notre interlocutrice. Il s’agit d’un appartement 1 chambre de 19 m2 mais toutes les charges sont comprises, c’est-à-dire wi-fi, eau et électricité. Tous nos appartements sont équipés d’une kitchenette et d’une salle de bains. Si on loue par semestre, le loyer le moins cher est de 760 euros mensuels. »

Il existe diverses typologies de logements qui vont de 19 à 50 m2. Cette dernière surface est celle des duplex prévus pour deux étudiants puisqu’il dispose de deux chambres. Le loyer le plus cher est de 1.290 euros/mois pour une location à l’année. « Ces prix ne sont pas donnés mais ce genre de logements répond à une forte demande sur Bruxelles, intervient Gilles Duchenne. Beaucoup d’étudiants sont de passage dans notre capitale pour quelques mois seulement. Par ailleurs, la commune d’Ixelles est demandeuse de ce genre de projets qui comprennent au minimum une centaine de chambres. Ce sont les plus rentables. »

Outre Adeline Westerling, Studeo emploie également un jardinier, trois veilleurs de nuit qui se relaient pour assurer une présence 7 jours sur 7 pendant la nuit (jusqu’à 2 heures du matin), ainsi qu’une équipe de nettoyage pour l’entretien des communs (qui peut également être réquisitionnée, contre paiement, pour le nettoyage des chambres).

La gestionnaire des lieux veille aussi à animer la joyeuse communauté d’étudiants des deux résidences. « À chaque arrivée et à chaque départ, j’organise une grande soirée avec food truck et DJ, dit-elle ainsi. Sinon, je prévois en général un événement par mois. Cela peut être un tournoi de kicker ou de billard, des soirées foot à la télé et une soirée films d’horreur comme celle qui a été mise sur pied pour Halloween. »

Avec le Mondial en Russie qui carbure à plein régime, le patio de Studeo ne manque pas d’ambiance les jours de matches des Diables rouges et des autres équipes. Et puisque le lieu est équipé de panneaux acoustiques au plafond, les cordes vocales peuvent s’en donner à cœur joie…

À kôté de

Par Paolo Leonardi

© D.R.

Parmi les nombreux projets de logements étudiants qui pullulent dans la capitale, celui intitulé avec beaucoup d’à-propos « À kôté de », à deux pas de l’hôpital Erasme à Anderlecht, n’échappe pas à la règle très en vogue de la création d’une « communauté ». « Il faut que le locataire devienne le roi dans son habitation, n’hésite pas à clamer Paul Van Butsele de chez Bluestone Invest. Cela rend le produit très attirant pour les investisseurs puisque la rotation en matière de location est moins forte. » Achevée le 24 août 2017, le bâtiment n’a pas mis longtemps à afficher un taux de locations record. « Cinq mois plus tard, tout était loué !, jubile Paul Van Butsele. Le projet se compose de 214 unités, 150 kots avec douche et W-C séparés et 64 studios avec des surfaces oscillant de 38 à 70 m2. »

Le promoteur est en train de revendre les unités à la pièce. Et, selon ses dires, ils partent comme des petits pains. « 130 ont déjà été vendus, dit-il à ce sujet. On peut déjà trouver un logement à partir de 80.000 euros, hors frais. À Bruxelles, la demande en petits logements abordables est très forte. »

Bluestone Invest compte bien surfer sur la vague du logement étudiant. Il a acquis un terrain d’un hectare, toujours à Anderlecht, où sont prévus 160 logements, studios et appartements. Les travaux devraient démarrer dans un an et demi.

Le bâtiment W, un écrin neuf pour 2019

Par Paolo Leonardi

© D.R.

Les auditoires d’université connaissent, eux aussi, un certain entrain au niveau immobilier.

Ainsi, la première pierre du futur bâtiment W a été posée sur le campus Erasme de l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Il abritera dès la rentrée 2019-2020 les étudiants des facultés

de Médecine, des Sciences de la motricité et de l’École de Santé publique.

Dessiné par Art & Build, il comprendra 4 auditoires, un foyer de 700 m2, des vestiaires, un espace catering, des espaces sanitaires et des locaux techniques. Le tout sur 4 niveaux,

pour une superficie totale de 5.000 m2.

Ce bâtiment est une nécessité pour l’ULB qui ne dispose pas d’assez d’auditoires et de capacité suffisante.

L’«Ommegang», le nouveau bâtiment «multifonctions» de l’Université Saint-Louis

Par Brigitte De Wolf

Pierre Jadoul, recteur de l’Université Saint-Louis-Bruxelles et le bâtiment l’Ommegang.
Pierre Jadoul, recteur de l’Université Saint-Louis-Bruxelles et le bâtiment l’Ommegang. - Benjamin Brolet.

entretien

Le 4 mai dernier, la ministre du Logement, Céline Fremault, inaugurait un nouvel immeuble de l’Université Saint-Louis-Bruxelles. Celui-ci accueille 143 logements étudiants (dont 2 réservés aux personnes à mobilité réduite) et un auditoire de 661 places. Dès la rentrée de septembre 2018, un espace réservé à la bibliothèque, aux locaux de cours et des séminaires, aux locaux administratifs ainsi qu’une salle polyvalente viendront le compléter.

Des logements étudiants se construisent un peu partout dans notre pays et peut-être surtout à Bruxelles. Pourquoi une telle marque d’intérêt ? C’est ce que nous avons demandé à Pierre Jadoul, recteur de l’Université Saint-Louis Bruxelles.

Pourquoi l’Université Saint-Louis Bruxelles a-t-elle participé à la construction de nouveaux logements d’étudiants ?

Le point de départ, c’est le constat d’une croissance exponentielle de l’université essentiellement depuis le début du XXIe siècle. L’université Saint-Louis Bruxelles est de loin l’établissement qui s’est le plus développé en termes de population étudiante même si elle est une université de taille relativement réduite.

Comment expliquez-vous cette situation ?

J’ai la faiblesse de croire que c’est parce que nous remplissons bien notre mission. Je le dis d’autant plus volontiers que je ne suis directeur que depuis cinq ans. Je n’ai pas à m’attribuer les mérites de cette croissance. Mais il y a une vraie qualité de nos formations. De plus, il y a un deuxième facteur explicatif, c’est la massification de l’accès à l’enseignement supérieur qui est encore plus forte à Bruxelles que dans d’autres régions de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Trois indicateurs significatifs : la population étudiante a triplé (1.314 étudiants en 2000 et aujourd’hui, près de 4.000 (3.986 exactement), les membres de notre personnel ont augmenté (120,7 équivalents temps plein en 2000, 230 en 2017) enfin, les contrats de recherche sur fonds extérieurs ont été multipliés par cinq au cours de cette même période. Nous sommes passés de 9 équivalents temps plein à 41,4 équivalents temps plein et les budgets ont évolué de 750.000 euros à plus de 4 millions aujourd’hui. Je me plais toutefois à souligner que, sur la même période, le financement par étudiant a diminué de 22,9 % (1997-98 à 2014-15).

Croître c’est bien mais il faut aussi gérer cette croissance ?

Effectivement. C’est ce qui m’amène à aborder le volet bâtiments et infrastructures. Nous étions un peu à l’étroit. En 2010, nous avons construit un bâtiment de 5.000 m2, ce qui nous a permis de disposer de 20.000 m2. Ce n’était pas suffisant. Nous avons dressé un certain nombre de constats : un besoin d’espaces en raison de la croissance de toutes les composantes de l’université, l’hétérogénéité des besoins, une volonté de ne pas disséminer les activités de l’université, enfin, les opportunités peu nombreuses existant dans le quartier. Via un emprunt, nous avons acheté, fin décembre 2014, l’Ommegang, un bâtiment qui appartenait à Belfius et qui était vide. Avec l’aide de l’architecte Philippe Verdussen d’Archi 2000, nous l’avons transformé et aménagé. Aujourd’hui, il accueille 5.406 m2 de logements étudiants, ainsi que 9.203 m2 de bureaux, bibliothèque, salle polyvalente.

Pour financer ces logements, quelle formule avez-vous choisie ?

Nous avons procédé à une opération un peu particulière pour le volet « kots » d’étudiants. Le bâtiment possède deux sous-sols et quatre étages qui sont restés la propriété de l’université. Les étages 5, 6 et 7 ont été revendus à un opérateur de logements d’étudiants externe, Quares. Nous n’avions pas la capacité au niveau du service logement de nous occuper de l’aménagement de ces locaux.

Pouvez-nous nous donner une idée du budget ?

Nous avons acheté le bâtiment pour environ 21,5 millions avec un budget de travaux estimé à 5 millions de travaux. Quares a financé les étages 5, 6, 7 avec un budget légèrement inférieur à 4 millions d’euros.

Université Saint-Louis/Quares : un montage original

Par BDW

L’université loue les logements aux étudiants aux conditions où elle les loue à Quares.
L’université loue les logements aux étudiants aux conditions où elle les loue à Quares. - Le Soir.

Après avoir analysé quatre dossiers, l’université de Saint-Louis-Bruxelles a choisi Quares comme partenaire dans ses projets immobiliers. Par cette opération, Quares entend renfoncer sa stratégie d’investissement dans les logements pour étudiants et montrer sa volonté d’investir dans un nouveau projet. « Nous entendons proposer des logements d’étudiants de qualité à des prix abordables. Nous sommes présents à Anvers, à Bruxelles et à Liège », précise Herman Du Bois, partner chez Quares. Quares Student Housing a l’ambition de développer son portefeuille pour atteindre dans les prochaines années 2.000 chambres d’étudiants et starterflats.

Le contrat conclu avec l’université de Saint-Louis-Bruxelles était assorti d’une série de conditions : une condition suspensive d’obtention des permis, une interdiction pour Quares de revente des « kots » à la découpe, un droit de préemption prévoyant une possibilité de rachat dans vingt ans des étages 5/6/7 à des conditions fixées dans l’acte de vente. De son côté, Quares pourra amortir financièrement le coût d’aménagement dans la durée. Parallèlement, elle permet à l’université bruxellois de se ménager une porte de sortie ou d’extension si le besoin s’en faisait sentir dans vingt ans. L’avenir est imprévisible !

Quares a acheté les étages 5,6,7 et a aménagé 141 logements d’étudiants ainsi que 2 kots pour personnes à mobilité réduite au niveau du rez-de chaussée. Deux entrées séparées ont été réalisées. « Il y a clairement une volonté de séparer horizontalement et verticalement les espaces pour éviter que certains étudiants ne se baladent en pyjama dans les locaux de cours et que d’autres n’aillent se balader dans les kots ! », relève P. Jadoul.

Le montage prévoit également la prise en location de la totalité des kots par l’université. Celle-ci est locataire principal de l’ensemble des logements et assure la sous-location aux étudiants par le canal du service du logement. Une grille des loyers a été imposée : 60% des logements proposent des loyers de 350 euros, 20% des loyers peuvent monter jusque 450 euros, et les 20 restants peuvent être loués à 550 euros. « C’était je trouve la manière la plus sécure de nous assurer du respect de la politique des loyers. L’université ne se finance pas sur le compte des étudiants. Elle loue les logements aux étudiants aux conditions où elle les loue à Quares », ajoute P. Jadoul. La majorité des logements est occupée par des étudiants de Saint-Louis mais aussi des Erasmus qui sont inscrits pour un quadrimestre.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Sociétés d'entretien|Plante|Billard, snooker et pool
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