Ottignies-LLN ne veut plus du nucléaire en Belgique

© Bruno Dalimonte.
© Bruno Dalimonte.

Après Liège, Dison, Verviers et Visé en province de Liège, Ottignies-Louvain-la-Neuve est devenue, mardi soir, la première ville du Brabant wallon à voter une motion pour s’opposer au nucléaire en Belgique. L’occasion de demander au gouvernement fédéral de garantir la sortie du nucléaire en 2025 et, par mesure de précaution, de demander l’arrêt immédiat des deux réacteurs fissurés de Tihange 2 et de Doel 3.

Le vote de cette motion découle d’une interpellation citoyenne de Thierry Bourgeois à la fin du mois d’avril, qui portait sur l’impossibilité de l’application du plan d’urgence en cas d’accident nucléaire majeur. Un groupe de travail avait ainsi été mis en place afin d’arrêter un texte qui puisse faire l’unanimité des élus.

« Les débats furent cordiaux et constructifs, note Bénédicte Kaisin (OLLN 2.0), la cheffe de file de l’opposition libérale. Les éléments extrêmes ou ne relevant pas de la compétence du conseil communal ont été enlevés, tandis que des éléments nouveaux ont été ajoutés afin d’objectiver la motion qui était le pur produit du lobby antinucléaire. Mais les Écolos ont fini par désavouer leur négociateur, Hadelin de Beer de Laer, et décidé de reporter d’un mois leur projet de motion. »

C’est qu’un considérant n’était pas accepté : celui qui visait « les conclusions de l’Agence fédérale de contrôle nucléaire qui garantit la sécurité des installations nucléaires ». Voilà qui, pour certains, était de trop après l’accident de Fukushima…

Il ne reste plus que sept ans…

En conséquence de quoi, ce sont trois conseillers de la majorité qui ont dû refaire un texte : Philippe Delvaux pour Écolo, Monique Misenga pour le CDH (Avenir) et Fatou Coulibaly pour le PS. Pour tous, il est clair qu’on a encore sept ans pour respecter la loi de sortie du nucléaire : « Cependant, la prolongation de l’usage des réacteurs engendre des investissements inévitables et importants. L’option de prolongation n’est donc jamais qu’un report des coûts dans le temps, une dette pour les générations futures. Nous demandons donc de ne pas attendre pour travailler à la fermeture à l’horizon 2025 et que la Ville informe régulièrement les habitants où ils peuvent se renseigner concernant le plan de sécurité fédéral. »

Sur la question de la fermeture de deux centrales, l’opposition libérale estime qu’il s’agit là d’une compétence du parlement fédéral, « composé de personnes élues démocratiquement. Alors, bien que nous ne soyons pas plus pro-nucléaires que la majorité, nous nous abstiendrons sur cette motion afin de ne pas servir l’opposition électoraliste d’Écolo à un autre niveau de pouvoir. »

 
 
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