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Coupe du monde: un Angleterre-Belgique à qui perd gagne

Deuxième de son groupe derrière l’Angleterre sur base du critère du fair-play, la Belgique alignera une équipe de « coiffeurs ». Dans l’espoir, sans doute, d’hériter d’un tableau de rêve : le Japon en huitièmes et le vainqueur de Suède-Suisse en quarts. Impensable en début de Mondial !

De notre envoyé spécial - Temps de lecture: 4 min

Le moment tant attendu depuis le tirage au sort du 1er décembre au Kremlin… ne surviendra pas. Bien évidemment, la rencontre entre l’Angleterre et la Belgique reste programmée en clôture de la phase de poules (ce jeudi à 20h). Mais il n’y aura pas match, comme on dit. Du moins est-ce à craindre, tant l’intérêt des Diables paraît évident alors que de son côté, Gareth Southgate affirme mordicus que «  le maintien de la dynamique actuelle est plus important à ses yeux que toute forme de spéculation. Quitte, peut-être à tomber plus tôt dans le tournoi.  »

Un propos qui résume l’antagonisme existant entre une équipe en pleine construction et une autre qui n’aura plus trente-six occasions de prétendre à la consécration.

En restant confortablement calés en deuxième position – c’est-à-dire en prenant grand soin de… ne surtout pas gagner – les Belges opteraient sans doute plus volontairement que l’inverse (ne soyons pas naïfs), pour une partie de tableau nettement plus dégagée depuis l’élimination de l’Allemagne et la première place du Brésil dans son groupe E.

Cet hémisphère droit du panorama de la phase à élimination directe, serait même dépourvu du moindre épouvantail avant les demi-finales auxquelles l’Espagne et la Croatie paraissent pouvoir prétendre. Une formule qui, pour ne rien gâcher, accorderait à notre pays le bénéfice de pouvoir disputer – en cas de finale – la bagatelle de 3 matches sur 4 à Moscou. Pour le seul quart de finale potentiel qui ferait voyager la délégation belge à Samara, à 1.000 km de la capitale en direction de l’Est.

Le tristement célèbre Allemagne-Autriche…

Paradoxe des paradoxes, ce sommet entre l’Angleterre et la Belgique soudain dévalué par les événements, risque donc de se jouer au cinquième critère de départage à savoir le mal nommé… fair-play. Lors de l’élargissement de la phase finale à 32 équipes en 1998, la Fifa avait agi de bonne foi en édictant un règlement sur base de la nature même du sport : l’engagement et la recherche de la victoire. Pas un seul instant, l’instance du foot mondial n’avait imaginé que la loi se retournerait un jour contre son géniteur. Avec des équipes susceptibles d’utiliser une faille béante leur permettant d’abuser des avertissements en toute impunité pour… aggraver leur cas. Et choisir en quelque sorte leurs adversaires des huitièmes. Voire la partie du tableau qu’ils estiment la plus favorable.

Le monde à l’envers ! Aligner les « coiffeurs », censés être moins performants que les titulaires habituels, peut rapporter gros. L’Angleterre et la Belgique, sont parvenues à la même conclusion.

Mais laquelle, poussera-t-elle le cynisme jusqu’à son paroxysme ? Au risque de jouer avec le feu en voulant, par exemple, à tout prix éviter l’enchaînement possible Colombie-Brésil avant les demi-finales ? Au risque également, de concéder une élimination peu glorieuse en huitièmes, face à une nation comme le Japon et de subir de la sorte, le déshonneur absolu pour une génération dorée déjà sortie par la petite porte de l’Euro 2016, des œuvres du pays de Galles ?

Au risque, enfin, de brouiller l’image de l’équipe qui sera alignée ce soir et à travers elle, de tout le football belge pour des décennies. À l’instar du tristement célèbre Allemagne-Autriche de 1982 qui incarne encore aujourd’hui le comble de l’escroquerie footballistique ?

Autant de questions qui, ces jours-ci, divisent l’opinion aux quatre coins du royaume. Opposant, selon la religion de chacun, l’éthique, le pragmatisme et le cynisme par rapport aux réalités du sport business. Jouer sciemment à qui perd gagne est-il défendable selon les uns ou préférable selon les autres ? Même au coup de sifflet final, qui coïncidera avec l’attribution définitive de la position belge pour la suite du tournoi, le débat risque de ne pas être clos.

La seule manière pour qu’à l’avenir, il le soit définitivement, passera par une révision du règlement de la phase de groupe. En calquant les critères de qualification sur ceux de la Ligue des champions (les premiers de groupe bénéficient d’un statut protégé pour le tirage intégral des huitièmes), la Fifa réhabiliterait le principe sain de la méritocratie et confisquerait du même coup la calculette des épiciers du foot.

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2 Commentaires

  • Posté par christian Leroy, jeudi 28 juin 2018, 11:55

    Et les 5.000 supporters qui risquent de voir .... cette possible parodie de match? Ils en pensent quoi? Et leur portefeuille ... il en pense quoi? ;o)))) Il y a peut-être un Anglais qui va marquer contre son camp dans les arrêts de jeu? Ca vaut peut-être la peine de risquer un pari!!!

  • Posté par Lambert Paul, jeudi 28 juin 2018, 12:17

    exactement, ces 5.000 personnes ont payé combien ( de 500 à 2.000 € ) on parle donc de 2.500.000 à 10.000.000 € dépensé par des vrais supporters qui pour une grande majorité on fait des économies pour y aller, et l'équipe nationale quels que soient les enjeux doivent en priorité les respecter et en plus anglais ou belge en cas de match nul pourraient faire monter 2 remplaçants à la fin du match pour se prendre des cartes jaunes et ou rouges c'est fou comme on oublie le Pays de Galles .....

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