Azerigate: le Conseil de l’Europe exclut à vie 14 parlementaires, dont les Belges Destexhe et Goris

Alain Destexhe © Belga
Alain Destexhe © Belga

Le Conseil de l’Europe a décidé jeudi d’exclure « à vie » 14 anciens membres – dont les Belges Alain Destexhe et Stef Goris – de son Assemblée parlementaire, mis en cause dans un vaste scandale de corruption au profit de l’Azerbaïdjan, après des faits commis en 2013.

L’Assemblée reprochait à ces parlementaires, cités dans un rapport d’enquête sur des allégations de corruption, d’avoir enfreint le « code de conduite » de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE).

La commission du règlement de l’assemblée « a décidé qu’ils devraient être définitivement privés du droit d’accès aux locaux du Conseil de l’Europe et de l’Assemblée parlementaire », a indiqué le Conseil de l’Europe dans un communiqué. A l’avenir, ceux-ci ne seront plus autorisés à participer à aucune activité du Conseil, indique le texte de la résolution.

La décision, votée par les membres de l’APCE, s’appuie sur les conclusions d’une commission créée après les allégations de corruption révélées par une ONG allemande ESI.

Parmi les parlementaires épinglés figurent les Belges Alain Destexhe et Stef Goris, l’Italien Luca Volonte, l’Espagnol Agustin Conde, trois Azerbaïdjanais, un Slovène, un Finlandais, une Norvégienne, un Suédois et un Polonais.

S’y ajoutent Karin Strenz, une députée allemande de la CDU – parti de la chancelière Angela Merkel –, et un ancien député allemand, Eduard Lintner, de l’union sociale-chrétienne (CSU), allié bavarois de la CDU.

Caviar et tapis contre vote

Le scandale qui éclabousse le Conseil de l’Europe, parfois surnommé « Caviargate » par certains médias, remonte à janvier 2013. Il met en cause des membres ou ex-membres de l’APCE soupçonnés d’avoir été « achetés » par le gouvernement azerbaïdjanais, en échange de leur vote négatif contre un rapport (pourtant non contraignant) dénonçant la situation des prisonniers politiques en Azerbaïdjan.

Ce rapport, très critique, avait de fait été largement rejeté par les élus européens.

Certains parlementaires auraient reçu en échange de leur vote des avantages qui, selon une source proche de l’institution paneuropéenne, auraient consisté en caviar de la Mer Caspienne, tapis, ou nuits dans des hôtels de luxe.

En octobre, le président de l’APCE, l’Espagnol Pedro Agramunt, épinglé dans l’affaire du « Caviargate » et dans une rencontre controversée avec Bachar-al-Assad à Damas, avait fini par démissionner.

L’APCE, qui rassemble 324 parlementaires des 47 États membres du Conseil de l’Europe dont les 28 membres de l’UE, est réunie depuis lundi et jusqu’à vendredi à Strasbourg en session d’été.

À la Une du Soir.be
À découvrir sur Le Soir +
 
 
 

Vos réactions

Règles de bonne conduite / Un commentaire abusif? Alertez-nous

Le choix de la rédaction
  1. Jean-Pierre et Luc Dardenne

    Pourquoi les films des frères Dardenne sont faits pour Cannes

  2. Le 4 août 1981, Reagan convoqua la presse à la roseraie de la Maison-Blanche...

    Quand décolla le «reaganisme»

  3. Le retour de Farage au cœur de l’échiquier politique britannique souligne l’exaspération du peuple du Leave devant l’impasse du Brexit.

    Brexit: le retour de Nigel Farage ou le spectre de 2014

Chroniques
  • Élections 2019: Jan Jambon, le vegan patron boucher

    Jan Jambon, Premier ministre ? Mais c’est comme si on mettait un vegan à la tête d’une boucherie ! » Et voilà donc ce que twittait ce lundi un facétieux, suite à l’interview au Nieuwsblad où Jan Jambon annonçait sa détermination à devenir Premier ministre de la Belgique. L’idée avait bien été déjà balancée il y a quelques semaines en marge de l’annonce par Bart De Wever de sa candidature comme ministre-président de la Flandre. Le président de la N-VA avait alors poussé l’un de ses meilleurs ex-soldats au fédéral à faire un coming out : « Mais dis-le que tu es candidat à devenir Premier ministre ». Jan Jambon, un peu gêné, avait pouffé puis confirmé, tout le monde avait ri et on était passé à autre chose.

    Mais voilà, c’est de retour ! Et cette fois, de...

    Lire la suite

  • Notre-Dame: la générosité ne garantit pas l’indulgence

    Dans 500 ans – si la planète est toujours là –, les visiteurs de la nouvelle cathédrale de Notre-Dame de Paris s’interrogeront sur l’identité de cette gargouille et de cette guivre à tête humaine qui orneront peut-être la partie restaurée du bâtiment : « Mais qui sont ces gens ? » On leur répondra : les donateurs de l’époque. Lorsque Notre-Dame a brûlé, deux hommes, François Pinault et Bernard Arnault, ont cassé leur tirelire pour permettre à ce monument de reprendre le cours de sa longue vie et au peuple de...

    Lire la suite