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SOS Nicaragua!

Une série d’associations lancent un cri d’alarme à propos de la situation au Nicaragua, les violations des droits de l’homme. « SOS Nicaragua – Europe » nous livre cette « déclaration », un appel…

Temps de lecture: 5 min

Nous réclamons la justice, la liberté et la démocratie.

Depuis le 18 avril dernier, notre peuple est en train d’écrire une nouvelle page glorieuse de son histoire. Avec une mobilisation sociale large, diversifiée et auto-convoquée comme on n’en avait jamais vu auparavant, pour exiger la fin de la dictature Ortega et le rétablissement de la démocratie.

La communauté de Nicaraguayens vivant en Europe condamne les violations des droits de l’homme et du droit constitutionnel au Nicaragua par le gouvernement autocratique de Daniel Ortega et Rosario Murillo.

Nous exprimons notre soutien au mouvement de protestation sociale qui a émergé le 18 avril 2018, en réponse à la réforme unilatérale et non transparente de l’institut nicaraguayen de sécurité sociale (INSS) [1], qui s’est ajoutée à une série de maux sociaux accumulés depuis plusieurs années, et qui a provoqué l’indignation de la population et des manifestations pacifiques dans diverses régions du pays. Il est mené principalement par des étudiants universitaires sans affiliation politique.

Le gouvernement a répondu en réprimant violemment les manifestations pacifiques par les forces de choc, communément appelées « jeunesse sandiniste », en complicité avec la police nationale. De la même manière, il a censuré quatre chaînes de télévision pendant six jours. Cette situation a provoqué la transformation du mouvement de protestation dans tous les départements du pays. Partant du rejet de la réforme de l’INSS, que le gouvernement a déjà rétracté, le mouvement social exige justice face aux crimes commis et la démocratisation du pays, qui a subi les effets d’un autoritarisme croissant au cours de la dernière décennie.

Cela implique la restitution de l’Etat de droit et l’élimination de l’abus de pouvoir généralisé dans les institutions publiques du pays.

Le dialogue national qui a commencé le 16 mai entre les représentants du gouvernement et les différents secteurs de la population regroupés dans l’Alliance pour la justice et la démocratie (société civile, les mouvements étudiants, le secteur privé et de la paysannerie) avec la Conférence des évêques du Nicaragua en tant que médiateur, a été interrompu indéfiniment le 23 mai. Le gouvernement avait concentré ses demandes sur l’ouverture des barrages routiers montés dans différentes régions du pays, alors que le mouvement étudiant, la société civile et le secteur privé demandaient surtout l’arrêt de la violence et la démocratisation des institutions. Les jours de dialogue ont été marqués par les violences ininterrompues dans différentes parties du pays. Chaque jour la violence contre les manifestants augmente. En effet, le 30 mai, une manifestation pacifique massive a été attaquée à coups de tirs de la police et des forces paramilitaires liées au gouvernement.

Les violations des droits de l’homme ont été documentées, entre autres, par la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH). Selon son rapport préliminaire du 21 mai 2018, on comptait 76 morts, 848 blessés et 438 arrestations. Malheureusement, ces chiffres continuent à augmenter, s’estimant qu’aujourd’hui à plus de 120 morts et des dizaines de personnes disparues, dont on ignore s’ils sont encore en vie.

Nous les Nicaraguayens, nous avons assez dit : ça suffit ! Ni le régime dictatorial d’Ortega ne peut continuer son mauvais gouvernement, ni le massacre ne peut continuer à plonger notre pays dans le deuil. La communauté internationale s’est également prononcée. Le 31 mai, le Parlement Européen a adopté une résolution concernant le Nicaragua, condamnant la répression brutale des manifestant(e)s et appelant une réforme électorale en vue d’élections justes et transparentes.

Nous, Nicaraguayens vivant en Espagne, France, Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Danemark, Autriche, Pays-Bas, la Suisse, la Suède, l’Italie et Finlande, nous nous joignons à la condamnation généralisée des actes du gouvernement, nous dénonçons le meurtre de manifestants, le grand nombre de blessés et disparus, ainsi que l’intimidation des personnes et des familles qui ont ouvertement exprimé leur désapprobation. Par conséquent, nous rejetons publiquement ces actes de barbarie :

• Nous dénonçons la brutalité de la police nationale, la police anti-émeute et des groupes paramilitaires dans la répression des manifestations et de l’utilisation des armes à feu contre les Nicaraguayens qui exercent leur droit de manifester.

• Nous dénonçons le meurtre de plus de 120 personnes, pour la plupart des jeunes, ainsi que la torture subie dans les prisons par les jeunes manifestants que la police nationale a arrêtée de manière arbitraire.

• Nous dénonçons la violence sexuelle qui a été signalée dans le contexte de l’emprisonnement arbitraire, comme l’ont révélé les témoignages de survivants devant les organisations de défense des droits de l’homme et devant les médias.

• Nous dénonçons la censure et la manipulation des médias ainsi que les attaques subies par celles-ci.

• Nous dénonçons comme illégitime la Commission de vérité que l’Assemblée nationale, contrôlée par le parti gouvernemental, a convoquée.

En vue de tout ce qui précède, et en tant que citoyens nicaraguayens, nous demandons au gouvernement :

1. L’arrêt immédiat de toute forme de répression et le respect de la vie et de l’intégrité physique de tous les manifestants, ainsi que la protection de leurs droits et libertés fondamentaux.

2. Que tous les prisonniers politiques soient libérés et que les personnes disparues soient rendues à leurs familles avec dignité et en vie.

3. Le suivi dès que possible des recommandations de la Commission interaméricaine des Droits de l’Homme.

4. Nous reprenons le troisième point du rapport préliminaire de la CIDH : « Créer un mécanisme d’investigation internationale des faits de violence ayant eu lieu, en garantissant l’autonomie et l’indépendance afin d’assurer le droit à la vérité et l’identification nécessaire des responsables.

5. L’épuisement de tous les moyens pacifiques de négociation afin d’éviter, à tout prix, une guerre civile ou un conflit armé ou prolongé.

6. Qu’il garantisse que les étudiants des universités publiques et privées et les fonctionnaires qui ont soutenu les manifestations, ainsi que tout autre citoyen qui a ouvertement exprimé son insatisfaction à l’égard du gouvernement, ne soient pas victimes de représailles.

7. Le respect inébranlable de la liberté de presse.

Nous nous engageons à continuer à soutenir le peuple nicaraguayen dans sa lutte pour la justice, la liberté et la démocratisation du pays.

Vive le Nicaragua libre !

Oui à la démocratie, non à la dictature !

 

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